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Les USA et leurs alliés sont-ils condamnés à «soutenir l'islamisme politique» sans se rendre compte que l'Histoire ne se domestique pas ?

par Medjdoub Hamed*

Depuis la chute du mur de Berlin et la fin du monde bipolaire, les conflits et les affrontements n'ont cessé d'augmenter dans le monde musulman si bien qu'il est possible de considérer que l'idéologie islamiste a remplacé l'ennemi de naguère pour l'Occident, i.e. le communisme soviétique et chinois.

Une idéologie qui est tantôt «amie» de l'Occident tantôt «ennemie». Comment comprendre ce paradoxe ? Comment comprendre la situation difficile que connaît le monde arabo-musulman aujourd'hui ? Il est évident que les problèmes que vivent le monde arabo-musulman et le reste du monde, en particulier l'Occident, tirent leurs racines très loin dans l'histoire. Aussi, pour saisir cette singularité du monde musulman, remontons le temps ! Au début de l'histoire arabo-musulmane, à travers l'empire byzantin et l'empire perse, la conquête arabe a été une fantastique cavalcade de guerre sainte, qui, en convertissant les pays traversés à la nouvelle religion, venait grossir irrésistiblement les rangs. De la Mésopotamie à l'Afrique du Nord, les pays conquis ont un très vieux passé, issu des civilisations babylonienne, pharaonique, grecque ou romaine. La «guerre sainte» donna aux Arabes un empire colossal.

Et comme dans tous les grands empires, les luttes intestines pour le pouvoir ne manquèrent pas. Cependant, le schisme des sunnites et des chiites, les renversements dynastiques (Omeyyades, Abbassides, califat de Cordoue…), n'atténuèrent pas la «guerre sainte» qui avait étendu l'Islam sur tout l'Orient (Asie mineure, Afrique du Nord, Espagne, Asie centrale et l'Inde), puis sur l'Occident. On peut même dire que ces luttes intestines ont «régénéré» les conquêtes de l'Islam.

C'est ainsi que l'Islam s'est maintenu dans plusieurs territoires en Europe (Sud de la France, Corse, Sicile…) et en Espagne, de 711 à 1492. Au-delà des raisons de cette présence si longue de l'Islam en Europe, comme d'ailleurs les croisades, ces événements historiques ne sont certainement pas fortuits et ont un sens. Et la seule explication qui apparaît, ce sont les frictions et les guerres qui ont suivi avec la civilisation islamique et qui ont concouru, au fil des siècles, à la construction de l'Europe. Comme nous l'avons dit dans les analyses précédentes sur les cycles Kondratieff, les crises et les guerres sont des «accoucheuses d'histoire».

On peut même dire que la présence de l'Islam en Europe, non seulement a été nécessaire, mais a été déterminante à la fois dans la sortie de la barbarie de l'Europe, l'essor de l'Eglise chrétienne et la pose des bases de l'Europe. La Renaissance au XVe et XVIe siècle doit une grande part de son essor à l'Islam. En quittant l'Europe, en 1492, l'Islam qui a joué comme un trait d'union entre l'Orient et l'Occident, aura rempli son premier rôle historique.

Qu'en est-il du monde de l'Islam, des guerres et conflits avec l'Europe et le reste du monde ? Après ses conquêtes, l'assaut principal qu'il subissait ne venait pas seulement des puissances chrétiennes, mais aussi des invasions des pays d'Asie. C'est ainsi que, durant trois ou quatre siècles, le monde arabo-musulman va subir des croisades européennes sans discontinuer visant la conquête de Jérusalem où se trouvent les lieux saints, et qui ne s'arrêtèrent qu'avec la mort noire qui fit des ravages en Europe. Ces croisades seront suivies d'invasions de hordes barbares venues d'Asie qui détruisaient tout sur leur passage. Mais un phénomène va surgir, le contact des hordes barbares d'Asie avec l'Islam va opérer leur islamisation et amené les peuples vainqueurs d'Asie à reprendre, à leur tour, la grande «épopée musulmane» au point qu'ils deviendront une menace pour l'Europe. Ces nouveaux peuples imposeront la suprématie de l'Islam de l'Atlantique aux frontières de l'Inde et consacreront l'arabe comme langue commune pour les peuples. L'Islam a de nouveau joué un rôle historique.

