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Mercato estival 2025-2026: Recrutement sans stratégie

par M. Zeggai

Depuis l'ouverture du mercato estival, la majorité des clubs algériens se sont montrés actifs sur le marché des transferts. Pour cette période de transferts, plus de 110 transactions ont été enregistrées jusque-là en Ligue 1 et plus de 277 nouveaux joueurs ont été recrutés par vingt deux clubs de la Ligue 2, Centre-Ouest et Centre-Est. Nos clubs se sont engagés dans un recrutement massif, ignorant les impératifs de stabilité de l'effectif. Une politique à court terme qui s'accompagne d'une négligence inquiétante envers la formation des jeunes, pourtant essentielle à la pérennité du projet sportif. Remarque : la plupart de nos clubs, populisme oblige, ont tendance à privilégier la quantité au détriment de la qualité. Ce qui signifie que le recrutement est devenu une cause effrénée aux signatures de nouveaux contrats, comme si la liste des joueurs alignés sur le papier valait mieux qu'un projet sportif. On empile les noms, on accumule les contrats, mais on oublie que le football se construit sur la cohérence et la vision, pas sur la frénésie du marché.

Autre remarque qui ne répond à aucune logique en football, on engage les joueurs avant même de choisir l'entraîneur comme si c'est le chef qui devait s'adapter à un groupe imposé, composé au hasard des opportunités. Résultat : aucun fil conducteur, aucun objectif clair, juste une illusion de mouvement pour tromper l'opinion publique et calmer les esprits alors que le football ne devrait pas être un spectacle d'illusionniste. Tant qu'on privilégiera l'effet d'annonce à la construction réelle, nos clubs resteront prisonniers d'un cycle sans fin : recruter pour le simple fait de recruter sans tenir compte du projet de jeu de l'entraîneur principal et du staff technique. Chez nous, le marché des transferts estival, censé renforcer les effectifs en cohérence avec les projets sportifs, se transforme de plus en plus en une véritable foire aux dérives et une anarchie qui se répercute négativement sur l'équipe. Des solutions existent pour mettre fin à ces anciens réflexes qui n'arrangent nullement les affaires du football national. Pourquoi ne pas redonner du pouvoir sportif aux entraîneurs et directeurs techniques ? Mais, la plupart de nos techniciens négligent les stages de perfectionnement alors que le football est évolutif. Il est également souhaitable de mettre en place une cellule de recrutement professionnelle indépendante des pressions extérieures ou autres interventions de pseudo-managers. Il est aussi nécessaire de favoriser la transparence financière et la traçabilité des transactions tout en évitant la surévaluation de certains joueurs avec des salaires de transfert largement exagérés pour des profils parfois moyens.