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Plaidoyer pour la généralisation du traitement du «pied diabétique»: 8.000 amputations chaque année en Algérie

par M. Aziza

Bien que le traitement de l'ulcère du pied diabétique, issue des médicaments de la biotechnologie, enregistré par les autorités sanitaires du pays et introduit dans les hôpitaux publics, a fait ses preuves, sa généralisation se fait toujours attendre. Pourtant, le prix global d'une amputation d'un pied diabétique est d'environ 9 millions de DA et peut même coûter la vie, alors que le traitement qui évite l'amputation et cicatrise totalement les plaies et lésions revient beaucoup moins cher à l'Etat. Les spécialistes et des professeurs de renom, nationaux et étrangers ont, tous, attesté que le traitement par injection, de l'ulcère du pied diabétique «un traitement cubain» connu sous le nom Heberprot-P, est considéré comme une véritable alternative à l'amputation du pied. Les résultats communiqués par les responsables de la première clinique nationale spécialisée dans la prise en charge du ‘pied diabétique' en Algérie, ‘clinique Ibn Nafis', fruit de partenariat algéro –cubain, confirme cette donne. Sur 600 patients présentant un ulcère de pied diabétique, pris en charge durant ces deux dernières années (2016-2017) à ladite clinique, le taux de réussite dans la cicatrisation totale est de 97%. Les spécialistes et les Associations des malades diabétiques ont tous plaidé, hier, lors de la tenue du 12ème Séminaire sur «l'ulcère du pied diabétique et les médicaments issus de la biotechnologie», pour le remboursement du traitement injectable par les services de la CNAS. Ils ont également plaidé pour sa généralisation à travers l'ensemble des structures de santé qu'elles soient privées ou publiques ainsi qu'à travers les officines. Il faut savoir que ce traitement est déjà introduit, en Algérie, sous forme injectable. Mais, sa distribution et son utilisation est réservée exclusivement aux structures de santé publique, et ce, sur la base d'un protocole signé lors de l'enregistrement. S'il est administré, gratuitement dans les hôpitaux, ce traitement n'est pas remboursé par les services de la CNAS et il n'est pas livré aux structures privées ou dans les officines.

Lors du séminaire organisé hier, conjointement par les deux partenaires algéro-cubain, ‘Lad Pharma' et les Laboratoires cubains CIGB Heber Biotec, les intervenants ont, tous, attesté que ces amputations des membres inférieurs, des personnes atteintes de diabète, peuvent être réduites et évitées, à plus de 92%. Mais, cet objectif ne peut être atteint, selon le Pr J. Samir, que par la réussite du facteur de la cicatrisation et en évitant «le vagabondage médical» ainsi que «le charlatanisme» , et ce, pour ne pas perdre du temps et perdre le pied avec. Le PDG de ‘Lad –Pharma', le Dr A. Djebbar a affirmé, pour sa part, que cette clinique, fruit d'un partenariat avec les Cubains, a permis aux personnels médicaux d'acquérir un savoir-faire et a permis une meilleure prise en charge des malades souffrant de ‘pied diabétique'. Il a indiqué, en outre, que la clinique en question permet aux personnes souffrant de ‘pied diabétique', une consultation gratuite assurée par un professeur cubain, Valdes Napoles Jorges Luis, toutes les matinées du premier et dernier lundi de chaque mois.

Le professeur Cuba Jorges Luis, a affirmé pour sa part, que la coopération entre l'Algérie et Cuba date des années 60. En ce qui concerne le diabète et particulièrement le ‘pied diabétique', cela a commencé, selon ses propos, par l'introduction du traitement par injection Heberprot-P, en 2008, en Algérie. Des études pilotes ont été faites depuis : l'une au CHU Mustapha, et d'autres à l'hôpital Maillot et celui de Béni Messous, à Alger. Ainsi qu'une autre étude réalisée à Oran. Le professeur a évoqué la coopération algéro-cubaine, en ce qui concerne la clinique ‘Ibn Nafis' dont les résultats obtenus ont été très satisfaisants, dans un délai très court (deux ans d'existence). Le professeur a affirmé que l'amputation du ‘pied diabétique' se fait à Cuba, mais avec un pourcentage très réduit, étant donné, qu'il y a une bonne prise en charge des personnes ayant ‘un pied diabétique'. Et d'affirmer que Cuba utilise le produit issu de la biotechnologique, le Herbert-P de manière gratuite. Le chirurgien du service de chirurgie vasculaire de l'hôpital ‘1er Novembre' d'Oran (EHU), Ben Maamer Ben Moussa, a affirmé qu'il y a, en fait, un nombre important d'artériopathie, des diabétiques qui nécessitent une chirurgie et une prise en charge efficace pour éviter l'amputation, mais il y a un manque terrible en matière de centres spécialisés dans la chirurgie vasculaire. Et d'affirmer qu'il y a, seulement, deux centres, l'un à Alger et l'autre à Oran. «30% viennent de la willaya d'Oran, le reste des patients arrive de l'ouest, du sud et parfois du centre et de l'est du pays». Pour ce qui est du traitement, le spécialiste a affirmé qu'il n'est pas disponible en quantité suffisante, à travers tous les services.

Le président de l'Association des diabétiques de la wilaya d'Alger, M. Ouhada Fayçal, a affirmé, pour sa part, que le nombre des amputations de ‘pied diabétique', n'est pas connu avec exactitude. «Nous avons un nombre de 8.000 amputations par an, selon les chiffres présentés par les spécialistes». Et d'affirmer que 90% de ces amputations peuvent être évitées, par une prise en charge efficace, par les structures de santé. «Mais hélas, ce n'est pas le cas, il y a une réticence de la part des structures, notamment publiques, pour prendre en charge un malade souffrant du ‘pied diabétique', car ça nécessite un mois d'hospitalisation avec une prise en charge et un suivi permanent du malade».

Le président de l'Association a plaidé pour la création de structures spécialisées, étant donné que le diabète est une maladie multidisciplinaire, ou plusieurs spécialités sont concernées, bien évidement, avec un suivi permanent.