En 1453, la prise de Constantinople par les Ottomans, qui fit crouler l'Empire romain d'Orient, impose désormais la «paix ottomane» pendant trois siècles (de 1500 à 1800). Ce qui nous fait dire que l'Islam n'est pas donné aux seuls Arabes, mais à tous les peuples qui embrassent l'Islam. En Afrique du Nord, les tribus berbères (Almoravides et Almohades), ont, au nom de l'Islam, étendu leur domination sur des peuples au sud du Sahara (Soudan, Ghana, Mali, Sénégal, Tchad…). Convertissant les peuples sahariens à l'Islam, ils ont fait régner l'ordre et la sécurité, et favorisé le commerce et les échanges entre les peuples. Ce trait n'est pas propre à l'Islam, mais à toutes les religions du monde. La chrétienté n'a-t-elle pas sorti l'Europe de la barbarie ? Et constitué les fondements même de la civilisation occidentale ? Si on historicise l'apport de l'Islam dans les civilisations, on peut, pour l'Europe, «postuler» qu'il a été un formidable «catalyseur» pour la chrétienté, puisque, en tant que religion adverse, il l'a au contraire renforcée plus qu'il ne lui a nui. Deux religions d'une même «essence divine» ne pouvaient, au-delà des oppositions, que se renforcer mutuellement. Les crises et les guerres, «accoucheuses d'histoire», ne sont finalement qu'un passage obligé dans les frictions des peuples. L'Islam, durant huit siècles, a constitué tant pour le monde chrétien que pour le monde musulman et une partie de l'Asie un ferment pour leur développement. Peut-on imaginer le monde sans l'Islam, ou le monde sans la Chrétienté ? Le monde serait-il sorti de la barbarie ? D'autant plus qu'aujourd'hui, avec tous les progrès du monde, les guerres restent toujours barbares. Cependant la marche de l'histoire va encore surprendre. Après la Reconquista (achevée à la fin du XVe siècle), et malgré l'apport des peuples d'Asie et l'Etat tampon que fut l'Empire ottoman entre l'Occident et le monde arabo-musulman -qui n'a fait que retarder de trois siècles la colonisation européenne-, le monde arabo-musulman se trouve de nouveau envahi par l'Europe, et cette fois, il est colonisé ou placé sous protectorat.

Ce que les croisades n'ont pas réalisé, la «Révolution industrielle» va le faire en donnant à l'Europe tous les moyens (suprématie des armements nouveaux) nécessaires pour assujettir le monde arabo-musulman qui, lui, tombé en léthargie, restait régi par des structures féodales (qui n'ont pratiquement pas changé depuis des siècles). Cependant, s'il s'est retrouvé colonisé, l'Islam lui a permis de préserver son identité. Il est évident que, sans l'Islam, les peuples musulmans n'auraient probablement pas évité l'assimilation et la déculturation, perdant ainsi leur identité et leurs racines. Ainsi se comprend le rôle de l'Islam qu'il a eu au cours des quatorze siècles dans la pacification du monde. Bien plus, il a «tiré un trait» sur la fin d'une époque de déclin qui a commencé à la fin de l'empire romain en 476 et la décadence qui s'est poursuivie avec l'empire romain d'Orient (Byzance). L'avènement de l'Islam a donc donné, à partir du VIIe siècle, un nouveau souffle à l'humanité. Que l'on constate, encore de nos jours. En plein XXIe siècle, il continue à marquer l'humanité.

Aucune religion au monde et dans l'histoire de l'humanité n'a eu autant d'effets que la religion musulmane. Au point de dire que les frictions, par exemple aujourd'hui, entre le monde musulman et les peuples d'Europe laïcisés, bien qu'elles demeurent «lourdes», ne sont pas foncièrement négatives. Au contraire, l'islamophobie ambiante qui sévit en Europe et dans certaines parties du monde appelle à une «remise en cause» des convictions.         Dans le sens que ce n'est pas l'Islam qui est en cause mais «les idées qu'on en fait de l'Islam». Un milliard et demi d'hommes et de femmes environ qui pratiquent la foi musulmane en toute liberté est suffisant pour témoigner que l'Islam est une religion de paix et d'harmonie. Aussi, peut-on dire que ce n'est pas la crainte de l'Islam mais ses «propres certitudes sur la vision de l'Islam» qui inspirent la «négation de l'autre». Les êtres, en l'absence de religion et malgré le progrès, ne savent pas où ils vont et prennent la plupart pour bouc émissaire à leur craintes, l'Islam.

