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Le 28 février 1962: Un certain 23ème jour de Ramadhan à Oran

par Témoignage De Salah Lellou

  Le 28 février 1962, un certain mercredi, au 23e jour du mois de Ramadhan, restera à jamais gravé dans ma mémoire, un souvenir douloureux.

En ce jour tragique deux voitures piégées explosent en plein cœur de l'esplanade Tahtaha à Oran, attentat commandité par les hordes de l'OAS (Organisation Armée secrète), un groupuscule sanguinaire partisan de l'Algérie Française, farouchement opposé à l'indépendance de l'Algérie.

Voyant que l'indépendance de l'Algérie était inéluctable, les négociations d'Evian battant leur plein, ce groupe armé fait feu de tout bois.

Rien ne les arrêtait, la politique de la terre brulée n'a pas de limite, il détruisait tous les édifices publics, brulait toutes les bibliothèques, plaçait des bombes partout, plastiquait tous les commerces dont ceux de mes parents, au quartier Derb Lihoud, assassinait tous les français musulmans, comme on nous appelait, sans distinction d'âge ou de sexe, à portée de leurs armes, priorité est donnée aux intellectuels et les rares Français qui soutenaient la cause algérienne et qui demain pourraient être les cadres de la nouvelle nation algérienne.

Je voudrais apporter mon témoignage sur ce qui s'est passé ce jour-là à Oran.

Nous habitions le quartier M'dina J'dida qu'on appelait aussi ville nouvelle ou aussi Village Nègre, au 03 rue Palat.

La ville nouvelle dès la fin de l'année 1961 jusqu'à l'indépendance était complètement séparée du centre-ville et du quartier Derb Lihoud (quartier juif) par une sorte no man's land, qu'on appelait Bab El jiara, à cet endroit, se trouvaient deux casernes de militaires français qui étaient situées l'une en face de l'autre, elles sont séparées par le boulevard Joseph Andrieu, rebaptisé boulevard de l'Indépendance, il part de la place Roux, passe par la mythique Esplanade Tahtaha, pour terminer sa course au Boulevard Maréchal Joffre, rebaptisé lui aussi du nom du Chahid Maata Mohamed El Habib.

En ce temps-là, rares les musulmans français comme on nous appelait à l'époque, ne s'aventuraient à descendre en ville, les quelques-uns qui l'ont fait, c'était à leur risque et péril.

Cette portion d'espace était contrôlée par les militaires français Ces bâtisses existent toujours, elles sont militaires, mais elles ont d'autres vocations aujourd'hui, Ecole d'Administration et Centre de Recrutement.

Moi par contre, je devais rejoindre mon école tous les jours que Dieu a fait, vaille que vaille et quoiqu'il en coûte, j'étais à ma deuxième année de scolarité, l'établissement que je fréquentais, portait le nom de Ferdinand Buisson, j'étais scolarisé auparavant à l'école Georges Lapierre à Eckmühl.

Cette école primaire qui porte aujourd'hui le nom de l'illustre Chahid Abane Ramdane se trouve au quartier qu'on appelait Derb Lihoud, Hai Nasr aujourd'hui plus exactement à la rue Fénelon, rebaptisée rue Toula Hamani.

Pendant mes deux années scolaires passées à l'établissement Ferdinand Buisson, je sortais de chez moi tous les jours à 07h30 pour me rendre à l'école distante d'à peu près un kilomètre ou un peu moins, on commençait les cours à 08 heures et on terminait à 16h30, j'arrivai à la maison bien plus tard, et pour cause, en passant par la mythique Tahtaha ,cœur battant du quartier, je ne pouvais m'empêcher de flâner , s'offraient à nos yeux toutes sortes de spectacles qui se déroulaient à ciel ouvert: les magiciens, les musiciens, les danseurs, les arracheurs de dents, les barbiers, les conteurs d'histoires qu'on écoutait attentivement et nous faisaient voyager dans le temps, les soigneurs qui étalaient leurs herbes médicinales à même le sol et qui essayaient d'épater et d'attirer la foule par des démonstrations de guérisons miraculeuses survenant chez des patients très souffrant qui se faisaient un plaisir de témoigner du moins c'est ce qu'on nous faisait croire .

