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Le secret stratégique

par Saâdeddine Kouidri

Si on réduit la politique à l'économisme, on peut effectivement, affirmer qu'ils se confondent mais que dire alors à Brahim Ghali, le président de la RASD quand, à Boumerdès, ce samedi 4 août, il revendique le respect des décisions du Conseil de Justice de l'Union européenne pour préserver les ressources naturelles de son pays et affirme que « tout accord qui sera signé avec le Maroc concernant l'exploitation de nos ressources sera considéré comme nul » Sa demande s'adresse, obligatoirement, au Politique. Combien de résolutions de l'ONU, condamnant Israël, sont restées lettres mortes à cause du veto étasunien et leurs acolytes français, anglais… Le veto est un acte, éminemment, politique ou, dirait l'autre, l'acte politique par excellence. Les Occidentaux ne respectent pas leurs engagements n'est que la vérité de La Palisse. Trump ne fait que dévoiler, au grand jour, cette pratique car ce vendeur de sommeil est adossé au milieu financier et non pas à celui de la production. Le capital financier ne produit pas tout en ayant cette caractéristique d'enrichir plus vite les plus riches et d'appauvrir plus les plus pauvres tout en détruisant leur environnement d'une façon irréversible, mais pas seulement.

On entame la période post-occidental qui se caractérise par moins de liberté au nom de la lutte antiterroriste, au moment où surgissent ces nouveaux acteurs, à l'instar de Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, des industrielles du numériques qui s'imposent comme de nouvelles puissances économiques et financières et qui sont d'abord des réseaux sociaux de masses. On a, aussi, entamé ce millénaire avec un groupe de pays, créé en 2006, qui a comme acronyme les BRICS et qui désigne les cinq pays : le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud qui envisagent de mettre en place, pour la première fois, un Forum des services de renseignements.

Cet autre signe d'une évolution historique qui aura comme première conséquence la neutralisation des va-t-en guerre des armées française et états-unienne. En même temps nous constatons que leurs armées se sont enferrées là où ils se sont engagées à convoiter de nouvelles ressources naturelles et des carrefours stratégiques de pays étrangers, au nom de la « civilisation », un autre hiéroglyphe ! La France en Afrique, quant à l'OTAN, elle vient de perdre trois de ses soldats, ce dimanche 05.08.18, en Afghanistan. Puisque l'impérialisme ne gagne plus la guerre, il va, donc, logiquement se tenir à carreau, du moins sur ce terrain. Sans ce nouveau monde, annoncé par un début de neutralisation des armées impérialistes, l'existence de l'Internet et des BRICS …. la politique en cours, pour une bonne partie des populations du Sud, ressemble à celle du temps des hiéroglyphes c'est-à-dire au temps des pharaons quand leurs prêtres, pour pouvoir exploiter les agriculteurs, gardaient un secret. Ils faisaient croire qu'ils avaient un pouvoir surnaturel qui leur permettait de connaître le moment de la crue du Nil et protéger les paysans et leurs cultures, par contre faire tomber la malédiction sur eux quand leur anticipation sur le climat s'avérait fausse. Il n'était, surtout pas, question de laisser croire à la population que c'est par l'observation et la longue expérience transmise, de génération en génération, qu'il était permis de prévoir les saisons agricoles et les crues du Nil, mais grâce à leur pouvoir surnaturel que détenait la Caste sacerdotale. Le secret est la première arme du pouvoir politique. De celui des dieux et des féodalités qui ont permis un règne de plusieurs milliers d'années, nous sommes passés au secret du capitalisme qui est la plus-value, découverte pour la première fois, par Karl Marx, dont la source est le travailleur que le bourgeois s'approprie gratuitement. La plus-value qui va, donc, enrichir le bourgeois, est la loi économique fondamentale du capitalisme que Karl Marx dont nous fêtons, cette année, le deux centièmes anniversaires fera la critique, dans son œuvre ‘Le Capital'.

