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Algérie-Espagne: Un mémorandum pour sceller un rapprochement stratégique

par A. Z.

La signature jeudi, à Madrid, d'un mémorandum d'entente entre le Conseil du renouveau économique algérien (CREA) et la Confédération espagnole des organisations patronales (CEOE) s'inscrit dans un contexte marqué par l'accélération de la coopération algéro-espagnole. Il s'agit d'un mémorandum qui scelle le rapprochement stratégique entre les deux pays en ciblant le renforcement économique via un partenariat entre deux grandes organisations patronales, le CREA et la CEOE. Le mémorandum d'entente vise à renforcer les relations économiques entre les deux pays et à concrétiser une orientation stratégique vers la structuration de projets industriels communs, a indiqué un communiqué du Conseil. Précisant que ce mémorandum «établit un cadre de coopération pratique visant à intensifier les échanges commerciaux, à stimuler les investissements mutuels et à accompagner les entreprises des deux pays à identifier et à développer des opportunités d'affaires dans des secteurs à forte valeur ajoutée».

Les deux parties ont également convenu de «lancer l'élaboration d'une feuille de route exécutive, fondée sur l'identification des secteurs prioritaires et la constitution de groupes de travail spécialisés, afin d'assurer le développement de projets de coopération concrets à court et moyen terme», relève la même source. Dans une logique d'intégration industrielle et de renforcement du lien productif entre les deux parties, le CREA a présenté à l'occasion une approche de production conjointe fondée sur la valeur ajoutée et le développement en Algérie des premières étapes de transformation, notamment les activités à forte consommation énergétique, de manière à compléter les capacités industrielles espagnoles dans les étapes ultérieures de la production, dans le but d'attirer des investissements d'entreprises espagnoles dans ces domaines en Algérie sans transférer leurs bases de production.

L'Espagne invitée d'honneur de la Foire internationale d'Alger

«A travers cette initiative, nous concrétisons une vision claire consistant à bâtir des partenariats industriels durables, générateurs de valeur ajoutée et d'emplois en Algérie, fondés sur la coopération entre les deux rives de la Méditerranée», a déclaré le président du Conseil, Kamel Moula, soulignant que «cette dynamique permettra de renforcer la compétitivité de nos entreprises, tant algériennes qu'espagnoles, et d'accélérer la diversification des échanges hors hydrocarbures, tout en offrant des opportunités d'investissement de qualité aux acteurs espagnols selon une approche fondée sur la complémentarité et le développement commun».

De son côté, le président de la CEOE, M. Antonio Garamendi, a affirmé que cette rencontre, la première du genre entre les deux organisations, «constitue une étape charnière dans le parcours des relations économiques entre l'Espagne et l'Algérie, et reflète la volonté commune de renforcer la coopération et d'intensifier les échanges entre nos deux pays». Il a également exprimé l'espoir de voir ce processus marquer «un point de départ pour un partenariat solide, permettant d'identifier des opportunités concrètes qui contribuent à améliorer la compétitivité de nos entreprises», notant par là même l'existence d'»importantes potentialités pour poursuivre la diversification et l'approfondissement des relations d'affaires entre les deux parties». Dans le cadre de cette dynamique, l'Espagne sera l'invitée d'honneur de la Foire internationale d'Alger (FIA) prévue en juin prochain, avec une large participation des entreprises espagnoles, conclut la même source.

Rappelons qu'après une brouille diplomatique de quatre ans, qui a eu des répercussions négatives sur la coopération économique et commerciale, l'Algérie et l'Espagne ont acté ces derniers temps un rapprochement dans les relations bilatérales, consolidé par la visite officielle du ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Alvarez, à Alger, le 26 mars dernier. Il y a également la relance officielle par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, du Traité d'amitié, de bon voisinage et de coopération, signé en octobre 2002, qui constitue « un signal fort » du retour à la normale dans les relations bilatérales. Dans ce sens, les statistiques parlent d'elles-mêmes, dont ce volume des échanges qui a atteint plus de 10 milliards de dollars début 2026.