Ce qui est au fond normal compte tenu de l'angoisse existentielle que provoque le moule factice de la vie moderne. L'homme n'a plus de refuge spirituel et se retrouve happé par une humanité aliénante où tous les symboles se diluent. Et c'est par ces pertes de repères que l'Islam dérange et qu'il est mal-aimé. Et ce phénomène existe même au sein des pays musulmans. L'Islam fait peur et dérange, il remet en cause les certitudes comme d'ailleurs des régimes politiques qui n'arrivent pas à s'adapter à l'accélération de l'histoire, et aux progrès de la prise de conscience des peuples musulmans. Le réveil du monde arabo-musulman est aujourd'hui une réalité. Et l'Islam a été un formidable catalyseur dans cette prise de conscience.

Comment expliquer que l'Islam n'arrête pas de conquérir les cœurs d'hommes, de femmes de toutes races, de tous domaines (arts, sciences, sports, etc.) ? Comment expliquer que, malgré les oppositions, les trois religions monothéistes (chrétienne, judaïque et islamique) «se renforcent mutuellement» face aux profonds changements sociétaux (libération sexuelle, mariage pour tous, etc.) ? Comment expliquer que l'Islam est la religion la plus pratiquée du monde ? Un autre témoignage. L'Islam a-t-il évité le déclin du monde musulman ? La disparition du califat ottoman et de tous ceux qui l'ont précédé ? La colonisation de presque tous les pays musulmans par les pays européens n'a-t-elle pas duré plus d'un siècle ?

Le plus grave, ce sont les musulmans qui, se soumettant et constituant le gros des troupes des armées coloniales, ont combattu les musulmans qui ont résisté et cherché à se libérer de la tutelle européenne. L'Islam n'a rien à voir dans la colonisation ni dans le comportement des musulmans. Et la colonisation relevait des vicissitudes de l'histoire qui ont un sens, donc n'entrait pas comme une fatalité mais comme une «finalité de l'Histoire». D'autre part, l'Islam, malgré la colonisation, n'a pas manqué dans la «résistance» des peuples et le temps jouait en leur faveur.

Un autre témoignage, et celui-ci est très récent et a cours encore aujourd'hui. «L'Islam n'a-t-il pas été utilisé par les États-Unis pour endiguer l'expansion du communisme soviétique et chinois ? Israël n'a-t-il pas soutenu un temps le Hamas pour briser le Fatah palestinien ? L'Islam n'a-t-il pas mis en échec l'armée rouge de l'Union soviétique en Afghanistan ? N'a-t-il pas été un facteur extrêmement déstabilisant pour les forces américaines après l'invasion de l'Irak en 2003 ? N'a-t-il pas mis en échec la première puissance du monde et commandé qu'elle se retire de l'Irak en décembre 2011 ? Tant de questions et réponses qui laissent perplexe la portée de l'Islam dans le développement du monde. »

Il faut seulement dire que l'Islam, en tant que «religion révélée», ne choisit pas, ne s'oppose pas et laisse les hommes responsables de leurs actes. Et c'est cela le plus incroyable. La force dans l'Islam réside dans ce qui est et ce qui pourrait être, i.e. ce qui adviendra inéluctablement, et sans fatalisme, parce que c'est ainsi que cela devra être.

L'homme, comme les peuples, ne peut commander son destin. Personne ne peut prédire ce qui en sera demain. Et c'est cette vérité qu'il «oppose et surprend» en dernière instance et donne un sens à la portée de l'Islam dans l'œuvre des hommes. L'instrumentalisation de l'Islam ne signifie nullement que celui qui en use parvient à ses fins. Et si c'est l'inverse qui se produit, ce n'est pas l'instrumentalisation de l'Islam qui agit mais l'instrumentalisation des hommes par l'Islam qui se produit. Dans le sens qu'en croyant instrumentaliser l'Islam, c'est l'Islam qui instrumentalise les hommes.