Il me plaisait de voir ces charlatans, que je ne peux considérer autrement, haranguer la foule en criant à tue-tête à qui veut les entendre, vantant les vertus de ces produits miracles exposés à même le sol. La vaste place Tahtaha à droite en allant vers la Medersa el Fallah occupée en ce temps par l'armée française, tout le long du boulevard Joseph Andrieu s'alignaient les cafés tout le temps bondés de monde surtout les après-midi après 16 h, autour des tables dressées à même le trottoir se retrouvaient les mordus de domino qui engageaient des parties interminables.

En face de l'autre côté de la place Tahtaha, on pouvait contempler tous ces bains maures (hammams) alignés les uns à côté des autres qui, le soir à la nuit tombée, deviennent des dortoirs abritant toute cette dense foule compacte de passage à Oran, constituée pour la plupart de commerçants venant de tout le pays. Oran était un carrefour important d'échange commercial et aussi certainement dans toute la discrétion un lieu de rencontre de nationalisme.

Quelques noms de ces bains me reviennent en mémoire, comme le bain de l'horloge et le bain du lion.

Je reviens plusieurs années en arrière, j'ai la nostalgie de ces années ; que c'était beau à Oran jadis, ces images défilent encore devant mes yeux ; c'est vrai en tant qu'enfant on était insouciants, j'avais à peine 10 ans, la guerre oui, mais on la vivait, je sentais que la population était soudée, il y avait une solidarité extraordinaire entre les habitants de la ville nouvelle et de tout le reste de la population musulmane d'Oran.

Donc en allant à l'école le matin ou en retournant l'après-midi, je devais emprunter inévitablement cette zone tampon où un point de contrôle était érigé entre le quartier musulman Médina Jadida et le quartier européen le centre-ville, ce passage qu'on appelle Bab Djiara était, bien sûr, suveillé et contrôlé par l'armée française, peu de personnes s'y aventuraient car l'emprunter, en ce temps-là, c'est courir un grand risque de ne pas y revenir. Je tiens à raconter ce qui suit parce que c'est un épisode de ma vie que je ne peux oublier et je le rapporte exactement comme ça s'est déroulé et comme je l'ai vécu et comme le ressent un enfant.

Un jour, un militaire français, un officier je pense, je revois son image, un jeune très blanc de peau, un peu chétif mais longiligne avec une ou deux étoiles sur ses épaules, je ne me souviens pas très bien, il portait un béret, me voyant passer par là, me héla, alors qu'auparavant personne ne faisait attention à moi, à peine un regard furtif lancé par les sentinelles stationnées au milieu du boulevard , au point de contrôle , il y avait aussi des soldats dans leurs guérites installées à l'entrée des deux casernes situées l'une en face de l'autre , ils surveillaient tous les mouvements de personnes, en fait peu de personnes ou même très peu passaient par là.

Cet officier a dû certainement remarquer mes allées et venues et peut-être, il se demandait si vraiment j'étais un écolier et que le cartable que je portais sur moi ne serait qu'une devanture, un leurre cachant des documents ou des armes, allez savoir.

