Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

Ghaza: Crainte d'une véritable catastrophe infectieuse

par Mohamed Mehdi

Lundi 668e jour d'agression sioniste contre la population civile de Ghaza mise sous un siège total depuis plus de 5 mois (156 jours), l'armée génocidaire d'Israël augmente la cadence de ses massacres contre les femmes, les enfants et les personnes à la recherche d'aides alimentaires.

Le nouveau rapport statistique du ministère de la Santé, publié hier, annonce un bilan de 533 victimes, dont 94 martyrs et 439 blessés transférés vers les hôpitaux de Ghaza lors des précédentes 24h (dimanche), soit un total de victimes de 60.933 martyrs et 150.027 blessés, depuis le 7 octobre 2023.

Le nombre de victimes depuis la reprise des bombardements, le 18 mars 2025, s'élève à 9.440 martyrs et 37.986 blessés.

Par ailleurs, ajoute le ministère, les massacres israéliens dans les « centres d'aide » israélo-américains ont fait, durant la journée de samedi, 29 martyrs et 300 blessés par les tirs des soldats de l'occupation et des agents de la fondation américaine «GHF», portant à 1.516 martyrs et 10.878 blessés le nombre total des victimes parmi les demandeurs d'aide alimentaire.

Au cours des dernières 24 heures, les hôpitaux de la bande de Ghaza ont enregistré 5 nouveaux décès (tous adultes) en raison de la famine et la malnutrition imposée par Israël et les Etats-Unis, ce qui porte le nombre total de victimes affamées à 180 martyrs, dont 93 enfants, ajoute la même source.

Toujours concernant les massacres commis par l'armée israélienne et la société américaine GHF, le Croissant-Rouge palestinien à déclaré, hier, que les forces sionistes ont tué des Ghazaouis qui attendaient de l'aide dans le centre de l'enclave.

Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, le Croissant-Rouge palestinien a affirmé que ses secouristes ont retrouvé les corps de 2 martyrs et soigné 11 blessés après que les forces israéliennes ont pris pour cible un groupe de civils qui attendaient une aide humanitaire dans le corridor de Netzarim, dans le centre de Ghaza.

Des vidéos partagées par le Croissant-Rouge palestinien montrent des images insoutenables sur les conséquences de l'attaque contre des personnes affamées.

Hier, dès 13h (localement), des sources hospitalières à Ghaza ont comptabilisé 41 martyrs tombés sous les tirs et les bombardements de l'armée d'occupation israélienne dans plusieurs régions de l'enclave, dont 20 demandeurs d'aide alimentaire, rapporte Al Jazeera.

Trois décès dus au syndrome de Guillain-Barré à Ghaza

Le ministère de la Santé a lancé, lundi, une alerte concernant une « augmentation dangereuse des cas de paralysie flasque aiguë et de syndrome de Guillain-Barré chez les enfants de la bande de Ghaza, résultant d'infections atypiques et d'une aggravation de la malnutrition aiguë ».

Les examens médicaux ont révélé, ajoute la même source, « la présence de virus intestinaux autres que le poliovirus, confirmant l'existence d'un environnement propice à la propagation incontrôlée de maladies infectieuses ».

Le communiqué annonce « le décès de deux enfants de moins de 15 ans, après l'échec des tentatives de sauvetage, faute de soins nécessaires en raison du blocus » imposé par Israël.

Le ministère de la Santé de Ghaza prévient que la persistance de cette situation environnementale et le manque de traitements nécessaires «menacent de la propagation généralisée de la maladie» au sein de l'enclave, et appelle «toutes les parties concernées, les organisations internationales et les organisations humanitaires à intervenir d'urgence pour fournir des médicaments et des traitements vitaux, et à lever immédiatement le blocus afin de stopper la détérioration de la situation sanitaire et environnementale».

«Il ne s'agit pas seulement de décès. C'est un signal d'alarme annonçant une véritable catastrophe infectieuse potentielle», ajoute l'alerte du ministère.

Des organisations de défense des droits humains condamnent les propos de Witkoff

Selon Al Jazeera, des organisations internationales de défense des droits humains ont condamné, hier, les propos de Steve Witkoff sur l'absence de famine à Ghaza. «Nous condamnons fermement les déclarations de l'envoyé spécial des États-Unis, Steve Witkoff, niant l'existence de la famine dans la bande de Ghaza, alors qu'il s'agit d'une réalité tangible qui a coûté la vie à au moins 159 personnes, dont 90 enfants», affirment les organisations qui accusent Witkoff d'ignorer totalement les «faits avérés concernant une catastrophe menaçant plus de deux millions de personnes», rapporte Al Jazeera «La crise humanitaire à Ghaza touche tout le monde, y compris les prisonniers israéliens», rappelle la déclaration qui appelle les Nations Unies à «envoyer une commission d'enquête indépendante à Ghaza pour examiner la situation catastrophique à laquelle est confrontée la population».

En outre, les organisations demandent à la Cour pénale internationale (CPI) d'«accélérer son enquête sur les crimes de guerre commis dans la bande de Ghaza», et appellent «la communauté internationale à imposer un cessez-le-feu immédiat et permanent à Ghaza, à garantir l'acheminement de l'aide, et à faire pression sur l'occupation israélienne pour qu'elle autorise l'entrée des journalistes».