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Intersyndicale de la santé: Forte adhésion à la grève des blouses blanches

par M. Aziza

  Les fonctionnaires du secteur de la Santé, dans différentes wilayas du pays, ont adhéré, massivement, à la grève nationale d'une journée, à laquelle a appelé l'Intersyndicale de la Santé regroupant dans ses rangs trois formations syndicales : le SNECHU, SNPSP et SAP. Des sit-in ont été organisés à travers plusieurs hôpitaux du pays où les blouses blanches ont exprimé leur désarroi, dénonçant les conditions socioprofessionnelles défavorables, à travers les pancartes brandies.

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, pour sa part, a affirmé, à la veille du débrayage que toutes les revendications «légitimes» des professionnels de la Santé seront prises en charge. Dans une déclaration à la presse en marge des travaux du Salon de l'information sur le cancer (SICAN), M. Benbouzid a estimé que la grève est «un droit garanti par la constitution». Il a même annoncé le versement de la prime Covid-19, dans les plus brefs délais. En reconnaissant que son versement a connu un certain retard et en précisant que «certains détails ont été réglés après que le Premier ministre a instruit le ministre des Finances de verser la prime dans les délais les plus courts».

Mais les revendications des acteurs de la Santé dépassent bel et bien la question de la prime du Covid-19. Les blouses blanches exigent de «sortir de la Fonction publique» et réclament «un statut particulier des différents personnels de la Santé publique» mais aussi «la refonte du système de Santé sur des bases solides». Le ministre de la Santé s'est montré, tout de même, rassurant en promettant d'œuvrer pour l'amélioration de la situation socioprofessionnelle des travailleurs du secteur. Et de préciser qu'«il assurera la coordination avec un nombre de ministres à l'effet de traiter ce dossier, en dépit de la conjoncture économique difficile». Pour ce qui est des revendications relevant d'autres secteurs, elles seront traitées, selon le ministre, avec le temps, à travers l'installation de commissions en vue de les examiner.

Si certains syndicalistes ont avancé des taux de participation qui varient entre 70 et 95%, le président du Syndicat algérien des paramédicaux (SAP), Lounès Ghachi, s'est contenté de dire que ce mouvement de protestation a connu une réussite, qui était attendue, vu le malaise qui touche depuis plusieurs années les «blouses blanches» et qui s'est accentué durant cette crise sanitaire due au Covid-19. Dans une déclaration au ‘Quotidien d'Oran', M.Ghachi a affirmé que l'adhésion à la grève était massive, mais, dit-il, notre but n'étant pas la capacité à paralyser les hôpitaux, mais plutôt attirer l'attention des pouvoirs publics sur la situation particulièrement désastreuse du secteur de la Santé publique.

Et d'affirmer que le personnel de la Santé est aujourd'hui, conscient de la nécessité d'engager des réformes profondes dans le secteur. Des réformes palpables et applicables sur le terrain, bien évidemment avec le concours du partenaire social. «Il n'est pas normal qu'un gestionnaire ou agent d'administration vous dit «je ne reconnais pas votre syndicat». Le partenaire social est là pour accompagner les fonctionnaires et l'administration pour protéger les droits des travailleurs et ce, afin de garantir une prise en charge efficace aux citoyens dans le secteur public», dit-il.