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Le président de la FFF persiste et signe: Un match Algérie-France réclamé

par M. Benboua

C'est un sujet qui revient souvent sur les tables depuis quelques jours. Le tant convoité mach amical, entre la sélection algérienne de football et son homologue, française, aura-t-il vraiment lieu ? C'est la question que se posent les spécialistes, notamment, après les récentes déclarations du président de Fédération française de football, Noël Le Graët aux médias de l'Hexagone. « Il est temps de faire ce match en Algérie. Depuis que je suis en place, je veux aller là-bas parce que c'est le seul pays qu'on ne rencontre pas. Il est quand même temps, 60 ans après (l'indépendance de l'Algérie), qu'on puisse jouer au football », a affirmé, hier, sur les ondes de la radio publique ‘France Info' Le Graët, en poste depuis 2011 et dont le mandat court jusqu'à fin 2020. Selon nos sources, la FAF représentée par son président Kheireddine Zetchi aurait proposé à la Fédération française d'organiser un match entre les deux nations, à Oran en 2020, ce qui serait une première sur le sol algérien. Ce probable match retour aurait lieu entre le 5 et le 13 octobre 2020 et devrait se dérouler au nouveau stade olympique d'Oran, qui peut accueillir jusqu'à 40.000 spectateurs, mais dont la réception tarde à venir. Interrogé sur la possibilité d'une rencontre avant la fin de son mandat entre les champions du monde et les champions d'Afrique, Le Graët dira sans équivoque: « Je suis partisan depuis huit ans d'organiser une telle rencontre. Il est temps de faire ce match », a-t-il insisté. Il faut dire que cette déclaration intervient quelques jours après celle faite par Djamel Belmadi à la veille du match amical face au Bénin, où il avait évoqué l'idée de « jouer un jour » un match amical face aux Bleus. « Oui, on peut largement l'envisager. Ce serait un match de prestige, déjà, avec une équipe doublement championne du monde. C'est déjà ça que je regarde, l'aspect sportif », a expliqué l'actuel sélectionneur de l'Algérie. « Après, vous savez que cette confrontation avec l'équipe de France est lourde d'histoires. Donc pour tous ces éléments, cela m'a l'air très intéressant de pouvoir jouer un jour contre eux », a poursuivi l'ancien Marseillais, pour qui cette rencontre serait forcément particulière. Interrogé sur le même sujet dimanche dernier, le vice-capitaine des Bleus, Raphaël Varane, s'est également montré enthousiaste. « On n'en a pas parlé entre nous, les joueurs. Le président de la FFF est pour. Nous, on est prêt et on jouera ce genre de match avec plaisir », avait lancé le défenseur central du Real Madrid. Pour rappel, les deux équipes ne se sont affrontées qu'une fois, un match amical organisé le 06 octobre 200,1 au Stade de France. La rencontre qui opposait les Bleus, autour de Zinédine Zidane, à l'équipe de l'actuel sélectionneur Djamel Belmadi, buteur ce soir-là, avait dû être interrompue après l'envahissement du terrain par des pseudo-supporters (4-1). Selon le président de la FFF, un match Algérie-France « n'a jamais été fait parce que l'ancien président (Fernand Duchaussoy, en poste de mi-2010 à mi-2011, ndlr), qui était un ami, n'a jamais réussi à trouver un accord.

Le poids de l'histoire

Ce qui revient à reconnaitre de facto c'est le facteur politique qui planera, fatalement, sur cette rencontre « pas comme les autres » en raison de l'Histoire commune aux deux pays. Le président de la Fédération française préconise faire des matches entre le équipes de jeunes pour « défraîchir » le terrain, avant que les actuels champions du monde ne foulent le stade d'Oran, prévu comme cadre de ce mach, à propos duquel le sélectionneur algérien est résolument favorable, car s'agissant d'un match de prestige dont l'équipe d'Algérie pourrait tirer le plus grand bénéfice sur l'aspect sportif. Or, certains paramètres peuvent ne pas s'adapter à ce genre de confrontations dont la « sensibilité » née du poids de l'histoire peut dépasser toute autre considération.

On se souvient que l'issue inattendue du premier match d'octobre 2001 a surpris bien des observateurs par sa connotation politique, étant donné que les tribunes étaient principalement garnies par les enfants de seconde génération des émigrés algériens.

En réagissant de cette manière, ces derniers, se trouvant culturellement assis entre deux chaises, ont manifesté leur ras-le-bol spécifique aux banlieues de la capitale française.

De ce match voulu et pensé pour contribuer au rapprochement des deux peuples, à l'histoire marquée au fer rouge par la colonisation et la guerre d'indépendance, il ne reste aujourd'hui qu'un souvenir amer et les sifflets contre l'hymne français. Aujourd'hui, Le Graët s'est dit persuadé que la tenue d'une telle rencontre serait une fête. « Tous les jeunes en Algérie connaissent notre championnat, connaissent nos joueurs et ils ont envie de voir l'équipe de France », a-t-il dit. Reste que les deux Etats algérien et français accordent leurs violons.