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L'Algéro-œconomicus

par Benallal Mohamed

«Qui dépense plus qu'il ne gagne, meurt pauvre et rien ne gagne.Qui dépense et ne compte pas, mange son bien et ne goûte pas».Proverbe

Chacun rêve de devenir riche! Comment devenir riche? Qu'il soit individu, groupe de personnes ou communauté, là est la question «That this the question?» C'est une question pertinente qui fait rêver dans le même temps tout quidam, lambda ou groupe de personnes, ayant haleté un bol d'air de cette planète Terre. Toutes les leçons, les théories, les conceptions, les approches, les écoles, les courants et recettes pratiques pour ce qui concerne le mode de gestion de cette valeur- patrimoine «argent» sont consultés, compulsés et sollicités pour décrocher concrètement cette fameuse clé du rêve « « si» »… «Si j'étais riche !» Qu'importe la démarche, la technique, le procédé ou l'art. Là n'est pas la question? Ceci étant les choses de la vie, on peut être homme de nature philosophe, poète, artiste, sportif, artisan, médecin, fabricant, brigand, avare ou autre...

Pour gagner sa vie, il faut bien et beaucoup travailler, en somme, pour avoir de l'argent et même beaucoup, le rêve est ici !! Avec cet argent de gagné selon la façon et la manière de l'avoir, il y a tout de même trois façons, trois choses et trois dimensions économiques que l'on peut faire avec de l'argent, soit:

1- le dépenser et comment?

2- l'épargner ou le thésauriser pour quelle utilité !

3- l'investir, ce n'est peut-être pas déjà la clé qui vous mènera à la réussite.

On ne pourrait pas devenir riche si et seulement on dépense notre argent (revenu-allocation-gain-pension-produit-rémunération-retraite-rétribution-salaire-capital-rente) de façon non raisonnable, non utile, non rationnelle, de façon ostentatoire… Ce procédé est valable pour l'individu comme pour un agent économique y compris l'Etat.

Il existe trois principes pour devenir riche :

nous ne pourrons pas saisir le sens de cette notion lorsqu'on est démuni, c'est-à-dire on n'a pas d'argent. La maxime «il était une fois» et c'est peut-être une circonstance, une veine, une aubaine ou une conjoncture d'avoir des sous; je ne discute pas de la provenance mais la moralité m'oblige de rester dans le cadre de la légalité sociale. De là, sans être un véritable économiste, je ne m'étais jamais imaginé qu'il y avait une différence entre épargner et investir mais poussant les idées en confrontation avec les besoins d'hier, d'aujourd'hui et ceux de demain :

• la dépense utile de «l'argent» (valeur d'usage) pour régler les frais courants tout en évitant de s'endetter (s'endetter pour la consommation est mauvais, pour l'investissement, c'est bien), la rationalité nous oblige face au besoin d'être cartésien pour une prospérité à venir;

• l'épargne est une simplification permettant de pouvoir régler les frais de demain, tout en essayant d'économiser le surplus inutile du revenu épargné dont on dispose pour mieux et bien le consommer dans les jours à venir;

• le trop d'épargne est une aubaine (avaricieux ou austère), car cela permet de l'investir dans des affaires qui rapportent en valeur ajoutée (production de biens et de services) ou dans le marché de la finance (financiarisation et spéculation), et c'est à partir de l'investissement et la spéculation monétaire que l'on pourrait devenir riche utile et inutile et même plus, c'est l'eurêka.

C'est bien ce sixième sens de la rationalité positive qu'on n'arrive pas à contenir dans son contenant.

Il faut savoir répartir toujours son argent dans trois tirelires différentes. Par ailleurs, restons dans cette même logique, on n'est pas encore devenu riche. On pense le devenir donc, investir où, comment et quand? C'est déjà le début de la chose la plus intéressante et la plus importante. Je pense au modèle de déploiement, de déroulement, mais aussi à la vision et à la stratégie à mettre en œuvre, mais surtout et surtout au mode de vie que l'on conçoive avoir, on doit se mettre à la place et dans la peau d'un politicien, un citoyen, un novas... qui veulent du bien (prospérité) pour son pays, pour lui aussi et son clan ou groupe et selon le système mis en place.

Il s'agit en fin de compte de gérer les «sous» par les dessous du bon sens, c'est-à-dire (idée- matière-personnalité) en fonction de cette répartition selon ces trois fameuses divisions dont chacune devrait se faire à partir d'une banque morale spécialisée:

*1- une part du revenu dans une banque (portefeuille de gestion) pour les frais portant sur la nourriture, les loisirs, le loyer.

*2- Une autre part du même revenu dans une banque (caisse productive) pour l'épargne, pour la retraite, l'éducation des enfants et l'achat de la maison…

*3- Une troisième et dernière part de ce même revenu dans une banque (placement) pour l'investissement, achat d'actions, placement, financement d'un projet et obligation.

