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Santé: plaidoyer pour une agence de greffe d’organes

par M. Aziza

Le professeur Abdelaziz Graba, chef de service d’oncologie au centre anti-cancer Pierre et Marie Curie, au CHU Mustapha, a indiqué que sur 100 malades, seules 28 transplantations hépatiques ont été effectuées. Le professeur a confirmé qu’aucune intervention du genre n’est programmée, en faisant entendre que les interventions pour la transplantation du foie sont bloquées pour l’instant. Pourtant il affirme, en marge du 17e congrès national de chirurgie, qui a débuté hier à l’hôtel Aurassi, que l’Algérie compte approximativement quelque 5.000 malades demandeurs de transplantation de foie. Pour le professeur Graba, ce blocage est lié au manque de moyens financiers. Il précise que l’activité en question suscite des moyens financiers importants qui devront être spécifiques à cette activité et non prélevés du budget de l’hôpital.

«Si l’Etat décide de budgétiser cette activité, on relancera la transplantation hépatique à un rythme acceptable», a-t-il souligné. Et de préciser que la greffe de foie coûte très cher. Il précise qu’une greffe de foie coûte 8 millions de dinars, avec une prise en charge de trois mois d’hospitalisation, sachant que les médicaments que doit prendre le malade après l’opération coûtent excessivement cher. Des médicaments qui devront être assurés par l’hôpital. Il poursuit : «C’est pratiquement la même chose en France , la transplantation hépatique coûte 300.000 euros».

Enfin, le professeur a réitéré la demande portant création d’une agence nationale de greffe d’organes à partir de donneurs cadavériques, et ce pour atténuer la souffrance des nombreux malades qui attendent d’éventuelles solutions à leur cas. Le professeur évoque la possibilité de créer des cartes pour les donneurs d’organes, à l’instar des cartes des donneurs du sang, ceci pour réduire un tant soit peu les lenteurs administratives.

Le professeur Graba a évoqué dans la foulée la préparation effective du plan national contre le cancer. Et d’affirmer que le cancer enregistre une progression fulgurante. «On parle de 35.000 nouveaux cas annuellement, mais il y a 35.000 autres qui ne sont pas diagnostiqués annuellement». Pour ce qui est du congrès organisé par la société algérienne de chirurgie, en collaboration avec les associations maghrébines de chirurgie et l’association française de chirurgie, il permettra, selon Graba, aux spécialistes d’échanger des expériences, notamment pour les chirurgies de pointe.

Le ministre de la Santé et de la Réforme hospitalière, Saïd Barkat, ayant procédé à l’ouverture des travaux de ce congrès, a affirmé pour sa part que ce triple congrès (le 17e congrès national de chirurgie, le 3e congrès maghrébo-français de chirurgie et le 13e congrès maghrébin de chirurgie) est une occasion de nouer des partenariat d’égal à égal, notamment entre les chirurgiens du Maghreb et ceux de France. Le ministre a ouvert une parenthèse sur plusieurs sujets en réponse aux questions de la presse. Sur le problème du manque de cliniques d’accouchement, le ministre a assuré que 4 grandes salles d’accouchement seront construites et aménagées à Alger prochainement. Et sur le cas de certaines cliniques privées qui font appel, durant les week-ends, à des chirurgiens étrangers pour pratiquer des interventions, sans aucune autorisation de la part du ministère, le ministre annonce « de nouvelles mesures dans les jours qui viennent».

Enfin, en ce qui concerne la grippe porcine et sur le cas hospitalisé à l’hôpital de Béni Messous, le ministre a affirmé en insistant que «nous n’avons aucun cas de grippe porcine, ni aucun cas suspect». Et d’ajouter que deux étrangers ayant subi des analyses ont quitté l’hôpital après 24 heures.