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Ghaza: Mise en garde contre «l'effondrement imminent» du système de santé

par Mohamed Mehdi

Dimanche, 101e jour du cessez-le-feu, Israël continue de transgresser unilatéralement l'accord de Charm Al-Cheikh, en commettant, depuis le 11 octobre 2025, plus de 960 violations du cessez-le-feu, et de ne pas respecter le volet des aides humanitaires préconisé par le « plan de paix », dans ce qui semble être une démarche menée en total accord avec l'administration Trump.

Les attaques israéliennes contre les civils à Ghaza se poursuivent au moment où il est question de l'installation d'un «Comité de technocrates» pour la gestion de l'enclave assiégée. Selon un décompte d'Al Jazeera citant plusieurs sources, au moins six Palestiniens blessés lors de frappes aériennes et de tirs d'artillerie israéliens dans différentes zones de Ghaza dans la matinée de dimanche.

Une source médicale de l'hôpital baptiste, à l'est de la ville de Ghaza, a déclaré à l'agence turque Anadolu que trois Palestiniens avaient été blessés par des tirs de drones israéliens dans la zone de Netzarim, au sud de la ville de Ghaza.

Une autre source médicale de l'hôpital Nasser, dans le sud de la bande de Ghaza, a indiqué que deux blessés, dont une fillette, par des tirs israéliens dans la zone d'Al-Mawasi, à l'ouest de Khan Younes, ont été transférés aux urgences. Un blessé par balles à la tête par des tirs israéliens à Deir al-Balah a été transféré à l'hôpital des Martyrs d'Al-Aqsa dans le centre de l'enclave. Son état était critique a indiqué Al Jazeera.

Les tirs israéliens ont ciblé, hier, plusieurs autres régions dont Khan Younes, dans le sud, tandis que les forces navales tiraient sur la côte de la ville, alors que l'artillerie a bombardé diverses zones à l'est de Jabalia, dans le nord de l'enclave, et le quartier d'Al-Tuffah, situé dans le nord-est de la ville de Ghaza, ciblé par des tirs d'hélicoptères.

MSF redoute une suspension de ses services à Ghaza

« L'inquiétude monte parmi les Palestiniens et les employés de l'organisation internationale Médecins Sans Frontières (MSF) dans la bande de Ghaza, face au risque d'un arrêt de ses services en raison de mesures israéliennes qui menacent sa présence sur le terrain, alors que le système de santé demeure quasiment paralysé et souffre de pénuries critiques à tous les niveaux », écrit l'agence d'information palestinienne Wafa.

Un communiqué publié dimanche par MSF affirme que l'entité sioniste a suspendu l'enregistrement de l'organisation dans le cadre de ses nouvelles mesures pour les opérations à Ghaza et en Cisjordanie occupée. L'organisation a ajouté sur ses plateformes sociales que « lorsque les autorités israéliennes ont suspendu notre enregistrement, elles ont affirmé que si MSF quittait Ghaza, l'impact serait limité... ce qui est totalement faux », note Wafa.

« En tant qu'institution médicale humanitaire, nous traitons les patients, et une large frange de la population dépend de nous en l'absence d'alternatives, particulièrement dans notre travail au complexe Nasser », a-t-il expliqué Mohammad Abu Jasser, un responsable du centre de traitement des brûlures de MSF. Cette interdiction pourrait avoir, a-t-il ajouté, un impact très négatif, notamment sur l'acheminement de matériel médical et l'arrivée des missions soignantes étrangères.

MSF a également mis en garde contre « l'effondrement imminent » du système de santé à Ghaza, déjà dans une situation catastrophique en raison du blocage de l'entrée du « carburant, d'équipements médicaux et de médicaments, (et autres) aides médicales ».

Les églises d'Al-Qods dénoncent le sionisme chrétien

De hauts responsables chrétiens d'Al Qods ont mis en garde contre les ingérences extérieures qui menacent l'unité et l'avenir du christianisme en Terre sainte, pointant du doigt le « sionisme chrétien » et les acteurs politiques liés à Israël, a rapporté hier Al Jazeera English (AJE), citant un communiqué publié samedi par les patriarches et chefs des Églises de la ville. Dans leur communiqué, les responsables religieux chrétiens palestiniens pointent du doigt des activités récentes de certains individus locaux promouvant des « idéologies néfastes, telles que le sionisme chrétien », « induisent le public en erreur, sèment la confusion et nuisent à l'unité de notre communauté », ajoute la même source.

Ils mettent en garde contre ces efforts qui ont trouvé un soutien auprès de « certains acteurs politiques en Israël et ailleurs », les accusant de promouvoir un agenda susceptible de compromettre la présence chrétienne non seulement en Terre sainte, mais aussi dans tout le Moyen-Orient.

AJE rappelle qu'un « puissant courant du christianisme évangélique aux États-Unis continue d'influencer le soutien politique et financier apporté à Israël », ce qui suscite une inquiétude grandissante chez les responsables religieux de la ville d'Al-Qods.

Les patriarches ont également exprimé leur « profonde préoccupation » de l'accueil accordé à des personnes promouvant ces idées « au plus haut niveau, tant au niveau local qu'international », qualifiant ces actions d'« ingérence dans la vie interne des églises », et accusant des acteurs extérieurs de mépriser l'autorité et la responsabilité des dirigeants chrétiens historiques de la ville.