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Ghaza: Des milliers d'enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë

par Mohamed Mehdi

Samedi, 51e jour du cessez-le-feu, Israël continue de violer unilatéralement l'accord de Charm Al-Cheikh, en poursuivant ses attaques meurtrières contre les civils de Ghaza et en ne respectant pas le volet des aides humanitaires préconisé par le « plan de paix », et ce en total accord avec l'administration Trump.

Le dernier rapport statistique du ministère de la Santé, publié hier, fait état de 2 martyrs, dont 1 nouvelle victime et 1 corps retiré des décombres, ainsi que 11 blessés, enregistrés lors des précédentes 48h (jeudi et vendredi).

Le nombre de victimes des attaques israéliennes, depuis l'accord de cessez-le-feu du 11 octobre 2025, passe à 354 martyrs et 906 blessés, ainsi que 606 corps exhumés des décombres des bâtiments bombardés. Le bilan global des victimes du génocide israélien à Ghaza passe à 70.100 martyrs, après l'ajout de 299 martyrs au décompte cumulatif, après confirmation des données par la commission spécialisée, ainsi que 170.983 blessés, précise le document.

L'entité sioniste continue de transgresser le cessez-le-feu à Ghaza. Hier, deux enfants sont tombés en martyrs sous des tirs israéliens dans la région de Bani Suheila, située à l'intérieur de la Ligne verte, à l'est de Khan Younes, ont indiqué des sources au complexe médical Nasser. L'armée israélienne a intensifié ses bombardements terrestres, maritimes et aériens depuis le début de la matinée de samedi sur différentes parties de la bande de Ghaza.

Cité par Al Jazeera, le correspondant de l'agence turque Anadolu a rapporté que les bombardements ont ciblé les zones orientales de la ville de Ghaza, de Beit Lahia, du camp de réfugiés d'al-Bureij, de ville de Rafah, ainsi que d'al-Qarara et de Bani Souheila, à l'est de Khan Younes. Des avions de combat israéliens ont mené une série de frappes aériennes sur les quartiers al-Shuja'iya, al-Tuffah, et al-Zaytoun dans la ville de Ghaza.

Le Hamas a affirmé que le meurtre délibéré de deux enfants par les forces israéliennes confirme la volonté de l'occupation sioniste à poursuivre sa guerre d'extermination et a appelé les médiateurs à prendre des mesures fermes pour mettre fin aux violations israéliennes.

Journée de solidarité avec la Palestine : Des appels à poursuivre la mobilisation

Des organisations palestiniennes pour la défense des prisonniers ont appelé, samedi, à l'occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, célébrée chaque année le 29 novembre, à des poursuites contre les responsables impliqués dans les crimes de guerre commis contre des détenus dans les prisons israéliennes.

Dans une déclaration conjointe, le Club des prisonniers palestiniens, la Commission des affaires des détenus et ex-détenus, et l'Association Addameer de soutien aux prisonniers et de défense des droits humains, ont adressé un message aux « peuples libres du monde » et à la communauté internationale à : « imposer un embargo global sur les armes à destination de l'occupation israélienne », « activer les mécanismes de compétence universelle pour enquêter et poursuivre les individus responsables de crimes de guerre et de violations commises contre des détenus palestiniens », de suspendre « toute coopération diplomatique, militaire et économique » avec Israël, et de « mettre en œuvre un boycott généralisé, des désinvestissements et des sanctions ciblées pour démanteler les systèmes d'oppression et promouvoir l'obligation de rendre des comptes».

De son côté, le Hamas a appelé, hier, à une «intensification de l'action populaire mondiale contre Israël et ses pratiques à l'encontre du peuple palestinien», rappelant que « la terre de Palestine, et en son cœur Al-Quds et la mosquée d'Al-Aqsa, était et restera une terre palestinienne».

UNICEF : La malnutrition persiste à Ghaza, menaçant la vie des enfants

Dans un rapport publié vendredi, l'UNICEF affirme que Ghaza enregistre encore des « niveaux élevés de malnutrition (qui) continuent de mettre en danger la vie et le bien-être des enfants », et que la situation est « aggravée par l'arrivée de l'hiver qui accélère la propagation des maladies et accroît le risque de décès chez les plus vulnérables ». « Les dépistages nutritionnels menés par l'UNICEF et ses partenaires ont permis d'identifier près de 9300 enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition aiguë en octobre, contre 11.746 en septembre et 14.363 en août », affirme l'organisation onusienne. Le rapport explique que « bien que cette tendance à la baisse témoigne de progrès dans le traitement et la prévention de la malnutrition aiguë chez les enfants de Ghaza », il a été enregistrée en octobre « l'un des taux d'admission mensuels les plus élevés jamais observés, soit près de cinq fois plus qu'en février 2025, lors du précédent cessez-le-feu ». « Malgré les progrès réalisés, des milliers d'enfants de moins de cinq ans souffrent encore de malnutrition aiguë à Ghaza, et beaucoup d'autres n'ont ni abri, ni installations sanitaires adéquates, ni protection contre le froid », a déclaré Catherine Russell, directrice générale de l'UNICEF. « Trop d'enfants à Ghaza souffrent encore de la faim, de la maladie et du froid, des conditions qui mettent leur vie en danger. Chaque minute compte pour les protéger », a-t-elle ajouté. L'organisation note également que si « l'acheminement de denrées alimentaires à Ghaza s'est intensifié, ces dernières semaines, entraînant une baisse des prix et un meilleur accès à l'alimentation pour les familles », il reste que « de nombreux produits essentiels, notamment les aliments d'origine animale, restent indisponibles ou inabordables pour la plupart des habitants ». « Une enquête menée par l'UNICEF auprès des familles en octobre a révélé que deux enfants sur trois de moins de 5 ans avaient consommé deux groupes alimentaires, voire moins, sur les huit recommandés la semaine précédente, principalement des céréales, du pain ou de la farine », ajoute le document. L'UNICEF exhorte « toutes les parties » à « ouvrir simultanément tous les points de passage vers la bande de Ghaza, en simplifiant et en accélérant les procédures de dédouanement et en accordant une priorité claire à l'entrée des fournitures humanitaires » et de « permettre à l'aide humanitaire d'emprunter toutes les voies d'acheminement possibles, y compris via l'Égypte, Israël, la Jordanie et la Cisjordanie ».