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Ségolène Royal réaffirme sa position: La France doit «s'excuser» pour les crimes coloniaux en Algérie

par A. Z.

Dans un contexte de réactions françaises divergentes à la suite de l'adoption par le Parlement algérien, fin décembre, d'une loi qualifiant la colonisation de « crime d'État » et réclamant des excuses officielles à la France, Ségolène Royal, la candidate à la présidentielle française de 2017, a pesé de sa voix influente sur le débat en remettant sur le tapis ses positions, clairement affichées par le passé sur ce dossier. Celle qui a toujours considéré que la France se devait de reconnaître ses crimes coloniaux en Algérie, estimant que la reconnaissance de ces crimes (torture, pillages, massacres) est une étape nécessaire pour apaiser les relations franco-algériennes et établir une mémoire commune, malgré les réticences politiques françaises face à l'opinion publique et l'histoire complexe, s'est exprimée, samedi dernier, sur l'épineux dossier de la mémoire qui empoisonne les relations franco-algériennes. Intervenant en tant que présidente de l'Association France-Algérie (AFA), soit un mois après avoir succédé à Arnaud Montebourg, à la tête de cette association, qui a tenu ses rencontres annuelles samedi 17 janvier à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), elle a assuré qu'elle « n'accepte pas le concept de rente mémorielle, parce que c'est une manière commode de délégitimer la parole des blessés de l'histoire ». Notons que le concept en question revient assez souvent dans les discours des leaders des partis de la droite et même des officiels. Traçant les grands axes de ses actions à la tête de l'AFA, une association qui veut à travers ces rencontres organisées samedi dernier « contribuer à la réflexion collective sur les conditions d'une coopération renouvelée et féconde, en mobilisant citoyens, responsables et acteurs engagés des deux rives de la Méditerranée », Ségolène Royal a affirmé qu'elle ferait tout ce qu'elle peut pour que l'on puisse avancer sur le difficile problème de la mémoire, qui est « un droit de reconnaissance de faits établis et documentés », a-t-elle soutenu. Ajoutant que « certaines blessures » et les « crimes de la colonisation » française en Algérie « n'ont pas été nommés totalement, ni réparés, ni excusés ». « Eh bien, ils doivent l'être par la France, comme l'ont fait d'autres pays », a-t-elle plaidé. Rappelons que Ségolène Royale reconnaît les difficultés politiques en France (peur de la polémique, poids de l'histoire) qui pèsent sur ce dossier, mais elle a toujours soutenu fermement que la reconnaissance de la responsabilité historique est primordiale et que la présentation des excuses formelles est indispensable pour tourner la page et construire une relation apaisée entre la France et l'Algérie.