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Djezzy décloisonne ses bureaux et opte pour l'«open space»

par Mohamed Mehdi

Encore en «chantier», deux des huit étages du nouveau siège de Djezzy, sis à Dar El Beida, aménagés en espace de travail ouvert, «open space», sont désormais opérationnels, après «plusieurs mois de travaux» de réaménagement. La conception du bâtiment «B6» de Djezzy, en espace de travail ouvert, a été confiée à l'architecte et urbaniste Halim Faidi, qui compte, également, à son actif la transformation des Galeries Algériennes en Musée d'Art Moderne d'Alger (MAMA), ainsi que le nouveau siège du ministère des Affaires étrangères. Quant à la réalisation de l'aménagement de ces espaces, elle a été attribuée à la société ‘Exposign'. Il n'a fallu que «quelques semaines» à «plus d'un demi millier d'employés» pour «s'habituer à travailler en dehors des cloisonnements» de leurs anciens bureaux, explique Christian Dupont, directeur des Applications et du Programme de management. L'adoption d'un environnement de travail en «open space, ouvert et convivial», intervient dans le cadre du programme de digitalisation que mène l'opérateur depuis plus d'une année. Le décloisonnement des espaces de travail a permis de faire une économie de «70% de câbles» en tous genres (data et électricité). La majorité des employés, sauf ceux dont la fonction nécessite d'opérer à partir de stations fixes (desktop), travaille dans un environnement «sans fil» (connexion Wi-Fi, ndlr). Les «employés peuvent s'installer où il veulent» et n'ont, désormais, pour bureaux que «leurs laptops». «La nouvelle génération d'employés préfère la mobilité. Elle est digitale, et fonctionne dans un mode collaboratif qui n'aime pas les cloisonnements des bureaux», explique Christian Dupont, qui nous a fait visiter les lieux, en compagnie de Amal Boutemen, directrice de communication interne chez Djezzy.

Les deux étages livrés à ce jour, le 5e et le 6e (le reste devrait suivre dans quelques semaines), sont déjà occupés par les équipes de Marketing, de la Communication, du Commercial et de la Distribution. Au 6e étage, la porte de l'ascenseur s'ouvre sur la «zone de détente», prévue dans chacun des «cinq étages prioritaires» (2 à 6) qui vont «accueillir le plus grand nombre des employés», au siège social de Djezzy. «La zone de détente», composée de petites tables et d'un comptoir, «peut aussi bien servir à se faire un café, manger, tout en travaillant seul ou en petit groupe», ajoute M. Dupont. Les espaces de travail sont composés de «modules de six» places (trois de chaque côté) retenu comme étant la «taille moyenne d'un groupe de travail que l'on rencontre le plus souvent» au sein de l'entreprise. «Le mobilier est conçu et réalisé en Algérie», insiste notre guide.

«Changement radical» dans la manière de travailler

Les «cinq étages prioritaires» donnent sur une baie vitrée qui entoure quasiment tout l'espace, permettant ainsi de profiter de la luminosité naturelle. Un éclairage artificiel est apporté par des «rails de lumière» parcourant tous les espaces de travail et de circulation. Ces «rails de lumière» ont également été conçus localement. «Tout ce que vous voyez ici comme gaines, chemins de câbles et structures de menuiserie métallique, a été coupé et assemblé sur le chantier. C'est aussi un élément important, pour nous, en terme de gain de temps. Tout a été fait sur place, sauf les matières brutes, dont certaines sont importées. Les seuls éléments finis que nous avons importés, pour des raisons de confort et de sécurité, sur lesquelles ont ne peut pas faire de compromis, ce sont les chaises opérateurs pour nos employés», précise notre interlocuteur.

Même si les deux étages sont opérationnels, «les dernières retouches ne sont pas encore terminées», explique Amal Boutemen. «Certains équipements, comme la moquette et les décorations, ne sont pas encore installés. L'objectif était de mettre, rapidement, nos équipes dans cette nouvelle atmosphère de travail collaboratif. Cela fait près de deux mois qu'ils y sont, et cela se passe, parfaitement, bien. Les gens apprécient beaucoup et travaillent dans un état d'esprit bien meilleur. Le travail, dans des espaces ouverts permet, aussi, de constituer des équipes de manière temporaire quand il y a des projets spécifiques, mais surtout de consommer, de moins en moins de papier, puisque tout est digitalisé», affirme la directrice de communication interne. Pierre Kemlin, directeur de la Communication & brand chez Djezzy, intervient à son tour pour expliquer que «cette nouvelle disposition des bureaux, change radicalement notre façon de travailler». «Aujourd'hui, Djezzy est en phase de transformation digitale. Cela veut dire, pour nous, de décloisonner les départements, pour que les gens puissent travailler de façon plus proche, plus efficace et plus conviviale. Il n'y a, donc, plus de bureaux attitrés. Chacun arrive, s'installe là où il y a une place de libre. Au début c'était un peu perturbant, mais vite les gens ont retrouvé leurs repères. On peut, aussi, bien travailler en groupe, comme on peut s'isoler dans la zone de détente. Il y a des petites salles de réunion, équipées de façon digitale qui permet des «conferences call» avec Amsterdam (siège du Groupe VEON, ndlr) ou avec nos différents interlocuteurs dans le monde. Il y a, aussi, une zone fermée, totalement insonorisée, qui permet de s'isoler pour passer un appel important», affirme Pierre Kemlin. «Ce qu'il faut retenir, c'est que ce changement de la façon de travailler va accompagner Djezzy dans sa transformation digitale. Les gens ne se parlent plus. On ne s'envoie plus de mails et attendre une réponse sur un sujet urgent. On rencontre directement la personne et on en parle de vive voix pour résoudre le problème. On est là, on travaille en équipe, et on sait que tout le monde est dans le même état d'esprit de dialogue et de disponibilité», conclut M. Kemlin.