![]() ![]() ![]() ![]() Un gilet «press» n'offre plus de sûreté. Bien au contraire, dans
cette cité-là, spoliée de ses ayants-droit authentiques;
il est pris pour un bon gibier dans la ligne de mire. Il n'y a aucun triomphe à
mettre un blindé face à un micro. Le micro se casse, la parole s'envole et se
répand comme un tonnerre, plus puissant que le bang d'une balle.
Comme il n'y a pas d'honneur à la morale d'une armée qui tente d'éteindre la lumière sur le carnage de tous les siècles. Si porter la voix des opprimés, le sanglot des enfants rachitiques est du terrorisme ; oui, Anas Al-sharif était un «terroriste» contre la criminalité, une sonorité que l'on devait confiner au silence. Six journalistes viennent d'être assassinés en Palestine occupée. Ils rejoignent le martyre des deux cents journalistes abattus et des milliers de Ghazaouis. La machine meurtrière est toujours en action. Rien n'échappe à la sauvagerie sioniste. Personne ne reste indemne ou protégé contre le crime abject qui se commet chaque jour. Il n'y a plus de différence dans les victimes. Plus de frontières dans l'ignominie. La mire est toujours ce Palestinien qui refuse le déracinement, qui s'attache à sa matrice comme un brave bébé au sein de sa mère nourricière. Qu'il soit résistant armé, vieillard impotent, enfant innocent, maman éplorée ou journaliste libre d'expression ; il constitue la cible adorée d'une horrible gâchette. D'une haine séculaire. Malgré la tonitruante voix universelle, crevant toile et écrans, boulevards et esplanades qui s'est levée par tous les pans de tous les peuples, les campus universitaires, les marches, les sit-in, la désapprobation des élites, la condamnation de beaucoup de gouvernements, de partis politiques et d'organisations civiles; l'armée sioniste perpétue ses horreurs au fi de tout le monde. On affame à mourir lentement, on s'entête envers les cris de paix pour n'avoir que la géhenne à offrir. Assassiner, avec préméditation, des journalistes est une énième tentative de vouloir faire taire un droit légitime et une atroce réalité. Cela dépasse le banal crime, il s'installe dans une stratégie diabolisée pour imposer une mécanique de silence. On ne tue pas une vérité en croyant tuer celui qui l'exprime. |
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