Beaucoup d'enfants ou de femmes, encadrés par le FLN (Front de Libération Nationale) ont participé de cette manière à la Révolution,

Il m'apostropha et me dit : « eh toi là-bas, viens par-là, d'où viens-tu? » De l'école pardi lui dis-je. J'avais quand même un peu peur, et qu'est que tu fais à l'école? J'étudie monsieur lui répondis-je. Qu'est qu'il y a dans ce cartable me dit-il? Des cahiers et des livres lui répondis-je aussi. Ouvre le cartable m'ordonna-t-il, J'ouvris ma serviette, j'ai senti une certaine méfiance, il a reculé d'un pas, quand il a vu qu'il n'y avait que les affaires scolaires, il était visiblement rassuré, je le voyais sur son visage, pour s'assurer davantage que j'étais bien un écolier, il me demanda de lui tendre un cahier qu'il prit dans ses mains, il le feuilleta, c'était le cahier de récitation et au hasard il en prit une et me demanda si je l'avais apprise, je lui dis oui monsieur, récite la moi alors me dit-il? Je ne me souviens pas de son titre mais ça devait être une fable de Jean De La Fontaine, je la connaissais par cœur, il me récompensa en me donnant une tablette de chocolat et un paquet de chewing-gum qu'il ramena de son bureau de l'intérieur de la caserne.

Enfant que j'étais, j'étais heureux, j'étais aux anges, la guerre, moi je ne comprenais pas grand-chose, si un peu quand même oui je savais qu'en face de nous il y avait « el ascar » les militaires nos pires ennemis, ces roumis, et avec nous les moudjahidines, les « fidais », les « moussebilines » et les « djounouds » au djébel qui nous défendaient contre ces « kouffars », et que le peuple se battait contre « nsara » pour arracher son indépendance c'est déjà pas mal pour un enfant que j'étais. Ces termes que je viens de citer, je les entendais des bouches des adultes.

Revenons à notre jeune officier français, depuis ce jour-là, j'étais impatient que la sonnerie de 16h30 retentisse et annonce la sortie de l'école pour aller tout droit à la caserne chercher l'officier en question, je ne connais pas son nom, mais qu'importe, quand je le voyais au loin, je courrai vers lui et l'appelait, monsieur, monsieur j'ai appris telle ou telle récitation pour avoir, bien sûr, en retour des bonbons, du chocolat et du chewing-gum, au point que quand je me présentais tous les jours à la caserne à 16h45, environ la sentinelle savait ce qui m'amenait et c'est lui qui me montrait où se trouvait l'officier. Un autre souvenir aussi concernant cet officier resurgit dans ma mémoire, que je vais vous relater avant de revenir à cette journée terrifiante du 28 février 1962 qui hante toujours mon esprit.

Avec le temps, le militaire français s'est familiarisé avec moi, il me donnait des conseils dans les études, il corrigeait les fautes de devoirs mais ce que j'ai retenu le plus, il me demandait de rentrer après lui avoir montré mes devoirs directement chez moi et surtout de ne pas traîner dans la rue.

C'était impossible de ne pas profiter des spectacles qui se déroulaient à la place Tahtaha avec une multitude d'exhibitions et avec tout ce monde qui grouillait autour.

Un jour, il était peut-être 17h, 17h30, je flânais encore dans le quartier je regardais ces vitrines alléchantes, je voyais ces personnes attablées dans des cafés qui longeaient le boulevard quand une patrouille de soldats dans un camion GMC devancée par une jeep s'arrêta devant moi, à leur tête le fameux officier, il descend seul du véhicule, se dirigea vers moi et me cria à la face, me demandant qu'est-ce que je faisais là ? Et pourtant je t'avais dit de ne pas traîner la patte et de rentrer chez toi, il me gronda, il m'a demandé où j'habitais, il me mit dans la jeep et me ramena chez moi.

je ne sais pas pourquoi il s'est pris de sympathie pour moi ? Je ne sais pas, peut-être a-t-il laissé derrière lui un enfant de mon âge que je lui rappelais?

Depuis ce jour-là j'ai pris peur, je sortais de l'école, je montrais mes devoirs, j'avais droit aux bonbons et puis je rentrais directement chez moi, je ne pouvais pas m'empêcher parfois une petite balade quand même, jusqu'au 28 février 1962 où tout s'arrêta brusquement.