Avec le temps, l'évolution des «sous» «fric» «argent» «fonds» «richesse» (système de gestion financière et de création de valeur ajoutée) contenus dans chaque compte en banque morale et utile. De là, on pourrait éventuellement saisir le véritable sens de la gestion des finances et les priorités deviendraient plus claires et plus visibles, en tant que dépensier, épargnant et investisseur des revenus pour le bien-être de soi, des hommes et du pays et pour une amélioration du cadre de vie dans un cadre plus élargi même (micro et macroéconomique). Par conséquent, les résultats dérivant de ses trois différents comptes moraux sont bien différents et leurs éléments en terme monétaire sont aussi différents avec la même utilité pour une meilleure prospérité.

– Le compte dépense utile doit être « liquide », donc il ne doit contenir que du «liquide».

– Le compte épargne doit être bien surveillé avec une assurance extrême : savoir le protéger et préserver sa valeur utile sans pour autant laisser l'épargne évoluer à la baisse ou à la hausse.

– Le compte investissement devrait être très bien géré afin de fructifier au maximum sur une durée précise (accumulation du capital). C'est le début de la ruée vers la richesse, la prospérité, le bien-être. Cette façon économique positive et scientiste devrait être accompagnée par une moralisation sociale extrême, une culture du bien-être et enfin d'une éducation de partage du bien-fondé.

ON PEUT FACILEMENT DEVENIR RICHE COMME FACILEMENT DEVENIR PAUVRE

C'est une autre leçon, une nouvelle romance financière qui commence par une autre instruction. L'analyse, l'interprétation et le jugement de cette romance financière sont faits à travers le filtre de nos propres références culturelles. Car nous vivons une crise multidimensionnelle très douloureuse qui a toute les chances de perdurer, avec un nouveau phénomène ou les moins compétents surestiment leurs compétences et occupent les terrains décisionnels alors que les plus compétents les sous-estiment, c'est ce que l'on appelle l'effet «Dunning-Kruger». Par conséquent, la romance financière peut se contrarier et dépenser peut également vous appauvrir.

Dans un cadre macroéconomique, la rente pétrolière utilisée dans le créneau dépense via l'importation ne peut qu'appauvrir le pays, le peuple. Ne dit-on pas que l'Algérie est un pays riche avec un peuple pauvre, c'est une dépense pour satisfaire l'œsophage humain sans aucune optique pour la création de valeur ajoutée.

Enfin, on devrait apprendre que pour devenir riche utile, riche avec une certaine noblesse, il faut prendre certains risques (le savoir, un projet spécifique, un mode de développement, le respect des règles, des normes…), mais pas pour autant que ne le pensent les gouvernants, les gestionnaires.

En investissant avec une perspective à long terme, vous pouvez devenir extrêmement riche sans travailler si dur (travail utile à moindres coûts et à très forte valeur ajoutée) ou sans subir énormément de stress comme le font les sociétés développées d'aujourd'hui.

Il est très important de comprendre et saisir la différence philosophique entre dépenser, épargner et investir. Car nombreux sont ceux qui ont de l'argent (pays-individus-entreprises) et qui, parce qu'ils ne savent pas correctement le gérer de façon efficace, rationnelle et sensée, perdent tout; ils privilégient les causes perdues, les perdants et les marginaux, notre pays se situe dans ce couloir. Khalifa est un homme médiatisé. Il s'agit de «l'argent Khalifa»; il s'est comporté comme un incapable. Comment veut-il devenir « riche » alors qu'il ne faisait que dépenser ostentatoirement.

Khalifa ne faisait qu'acheter des choses qui ont pourtant de la valeur; il a offert des voitures, des bijoux et des cadeaux, par exemple, sans aucune protestation. « C'est de la stupidité ou plutôt de la niaiserie «khalifatienne». « Ce sont des biens dégénératifs qui se déprécient, il n'avait aucune raison, car il ne savait pas «épargner» son argent pour un bon placement rentable dans le long terme et pour le bien-être de la société.

Epargner, ça ne sert qu'à payer de futures factures qu'il est incapable de les payer aujourd'hui. Khalifa ne pourrait devenir riche en anticipant et mettant de côté pour payer ses futures factures. Il devrait investir pour devenir riche mais ce qu'il avait fait ou on lui avait fait faire n'est pas juste, ni légal ni moral car dépenser, épargner et investir ne marche pas avec les actions immorales.

Chouraver les deniers publics ou filouter les caisses des travailleurs, piller ou détourner la rente pétrolière n'est ni bon pour Khalifa, ni bon pour son clan, ni bon pour le pays, ni bon pour le peuple. Nous vivons dans une société inéquitable, opaque et injuste où les riches sont de plus en plus riches par des moyens douteux et où les pauvres sont toujours plus pauvres et de plus en plus nombreux, non pas à cause de cette conception modeste élucidée mais à cause de ce système politique, social et économique centré sur le court terme (prix du pétrole- rente-affaires) et dont se dédommagent de plus en plus les citoyens.