Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

Ghaza: Le «Conseil de la paix» ferme les yeux sur les crimes sionistes

par Mohamed Mehdi

Vendredi, 138e jour du cessez-le-feu, Israël continue ses violations de l'accord de Charm Al-Cheikh, faisant des centaines martyrs et davantage de blessés depuis la signature du «plan de paix», dans ce qui semble être une démarche menée en total accord avec l'administration Trump.

L'entité sioniste poursuit son génocide à Ghaza, avec le soutien américain, le silence européen et l'indigence morale des membres du «Conseil de la paix» installé par le président des Etats-Unis.

Après les attaques de la journée de jeudi qui ont fait 4 martyrs et 4 autres blessés lors de raids menés par l'armée d'occupation israélienne dans différentes zones de l'enclave, Ghaza a vécu une nuit (de jeudi à vendredi) particulièrement sanglante suite à deux bombardements de drones visant deux patrouilles de police, et faisant au moins 5 martyrs et des blessés.

Les deux attaques ont visé un poste de contrôle de police à Khan Younes et les alentours de la gare d'Abu Hujair, au nord-ouest du camp de réfugiés d'al-Bureij. Ces attaques surviennent dans un contexte de violations persistantes du cessez-le-feu par Israël depuis 138 jours.

La Protection civile de Ghaza a rapporté au moins 5 martyrs. Son porte-parole, Mahmoud Basal, a précisé que trois policiers ont été ciblés « dans la zone de l'abattoir, au sud-ouest de Khan Younes, dans le sud de la bande de Ghaza», tandis que l'attaque d'al-Bureij a fait 2 martyrs et une personne grièvement blessée, rapporte Shehab News. Les martyrs et les blessés ont été transférés au complexe médical Nasser de Khan Younes, ajoute la même source.

Dans une déclaration publiée vendredi, les Comités de la Résistance palestinienne ont dénoncé la «dangereuse escalade» de la veille, dénonçant le silence du «soi-disant «Conseil de la paix»». «La violation persistante de l'accord de cessez-le-feu par l'ennemi sioniste et ses bombardements criminels continus de diverses zones de la bande de Ghaza, notamment les commissariats de police de Khan Younes et d'al-Bureij, constituent du terrorisme et une dangereuse escalade. Ceci témoigne du mépris flagrant de l'entité sioniste pour l'accord de cessez-le-feu et de son refus obstiné de respecter ses obligations et ses engagements», lit-on dans le communiqué.

Pour les Comités de la résistance, le ciblage des postes de police «vise à semer le chaos» à Ghaza, et «démontre l'existence d'un plan de sape de la sécurité et de la stabilité qui commencent à s'instaurer» dans l'enclave. Le communiqué a dénoncé le «silence du soi-disant Conseil de paix» qu'il qualifie de «d'instrument servant à légitimer les crimes sionistes et à ouvrir la voie à la poursuite du génocide et du nettoyage ethnique sous couvert de paix et de stabilité».

Institut Lemkin : La fonction principale du «Conseil de la paix» est de «dissimuler le génocide»

Le silence du «Conseil de la paix» fait également l'objet de critiques de la part de l'«Institut Lemkin pour la prévention du génocide et la sécurité humaine» qui, dans une déclaration publiée jeudi dernier, considère que cette entité installée par Trump a pour «fonction principale» de «dissimuler le génocide».

L'Institut Lemkin se dit «profondément horrifié par l'échec du prétendu «cessez-le-feu»» et constate «la poursuite des massacres de Palestiniens par Israël à Ghaza et dans les territoires occupés», au moment où sont annoncés des «projets de vente de terres palestiniennes à des promoteurs immobiliers sans aucune consultation ni contrôle des Palestiniens».

Le communiqué rappelle la déclaration du 14 octobre 2025, dans laquelle l'Institut Lemkin avertissait que « les cessez-le-feu et les accords de paix ne doivent pas se transformer en accords négociés par des génocidaires à leur propre profit ou à celui de leurs complices dans leurs projets coloniaux, au détriment des populations victimes».

«Malheureusement, c'est précisément ce qui s'est produit. Tout au long de ce prétendu ‘cessez-le-feu', Israël a continué de perpétrer un génocide à Ghaza en utilisant des méthodes moins visibles et moins spectaculaires que les bombardements massifs», ajoute la déclaration. «Il ne s'agit pas de paix, mais d'exploitation violente», affirme l'Institut Lemkin, pour qui il devient «parfaitement évident» que le «plan de paix» du président Trump «n'est rien d'autre qu'une transaction immobilière visant à transférer les terres palestiniennes à des étrangers».

Concernant la situation en Cisjordanie, la déclaration affirme qu'il «existe des preuves que la diminution des violences directes menées par les forces israéliennes à Ghaza a été suivie d'une escalade de la violence» dans cette autre partie de la Palestine occupée. «Les violences en Cisjordanie se sont encore intensifiées depuis le cessez-le-feu d'octobre 2025. Rien qu'en octobre 2025, des colons israéliens ont perpétré 260 attaques contre des Palestiniens en Cisjordanie, soit le nombre d'attaques le plus élevé enregistré en un seul mois depuis 2006», explique le document.

Dans son analyse, l'Institut Lemkin considère que «la souveraineté palestinienne et son droit à l'autodétermination n'ont pas leur place dans le plan de paix de Trump» et l'existence des Palestiniens «serait réduite à celle de citoyens de second rang dans une société contrôlée de l'extérieur, censée remplacer la leur».

La déclaration ajoute que «le génocide ne se limite pas aux massacres de masse, mais s'étend également à la restructuration institutionnelle imposée par une puissance extérieure», et conclut que «le caractère génocidaire du Conseil de la paix apparaît clairement» dans cette configuration.