Ce jour-là, vers un peu plus de 16 h et avant 16h30, j'étais encore en classe quand soudain retentissait un bruit assourdissant, très fort, à déchirer les tympans, d'une extrême intensité, notre maître, Monsieur Mazella, s'arrêta subitement d'écrire sur le tableau, le temps semblait suspendu, sur l'instant tout le monde comprit que quelque chose de grave venait de se produire cette déflagration ne pouvait être qu'une bombe qui venait d'exploser, mais où ? On ne le sait pas, mais certainement pas très loin de l'école, tellement le bruit était puissant et que l'onde de choc qui s'en suivit a fait trembler les vitres de la classe

Moi le seul élève musulman, j'étais loin d'imaginer que deux voitures piégées venaient d'exploser à l'Esplanade Tahtaha, dans mon quartier qui m'a vu grandir et sur un passage que j'empruntais régulièrement et obligatoirement pour me rendre chez moi.

Le monde se figea pour nous pendant quelques secondes qui semblaient une éternité, un silence de mort s'en suivra dans notre classe, on entendait les mouches voler, on se regardait les uns les autres, puis le maître continua son cours.

Moi, j'avais le cœur serré ; quelque chose me disait que quelque chose de grave venait de se passer.

A 16:30, la cloche retentit, tous les élèves se ruèrent vers la sortie avec des cris stridents, je sortis lentement sans presser le pas bizarrement je ne courais pas avec les autres écoliers comme je le faisais avant, j'ai pris le chemin de la maison avec la peur au ventre, je pressentais quelque chose de grave, j'avais hâte d'arriver chez moi, je ne pensais ni à revoir l'officier, ni à réciter quoi que soit, encore moins à recevoir du chocolat, rien de tout çà n'effleura ma pensée, le moment était grave pour penser à tout cela.

Comme je le fais déjà depuis plusieurs mois, je devais passer par la rue Cely, longer le stade Calot pour contourner un bout du boulevard Maréchal Joffre où se trouvait le cinéma Paris et en face nos magasins, emprunter Bd Joseph Andrieu l'actuel Bd de l'Indépendance, longer Tahtaha puis passer par la rue Hadj Salah, la rue du Figuier du marché, et j'arrivais chez moi la rue Palat.

Mais hélas, arrivé à Bab el Djiara, juste au commencement du boulevard, c'était impossible de passer, les militaires avaient dressé des barricades infranchissables avec du fil barbelé et des panneaux obstruant complètement la vue, certainement pour cacher l'horreur des deux bombes qui ont explosé à environ quatre cents mètres de là, à vol d'oiseau.

Il m'était impossible de continuer ma route, la voie était hermétiquement fermée, personne ne pouvait franchir l'obstacle, les soldats veillaient au grain pour ne laisser passer personne.

J'avais peur, les larmes commençaient à glisser sur ma joue. Je tremblotais, je ne savais plus quoi faire. Je sais que derrière ce mur dressé à la hâte il se passe quelque chose d'horrible, je le ressentais. Alors comment faire pour regagner mon domicile, je suis resté figé pendant plusieurs minutes ce qui me paraissait des heures, des jours, voire une éternité : que faire mon Dieu ? Pas d'aide possible, pas de secours envisageable, j'étais seul, perdu, j'avais même à un moment donné maudit mes parents qui me réveillaient chaque matin pour aller en classe, je me suis ressaisi, je me suis dit qu'il ne faisait ça pour mon bien pour ne pas arrêter mes études.

J'étais obligé de rebrousser chemin et d'essayer de rentrer dans mon quartier par une autre issue, je ne vous dis la peur de ma vie.

