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Algérie – Egypte : le choix de Koffi Kodjia ne peut être Bénin

par Abdelhamid Boughaba (*)

… «Trop peu d'honneur pour moi suivrait cette victoire, A vaincre sans péril on triomphe sans gloire »… (Le Cid)

Comme elle sonne terriblement juste cette sentence cornélienne au sortir de la quatrième confrontation algéro-égyptienne en moins de sept mois. Quatre matchs à la topographie particulière et toujours unique. Cependant cette dernière rencontre révèle plus que les autres, la juste mesure de la toute puissance de l'Egypte dans le travail de coulisses, de sa mainmise sur la commission d'arbitrage de la CAF et de la présence plus que compromettante du siège de cette dernière au Caire.

 En désignant K. K. (lire caca sauf votre respect), le béninois KOFFI Kodjia, pour officier la demi finale de la coupe d'Afrique des Nations, alors même que les meilleurs arbitres du continent se trouvaient à Luanda, la CAF avait choisi par avance et délibérément son camp. Au regard de son histoire, nul ne pouvait ignorer que ce préretraité du sifflet allait faire preuve d'une telle soumission et d'une telle servilité à l'égard des pharaons tant le travail de coulisse à l'égyptienne est de notoriété publique. C'est une grande marque de fabrique déposée de la fédération du bord du Nil et le principal registre dans lequel elle s'illustre avec brio depuis la création de cette institution et son établissement dans ce pays. Spécialisé dans le travail du corps à corps des arbitres qui dirigent les rencontres où l'Egypte est engagée, S. Ezaher, aidé en cela par Fahmy, descendant de cette famille qui truste le Secrétariat Général de la CAF de père en fils depuis sa création, n'a pas du tout dérogé à la règle cette fois encore. Souvenons nous, il n'y a pas si longtemps, du référé qui a dirigé la rencontre Algérie-Ruwada à Blida. Doit on revenir sur cet épisode pour dire que s'il s'était soldé par le score légitime de 5 buts à 1, nous n'en serions pas là aujourd'hui et les événements du Caire n'auront peut-être jamais eu lieu, du moins sous la forme qu'on leur a connu en novembre dernier.

 K.K. qui est de la même trempe que l'homme en noir d'Algérie-Ruwanda, ou de M. Damon qui est le seul à avoir vu la balle franchir la ligne de but lors du quart de finale Egypte-Camroun, émarge dans les mêmes colonnes des bilans comptables de l'Institution et se promène avec allégresse dans les mêmes couloirs sombres de l'immeuble cairote où se font et se défont au vu et au su de tous les résultats des rencontres de l'équipe égyptienne.

 Il est établit depuis longtemps que le sextuple champion d'Afrique, ne peut «briller», comme par hasard, que sur le continent Africain et souvent chez lui, au Caïro Stadium. Lorsque c'est la Fifa qui prend en charge le déroulement d'une quelconque manifestation, il s'avoue incapable de rivaliser avec les grands du continent tel que le Cameroun, le Nigeria, l'Algérie, le Maroc, la Tunisie, le Sénégal ou la Cote d'Ivoire. En témoigne en toute logique statistique le nombre de participation au mondial. Habitué aux coups de pouce, l'Egypte ne dispose pas du coup de rein nécessaire pour se hisser sans bavures ni suspicion parmi l'élite mondiale du ballon rond. Qui se souvient de par le monde de son unique et seul passage éclaire par le mondial italien en 1990 ? N'est ce pas là la preuve irréfutable de sa simple supériorité dans le domaine extra sportif et le travail malsain des coulisses qui falsifie lourdement le résultat des rencontres.

