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Intérêts et naïveté

par Abdou BENABBOU

Faudrait-il maudire et tourner le dos à tous les sacro-saints principes qui ruinent les intérêts d'une nation ? Lourde question que voici dans l'entremêlée des préoccupations du moment où les soucis sont orientés vers une déshumanisation qui ne se cache plus et où le gain immédiat repose sur un individualisme des Etats des plus forts. En tous les cas, le comportement des monarchies du Golfe y invite avec insistance parce qu'elles ne ratent pas une seule opportunité pour renforcer leur veulerie et peu leur importent le droit et la raison même si la honte bue est flagrante.

En soutenant sans ambages la démarche forcenée marocaine entre autres, peu leur importe aussi de préparer la désintégration d'une large partie du monde sans qu'elles ne se rendent compte qu'elle les effacera elles aussi.

Pourtant, la clarté des grandes manœuvres a une insolence tapageuse. Elles signalent sans fausses apparences un remodelage des Etats qui enterrera les nouveaux pharaons et si d'aventure l'œuvre destructrice des royaumes s'arrêtait à mi-chemin, les peuples l'achèveront.

Pour elles, la préservation et la pérennité du trône n'a pas de prix, même s'il faut s'enduire la face avec des urées choisies, l'essentiel est de s'accommoder en permanence avec l'hypocrisie des éloges de ceux qui disposent de la force.

L'Algérie a beaucoup perdu dans ce labyrinthe des contestables et déshonorantes manœuvres dont la fausseté de la fraternité est toujours prouvée. Sa ténacité pour les causes justes et sa droiture toujours renouvelée ont été souvent maintenues au détriment de ses propres enfants et elle a parfois reçu en retour de très désagréables reconnaissances.

Les grands principes ont pris aujourd'hui toutes les colorations de la naïveté. Au nom des grands principes de solidarité et des fraternités, les Algériens ont toujours veillé aux intérêts des autres avant de s'attacher aux leurs. Ils ont toujours préservé leur attachement à l'esprit d'humanisme qui malheureusement les a soumis à recevoir parfois des coups de couteau dans le dos. Hier contre le terrorisme et aujourd'hui avec la guerroyade au Sahara occidental, ils se rendent encore une fois compte que les intérêts n'ont de sens que la légèreté des mots.