Le capitalisme va, donc, produire grâce au travail de l'ouvrier, de la marchandise sans discontinuité jusqu'à l'épuisement des matières premières tout en octroyant un salaire minimum qui puisse entretenir le renouvellement de la force de travail, à l'individu. L'accumulation de la marchandise semblerait comme son talon d'Achille. Pour y palier, il va se servir de mille et un subterfuges pour vendre aux gens jusqu'aux produits inutiles, du surplus, tout en tentant de baisser le salaire de l'ouvrier, dans les pays industriels, après l'avoir augmenté sous la pression des ouvriers et des syndicats… Quand on parle de marchandise, on a souvent tendance à ne pas prendre en compte le côté humain qu'elle recèle. Elles sont toutes de nature exportables et sont régies par la loi du marché sauf l'une d'entre elle : le travail.

Pourquoi l'Occident, refuse-t-il l'accostage du bateau l'Aquarius, mettant en danger les passagers ? L'Europe a besoin de main-d'œuvre mais elle ne veut pas l'accueillir dans le cadre de la loi. L'Occident opte hypocritement pour le travail au noir pour les émigrés et ne veut, donc, pas embaucher les Africains, en appliquant la loi du travail et les salaires en vigueur. Les millions de tonnes de marchandises d'Afrique arrivent, librement, en Europe mais pas le jeune travailleur. Comme on le voit, l'économie de marché exclut le travailleur mais pas le produit qu'il fabrique! Il est abandonné aux mains des flibustiers qui eux vont exploité le rescapé du naufrage comme une main-d'œuvre bon marché, dans le noir. Quant au Bureau international du Travail, lui, il ne voit pas dans le noir ou alors quand il aperçoit l'émigré, dans son rivage, il se dit dans son fort intérieur qu'il n'est là que jeté par la mer!

Le processus du système capitalisme, dont le moteur carbure à l'intérêt, est la concurrence perlée de crises qui met à mal la loi et qui profite aux aventuriers, ces futurs bourgeois. Il est urgent, par exemple, de parler de cette magie qui permet la construction d'une mosquée de plusieurs milliard de dollars ou le changement des livres d'exégèse, dans des mosquées ordonné par un haut fonctionnaire dont parle Adda Fellahi l'ex-conseiller du ministre Mohamed Aissa et de laisser des populations, de plus d'un quartier de ville, comme le quartier Les Palmiers à Blida et des villages sans eau plusieurs journées et parfois plus d'une semaine, sachant qu'il n'y a pas de pénurie d'eau dans les barrages et dans les nappes. Que dire de cet appel de l'hôpital ‘Meriem Bouatoura' de Batna, contraint, ce 31 juillet, de faire appel à la population pour l'aider au forage d'un puits!

Oui comment comprendre l'arrestation et l'emprisonnement, sans jugement, de citoyens qui appellent à la solidarité et permettre à des imams de gueuler leur minbar des discours de haine ? Ces aberrations ne sont pas dénoncées en masse non pas parce que la population est corrompue, n'est-ce pas M. Ghozali ? mais parce qu'elle est dans sa majorité enserrée dans les difficultés de la vie quotidienne à ne pas en finir et engloutie par une culture obscurantiste qui tente de l'aliéner depuis la nuit des temps. L'obscurantisme n'échappe pas à nos universités où le rationnel et particulièrement l'évolutionnisme restent bannis, laissant place au fondamentalisme (créationnisme) qui fait écho aux salafistes des mosquées et des partis politiques qui ont, comme objectif, l'application de la Chariâa.

Chez nous et chez tous les pays arabes l'hiéroglyphe actuel, est cet article de la Constitution qui affirme que l'Islam est religion de l'Etat. Pour faire mieux que les pays de la région Israël devient un Etat juif dans le but de discriminer les arabes israéliens et leur langue, à l'instar de l'Arabie Saoudite qui elle, discrimine tout étranger. Ce monde paré du religieux ne peut être que discriminatoire. Il a comme rôle la démobilisation des peuples pour le renforcement de la privatisation des pouvoirs. Leur monde, comme toujours, ne cessera jamais de porter préjudice, à la vie, tant qu'il n'est pas vaincu définitivement. Pour le vaincre il faut continuer à le mettre à nu. Cela consiste, entre autres, à séparer la politique de la religion.