 K.K., auteur d'un arbitrage des plus vicieux destiné à déstabiliser l'E.N., dès le coup d'envoi, ce Lucky Luke terne du carton rouge, par sa seule présence sur le terrain, a très vite apporté la supériorité numérique dont les pharaons avaient grand besoin afin de venir à bout des fennecs, si l'on se réfère à Oum Dermane ou à un certain Algérie - Côte d'Ivoire, le match référence de cette CAN 2010. En moins d'une mi-temps, il s'est rendu coupable d'une prouesse extrêmement rare et triplement bénéfique aux égyptiens. Sur une seule prétendue faute, si faute il y avait, de l'avis même des joueurs égyptiens, il se permit le luxe d'offrir l'avantage du score aux pharaons en réduisant l'équipe algérienne à dix et en sanctionnant le gardien Chaouchi pour lui avoir rappelé la triche d'Abdrabo, soit un trois en un parfait made in Bénin. Ceci sans savoir ce qu'il a pu consigner sur la feuille de match et qui peut être une véritable bombe à retardement qui est là comme l'épée de Damoclès sur la tête des algériens pouvant nous porter préjudice dès l'entame du mondial Sud Africain. Consultez si vous le voulez bien les annales du football mondial et essayez de trouver trace d'un comportement semblable ou de repérer dans l'histoire combien riche du football international un arbitre pareil : qui aurait fait mieux sur une seule faute. Vous n'en trouverez guère et le défit reste ouvert.

 Le plan est machiavélique et il a été concocté sans aucun doute par des Services Spécialisés dans les plus sombres officines du Caire. Il faut qu'on revienne à la réalité et que l'on se rende compte que les égyptiens ne nous pardonneront jamais le suppositoire du mondial. Ils entretiennent à notre encontre une haine pharaonique qui ne se dissipera à coup sûr jamais. Les discours lénifiants d'avant match qu'ils nous ont servi par voie cathodique sont là pour nous conforter dans notre conviction de la lâcheté et de la traîtrise dont sont capables et coupables les officiels égyptiens comme les officieux.

 De plus, le choix d'expulser l'infranchissable Haliche est plus que douteux et masque mal la main cachée du donneur d'ordre. Il laisse apparaître clairement que les indications qui ont étaient fournies à K.K. étaient précises ne pouvant provenir que de techniciens de haut niveau disposant d'une lecture juste et qui ont eu à se mesurer aux forces et aux faiblesses de l'adversaire du jour. A lui seul, au vu de son allure de gardien de parking, de sa façon de courir, de son placement sur le terrain, de ses coups de sifflet intempestifs et de ses décisions irraisonnées tout au long du match, il est mentalement dans l'incapacité de déceler les lignes de force des Verts pour les affaiblir à un tel point et les mettre à la portée des égyptiens. Un référé intelligent se serait à coup sûr conduit autrement pour mener l'Egypte vers la victoire. Sûrement pas de cette façon débile d'agir qui, à notre grande satisfaction, nous aide à apporter la preuve par douze contre huit, que le résultat de cette demi finale été pipé d'avance.

 Sans risque d'erreur, nous pouvons affirmer que le plan était ourdi par le camp d'en face et la preuve en est qu'aucune contestation n'a émané des joueurs égyptiens tout au long de la rencontre. Si on compare leur comportement lors de ce non-match avec ceux de Blida, du Caire ou d'Oum Dermane on constatera que la différence est criarde. Se seraient ils subitement assagis ? On en doute sérieusement quand on connaît par exemple le comportement de voyou dont est capable un Mohamed Zidane sur un terrain de foot, aussi bien en sélection que dans son équipe en Allemagne, vis-à-vis de ses adversaires, de ses coéquipiers ou même de son coach.

 Le traquenard de cet arbitrage avait comme des relents nauséabonds du film de l'agression du Caire avec sans nul doute les mêmes producteurs de feuilletons, les mêmes scénaristes et cette fois-ci, une écriture plus réfléchie, des scènes différentes, une mise en scène particulière et un seul acteur aux initiales puantes. Ce ne sont certainement pas les as du sifflet Seychellois, Tunisiens ou Sénégalais, si jaloux de leur réputation et de celle de leurs pays, qui se seraient inclinés pour accomplir cette basse besogne. Zaher a fait des choix justes. Après Damon pour Egypte – Cameroun, il est allé chercher K.K. au Bénin pour Algérie - Egypte. Au vu du palmarès de ce dernier, pour sûr qu'il sera payé chichement pour services rendus, à la tire boulettes et qu'il fera preuve comme à l'accoutumé d'une satisfaction béate et d'une reconnaissance de serviteur envers son mentor. Sinon comment s'expliquer qu'au vu de sa prestation de jeudi, seule la partie égyptienne, à la différence de l'avis de tous les spécialistes du football, on lui découvre des vertus insoupçonnées. Bien plus ils expliquent les errements de K.K. par le fait que les erreurs d'arbitrage font partie des faits de jeu, oubliant de souligner que cela ne profite toujours et comme par hasard qu'aux égyptiens, lors de tout leurs matchs-clé.