Deux possibilités voire trois s'offraient à moi, la première, retourner à l'école me réfugier à l'intérieur et attendre que les choses se tassent et que les barricades soient enlevées, mais ce n'était possible les portes de l'école se ferment tout de suite après la sortie des écoliers, d'ailleurs les barricades n'ont été retirées que quelques jours avant l'indépendance. La deuxième possibilité : traverser le quartier européen où je pouvais rencontrer à tout moment sur mon chemin les sanguinaires de l'OAS qui étaient viscéralement contre l'indépendance de l'Algérie et hostiles aux négociations d'Evian en cours.

Pour peu qu'ils reconnaissent que je ne suis pas des leurs et ceci malgré mon jeune âge, à peine 10 ans, ça aurait été la fin pour moi. La troisième était de rentrer par le boulevard Mascara mais j'étais obligé d'emprunter une petite partie du boulevard Maréchal Joffre jusqu'aux environs du cinéma le Rex.

Tant bien que mal j'ai pu regagner le domicile parental en passant par la rue Général Cérez, actuellement elle porte le nom du Chahid Djebbour Maamar, les vigiles du FLN qui bouclèrent tout le périmètre m'ont empêché avant de regagner mon chez-moi d'aller sur le lieu du massacre pour voir ce qui s'est passé, je ne me souviens pas si l'armée française a contribué à sécuriser les lieux, en tous les cas la population de Mdina Jadida s'est mobilisée spontanément et a apporté aide aux victimes de cette barbarie, une solidarité sans faille

Les voitures piégées en explosant ont fait un carnage, des dizaines de morts et plusieurs centaines de blessés semblerait-il d'après ceux qui ont porté secours, une vue apocalyptique on a même vu des lambeaux de chair accrochés aux fils électriques, des murs maculés par des taches de sang, des corps sans tête et sans membre à même le sol, c'est l'horreur, tous les hommes et les femmes valides se sont mobilisés pour porter secours à leurs frères et sœurs, l'actuel dispensaire Ben Daoud était le lieu où étaient soignés les blessés, certains étaient acheminés par les secours français, je suppose vers l'hôpital civil situé dans le quartier européen le Plateau Saint Michel avec tout le risque qu'ils soient achevés dans leur lit par les ultras de l'OAS.

Les gars du FLN qui étaient encore dans la clandestinité encadraient avec une organisation parfaite le déroulement des secours. La solidarité à l'époque n'était pas un vain mot.

La pensée qui m'effleure maintenant en rédigeant mes mémoires que si les bombes avaient explosé entre 16 h30 et 17h00, j'aurais été certainement une des victimes de ce carnage, j'ai échappé à ces bombes certes mais j'aurai pu aussi tomber entre les mains des ultras de l'OAS, ce jour-là, dans le chemin du retour chez moi, enfant ou pas il n'y avait aucune pitié. En effet, j'aimais quand je sortais de l'école à 16h30 après mon passage à la caserne comme je l'ai dit plus haut à flâner quelque peu. je devais passer et c'est un rituel par Tahtaha du côté où les bombes ont explosé, dont l'une était placée à proximité des étals de marchands de « zlabia » et « chamia » dont celui de Boulahya, qui attirait beaucoup de monde, il y avait comme à l'accoutumé à la fin de la journée, un monde fou, chacun attendait son tour pour acheter ces friandises, de quoi agrémenter l'iftar à deux heures environ de la rupture du jeûne.. Ainsi se termine le récit de cette horrible journée du 28 février 1962, vingt-troisième jour du mois de Ramadhan qui a vu M'dina J'dida sombrer dans l'horreur, perdre ses meilleurs enfants, tombés ce jour-là au champ d'honneur. Rien qu'en y pensant je ne peux m'empêcher de verser des larmes.

Vous vous posez certainement la question comme moi, qu'est-ce qu'est devenu ce jeune officier ? Je ne saurais vous répondre, était-il encore vivant ? Lira-t-il encore devoirs ? je ne sais par quel hasard ce récit ? Si c'est le cas, se reconnaîtrait-il? Autant de questions auxquelles, je ne puis répondre.