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Situation épidémiologique à Oran: La direction de la Santé tire la sonnette d'alarme

par J. Boukraâ

Oran et à l'instar de quelques wilayas du pays comme Sétif, Constantine et Batna, connaît une hausse fulgurante des cas de contamination au nouveau coronavirus. L'indiscipline et le non-respect des mesures barrières, particulièrement le port du masque, malgré l'existence d'une loi qui oblige à le porter dans les lieux publics sont les premières causes de cette situation. Les services de la Santé tirent la sonnette d'alarme. S'exprimant sur les ondes de la radio locale le Dr Youcef Boukhari, chargé de la Prévention à la direction de la Santé et de Population et membre de la commission de wilaya du suivi n'a pas caché ses craintes. « Oran est en alerte compte tenu du l'explosion des cas de coronavirus, qui intervient durant ces derniers jours et le plus inquiétant c'est que le nombre des personnes admises en réanimation a aussi augmenté a affirmé le spécialiste. « La demande sur les tests PCR a aussi explosé. A titre d'exemple pour la matinée du dimanche, près de 120 personnes se sont présentées à l'EHUl 1er Novembre 1954 et une cinquantaine vers le CHU d'Oran pour se faire dépister, après avoir ressenti de symptômes de la maladie ».

Le Dr Boukhari est allé, plus loin, en déclarant que « si ont fait un dépistage de toute la population et ont se réfère aux études de l'OMS, qui font état que chaque cas positif peut contaminer quatre personnes en une journée, une grande partie des Oranais serait porteuse du Covid -19 et l'ignore.

Le citoyen est le premier responsable de cette situation. Il ne respect pas les règles sanitaires. La plupart des cas contaminés et interrogés, dans le cadre des enquêtes épidémiologiques déclarent qu'ils ont assisté à des cérémonies de mariage, funérailles ou des fêtes en famille. Les marchés populaires sont bondés de gens, certains cafés ouverts et quelques restaurants autorisent la consommation à table ».

Le praticien a encore insisté sur la prévention à même de vaincre la pandémie, pour préserver sa vie et celle d'autrui, par le respect des mesures préconisées par les autorités publiques et sanitaires. « La lutte contre ce virus dangereux, dont les conséquences sur l'être humain, à long terme, n'ont pas encore étaient définies, est très simple. Il suffit de se protéger par des masques et de se laver les mains fréquemment » a-t-il affirmé. Il a ainsi lancé un appel aux services concernés pour durcir les sanctions à l'encontre de tous les contrevenants, individuellement ou collectivement, aux mesures de prévention et notamment par l'application des amendes relatives au non-respect du port de masque.

41 cas, en une journée, et plus de 1.500 cas et 40 décès depuis le début de la pandémie

Oran a enregistré un nouveau record journalier des contaminations, avec 41 nouveaux cas positifs enregistrés au soir de dimanche 28 juin et 23 cas samedi. Le Dr. Boukhari se dit « certain que ce rebond est le fruit du manque d'engagement et de l'indiscipline des citoyens à respecter les gestes barrières anti-coronavirus, recommandés par les autorités sanitaires du pays. La plupart des habitants ne respectent aucune mesure de prévention, ni dans les espaces publics, ni dans les transports et les marchés. Le même responsable a affirmé que même dans les transports en commun, 60% des passagers ne portent pas le masque. Idem pour certains chauffeurs et receveurs ». Oran est en alerte compte tenu de l'explosion des cas de coronavirus. Selon le même interlocuteur, du 18 mars dernier jusqu'à dimanche Oran a enregistré plus de 1.500 (PCR et scanner) cas positifs et 40 décès. Une majorité des contaminations est d'origine familiale, ont révélé les enquêtes épidémiologiques. Les investigations épidémiologiques font état de 28 clusters familiaux où au moins 4 membres de la même famille ont été contaminés. Le responsable explique que les études épidémiologiques montrent que la majorité cas sont dus à des fêtes de mariage, des veillées funèbres et à l'utilisation du transport en commun. La wilaya d'Oran est classée 4ème après les wilayas de Blida, Alger et Sétif en ce qui concerne le nombre de cas de coronavirus, selon la carte épidémiologique, publiée sur le site du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. Le 1er cas de coronavirus a été confirmé à Oran le 18 mars par les services de la Santé.

Prés de 1.000 cas de guérisons par la chloroquine

Même si le nombre de cas à Oran est important, le taux de guérison est très satisfaisant. Utilisé par l'équipe médicale du service des maladies infectieuses du Centre hospitalier universitaire d'Oran, depuis la dernière semaine du mois de mars, suite aux instructions du ministre de la Santé, le protocole de traitement, à base de chloroquine donne de bons résultats sur les malades. Près de 1.000 personnes atteintes de la Covid-19 sont guéries. Le nombre total des cas de Covid-19 rétablis, pris en charge au Centre hospitalier et universitaire d'Oran ‘Dr Benzerdjeb' a atteint, il y a 3 jours, 454 malades. Selon un communiqué publié par la cellule de communication. Ces personnes ont été libérées, après avoir été soumises au protocole de traitement à base de chloroquine. Aussi le nombre des cas complètements rétablis du virus, dans l'Etablissement hospitalo-universitaire (EHU) « ‘1er Novembre 1954» avoisine les 450. Les patients ont été soumis au protocole de traitement de l'hydrox chloroquine. D'autres malades, sous traitement, se trouvent dans un très bon état. Ce traitement est disponible en Algérie en quantité suffisante. L'Algérie qui produit l'hydrox chloroquine a été parmi les premiers pays qui ont validé ce protocole en administrant aux malades atteints du coronavirus de l'hydrox chloroquine et l'azithromycine. Toutefois, le meilleur traitement efficace est d'observer les mesures préventives auxquelles ont appelé les pouvoirs publics, notamment le respect du confinement. « si on ne change pas de comportement , il faut s'attendre à l'augmentation de cas à cause du non-respect des mesures de prévention, surtout que les échanges de visites familiales pour présenter les vœux, aux élèves ayant réussi leur passage au cycle secondaire, ont connu une hausse ces derniers » a conclu le Dr Boukhari qui a, encore une fois, insisté sur le port de masque, la distanciation sociale et l'hygiène tels la désinfection et le nettoyage des mains et des lieux afin d'éviter le pire scenario.