Dans ce champ de forces entre les volontés humaines et les volontés divines, il n'existe bien sûr pas de frontières, et on ne peut savoir ce qui n'est pas donné à l'homme. Sinon à sentir si l'homme peut le sentir qu'il existe une certaine corrélation, une certaine herméneutique qu'il serait intéressant de déchiffrer dans tout ce qui retient les hommes de toute religion à l'Islam, dans leurs motivations.

A fortiori, aujourd'hui, les puissances occidentales ne continuent-elles pas d'utiliser l'Islam à des fins géostratégiques ? Pourquoi l'«Islam» et non le Christianisme ou le Judaïsme, dans le développement de l'Histoire du monde ? L'«Islam» est-il plus vivant que les autres religions ? Pourquoi emporte-il toujours plus d'adhésion que les autres religions ? Force est de concéder que l'Islam est la seule religion qui continue de marquer le monde.

Pour cause, la plupart des crises et des conflits armés dans le monde (Afrique, Moyen-Orient, Asie, Amérique et Europe) se trouvent centrés sur l'Islam. Et qu'y a-t-il dans cette région du monde musulman qui retient tant l'attention de l'Occident ? Des richesses ? Richesses et religions vont-elles ensemble ?

Aux États-Unis, le 11 septembre 2001. En Europe, le débat se polarise sur l'islamophobie et sur un terrorisme virtuel que les Occidentaux ne cessent de monter en épingle. Pour probablement créer une échappatoire aux problèmes plus urgents à régler, tels les problèmes économiques et sociaux par exemple. Evidemment cela obéit à des politiques gouvernementales. Les mêmes objectifs se posent pour les pays musulmans qui montent le terrorisme islamique pour éluder les problèmes sociaux et dont l'objectif est d'avoir le soutien des peuples. Et donc de pérenniser les pouvoirs en place. Il est clair que toutes les craintes ne sont pas totalement fausses. Le cas algérien est éloquent, celui de la Tunisie, l'Egypte, la Libye aussi. Surtout la Syrie où une guerre barbare a sévi depuis 2011, et le conflit armé n'est toujours pas réglé.

L'islamisme, en tant que mouvement politique et religieux prônant l'expansion de l'Islam, n'est pas étranger aux intrigues des puissances occidentales pour dominer le monde. En vérité, l'islamisme a été initialement créé de toutes pièces par l'Occident et les pays monarchiques, alliés des États-Unis, pour lutter à la fois contre l'expansion soviétique et les régimes socialistes arabes. Aujourd'hui, il a dépassé toutes les espérances et s'est, en grande partie, libéré de la tutelle occidentale depuis l'avènement de la République islamiste d'Iran. Pourtant, malgré les échecs, les puissances occidentales continuent à s'investir dans l'islamisme politique. Aussi, posons-nous la question : «Sont-elles insensées au point de ne pas tirer des leçons de leur stratégie basée sur le tout islamique pour maintenir leur domination sur le Proche- et Moyen-Orient alors qu'elles ne cessent d'essuyer des échecs ? »

Il est évident qu'elles mesurent bien leurs déboires, mais le problème est qu'elles n'ont pas de solution de rechange. La stratégie de rechange n'existant pas, l'Occident se trouve condamné à mener les mêmes politiques «soutenir coûte que coûte l'islamisme politique», quand bien même celui-ci le lui retourne souvent en mal.