 Mieux encore : au courant du match il fut interpellé à plusieurs reprises par les joueurs égyptiens (les images télévisées sont toujours là pour faire foi) qui lui mettaient la pression afin de sanctionner les algériens pour des fautes imaginaires. C'est dire que même lorsqu'il s'oubliait quelque peu, El Hadry et consort sont là pour lui rappeler manu militari son rôle et le pourquoi de sa présence sur le carré vert. Il n'éprouvait aucune difficultés lui pour s'exécuter, presque en leur présentant des excuses.

 C'est à la vérité une agression par procuration sous l'œil de tout ce que le monde du football compte d'importants (politiques, décideurs et techniciens). Y aurait-il des suites ? Nous en doutons et nous nous demandons si cela ne présage pas de ce que sera le résultat des décisions de la commission de discipline de la FIFA qui interviendra le 02 février prochain.

 Le film joué par K.K. ne laissait place à aucune indulgence pour les algériens au moindre contact. Les premiers cartons allaient pleuvoir dés les premiers instants de la première mi-temps, passant très vite du jaune au rouge, expulsant coup sur coup pas moins de trois joueurs algériens. De l'inédit dans les référentiels de la servilité vis-à-vis des commanditaires et à un tel niveau de la compétition. Sans rougir, parce qu'aussi inconnu qu'incapable de rougir, devant des millions de téléspectateurs il n'avait aucun état d'âme pour afficher avec indécence son parti pris. Plus que sûr qu'un arbitre égyptien n'aurait jamais fait autant en faveur des siens et c'est peu dire de la perfidie d'un tel choix qui est loin d'être Bénin. Le summum du ridicule a été atteint ce soir là lors du remplacement de Ghezal lorsque ce dernier voulait lui serrer la main et qu'il a refuser de le faire. Aller savoir pourquoi et sur quelle aire de jeu de par le monde un tel geste aurait pu se produire ? Tels sont tout simplement les grands mystères de l'Afrique !

 Sâadane, avec toute sa sagesse que d'aucun lui reconnaît, n'a pu se retenir de faire une déclaration limpide sur la chaîne de télévision El Jazirara pour mettre le doigt sur ce qui fait mal aux égyptiens et diminue sensiblement de leur mérite : leur toute puissance dans le travail des coulisses. Quel pharaon est capable de lui prouver le contraire ou lui tenir un discours contradictoire surtout après les déclarations précises des joueurs du bord du Nil eux- mêmes aux chaînes de télévision arabes et de leur pays. Le malaise des analystes sur les plateaux est manifeste et les explications des uns et des autres sur la compromission de K.K. sont tirées par les cheveux et demeurent peu convaincantes.

 Tant qu'on n'aura pas soustrait la CAF à l'influence égyptienne et décidé de sa délocalisation du Caire pour n'importe quelle autre destination, nous devons nous attendre désormais à un traitement particulier de la part du corps arbitral pour toutes nos participations futures aux manifestation continentales. Ceci est possible, tant la liste des pays lésés par de telles pratiques ne fait que s'allonger au fil des ans même si les trois pays maghrébins sont soumis par nos «frères» à une surveillance pointilleuse et un traitement particulièrement sévère, ne pouvant supporter dans n'importe quel domaine, une concurrence à la loyale.

 En ce qui nous concerne, nous savons très bien d'où nous venons et où nous serons en juin 2010. Nous sommes tous conscient que notre Equipe Nationale dispose d'un avenir flamboyant et d'une marge de progression conséquente. Grâce à cette génération de footballeurs nous avons retrouver la joie de vivre, permis à notre peuple de se réconcilier avec lui même, donner un coup de fraîche notre amour du pays, coudre le drapeau dans notre chaire, dessiner le tracé de nos frontières par nos émotions, conforter la richesse de notre diversité, décoloniser notre télévision et recouvrer notre belle langue arabe expurgée de ses «égyptiâneries».

 Comme ce bonheur est immense. Un grand bravo et merci les Verts.

(*) Enseignant universitaire à la retraite (Bordeaux)