N'a-t-on pas vu d'éminentes personnalités occidentales se déplacer au Caire pour plaider la cause de l'ex-président égyptien Morsi. De Catherine Ashton à l'ex-candidat aux élections présidentielles américaine de 2008, John McAin. Il est évident que ce ne sont pas pour les qualités humaines du président islamiste ni pour l'amour de l'islamisme que cette navette de personnalités occidentales se relayaient au Caire pour tenter d'infléchir le pouvoir militaire égyptien. Le problème est que les intérêts des Occidentaux pour dominer le Proche- et Moyen-Orient ne coïncidaient pas avec les intérêts du pouvoir militaire égyptien qui voyait dans le régime islamiste un danger à la fois pour la nation égyptienne et pour le pouvoir qu'il représente. Là encore, l'islam n'est en rien dans son instrumentalisation pour la prise de pouvoir des uns et des autres. Tout est lié à ce qui adviendra, et précisément ce qui adviendra n'est pas pris en compte. Et seul l'intérêt immédiat compte. Précisément, l'instrumentalisation de l'Islam par les puissances ou par les islamistes devient aussi un instrument de l'Histoire.

Ce que « les puissances occidentales ne se rendent pas compte, c'est que l'Histoire ne se domestique pas, elle ne se réalise que selon un cours tracé par Elle-même». Et c'est là où est la force de l'Islam. Et c'est ce qui fait le sens de l'Histoire, et donne un sens à l'existence de l'humanité. Si l'homme savait d'avance ce qui allait se produire, l'histoire n'aurait alors aucun sens.

Depuis la «fuite» de l'Iran et l'instauration de la révolution islamique dans ce pays qui n'a pas «répondu aux vœux américains», les desseins géostratégiques américains ont été bouleversés. L'essor du mouvement islamiste qui a suivi a été fulgurant. Les islamistes, pensant que leur cause était juste, aspiraient à «islamiser» le monde, sans savoir qu'ils étaient noyautés par l'Occident.

C'est ainsi qu'après l'Iran, puis dans le monde sunnite, avec l'établissement de la dictature islamiste au Soudan en 1989, la défaite de l'armée rouge en Afghanistan, et aujourd'hui les régimes islamiques en Turquie, en partie en Tunisie, en Libye, etc., ont suscité tous les espoirs pour les islamistes. Mais là encore, c'est se tromper sur l'Islam. Le plan américain était planétaire, et l'islamisme n'était qu'instrument au service de l'Occident.

L'islam n'est pas l'islamisme qui prône, au nom de l'Islam, une idéologie de prise de pouvoir. L'Islam n'appelle pas à la prise de pouvoir mais appelle à l'unité des hommes, à la paix entre les hommes et à la reconnaissance d'un seul Dieu, Allah.

C'est cela la différence entre ceux qui veulent prendre le pouvoir avec en appui l'Islam, et ceux qui veulent simplement reconnaître qu'il y a un Dieu au-dessus des hommes, qui cherchent à vivre selon les préceptes de la religion musulmane. Ce qui est entièrement différent. L'Histoire et le monde avancent, et ne reculent pas. L'Islam accompagne le développement du monde. Comme en témoignent les déboires de l'islamisme en Algérie, l'avortement du régime islamiste en Egypte et un réalisme manifeste de l'islamisme en Tunisie. Les islamistes comme les puissances occidentales ne prennent pas en compte les réalités de l'histoire et la mutation du monde. Cependant, au-delà des succès et des échecs, l'islamisme et ses accointances avec l'Occident sont «nécessaires» et «participent» au développement de l'Histoire. L'évolution de l'humanité n'est pas figée, elle progresse, et ce seront toujours les crises et les conflits armés qui constituent le moteur de l'histoire. L'humanité est encore très loin de la paix universelle. Et le sera-elle un jour ? Sinon que serait le sens de la voie du bien et la voie du mal dans l'existence de l'homme ? Et qui doit choisir entre ces deux voies. D'autant plus que sa vie est «limitée» ?

Aussi, on ne peut s'empêcher de dire, qu'on l'accepte ou non, que «l'Islam a eu une grande part dans la pacification du monde. Il a fortement contribué au progrès de l'humanité. Aujourd'hui encore, il ne finit pas d'écrire l'Histoire». Le monde occidental pourrait-il se passer de l'Islam ? Un Islam qui n'a besoin de personne mais est là pour répondre aux aspirations des peuples. Les puissances occidentales «se trouvent-elles condamnées à «soutenir l'islamisme politique», sans se rendre compte que l'Histoire ne se domestique pas ?

*Auteur et chercheur spécialisé en économie mondiale, relations internationales et prospective.