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La ministre du Commerce intérieur et de
la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, a présidé une réunion de
travail avec les représentants des mandataires-grossistes en fruits et légumes
opérant au sein des neuf marchés de gros relevant de la société Magros.
Cette rencontre, consacrée à l'examen des préoccupations des professionnels de la filière, a également porté sur les moyens d'améliorer l'organisation de l'activité et de garantir un approvisionnement régulier des marchés, selon un communiqué rendu public jeudi dernier par le ministère. Tenue mercredi dernier, la réunion s'est déroulée en présence de cadres du ministère, du directeur général de Magros ainsi que du secrétaire général de l'Union générale des commerçants et artisans algériens, Issam Bedrissi. S'inscrivant dans le cadre de l'approche participative adoptée par le ministère, cette rencontre a permis d'écouter les différentes préoccupations soulevées par les mandataires-grossistes affiliés à l'UGCAA et de discuter des mécanismes susceptibles d'améliorer l'organisation de l'activité commerciale. Dans ce cadre, la ministre a insisté sur la nécessité de poursuivre les travaux à travers des ateliers sectoriels dès la semaine prochaine, notamment pour les filières prioritaires. Ces rencontres devront associer l'ensemble des acteurs concernés afin de formuler des propositions concrètes visant à renforcer l'organisation du marché et à améliorer la performance de l'activité commerciale. Des dysfonctionnements persistants En dépit de la réglementation en vigueur ainsi que les multiples rappels à l'ordre des pouvoirs publics, le commerce des fruits et légumes continue d'enregistrer des dysfonctionnements. Parmi les principales difficultés figurent la multiplication des intermédiaires, des circuits de distribution peu modernisés et des pratiques spéculatives, entraînant une forte volatilité des prix. À cela s'ajoutent d'autres problématiques telles que l'entreposage parfois aléatoire des marchandises, l'écart important entre les prix de gros et ceux pratiqués au détail, ainsi que le non-respect de l'affichage des prix et des règles d'hygiène. Le manque de transparence entre les marchés de gros et les détaillants favorise également l'intervention de nombreux intermédiaires, contribuant à une augmentation injustifiée des prix. Les autorités ont récemment rappelé l'interdiction de vendre des fruits et légumes encore couverts de terre ou de feuilles, précisant que tout produit commercialisé en violation de cette règle sera sanctionné. Toutefois, certains observateurs estiment que l'application de cette mesure nécessite au préalable la mise en place de marchés de sélection permettant de déterminer le calibre, la maturité et les variétés des produits, ainsi que leur étiquetage avec l'identification du producteur afin d'assurer une véritable traçabilité. Des appels pour une régulation plus moderne Contacté par nos soins, Hacène Menouar, président l'association de protection du consommateur El Aman, estime que seule une régulation efficace du marché peut garantir la disponibilité des produits, la maîtrise des prix et la qualité sanitaire. Pour atteindre cet objectif, il préconise l'adoption d'une approche scientifique reposant sur la numérisation et l'utilisation des technologies modernes afin d'assurer la traçabilité et la transparence. Il recommande également de revoir le rôle des organisations professionnelles, qui ne devrait pas se limiter à l'écoulement de la marchandise, ainsi que le fonctionnement de certains offices spécialisés, notamment ceux liés à la pomme de terre ou à la tomate, dont l'impact reste, selon lui, limité sur le marché et sur l'économie nationale. Selon M. Menouar, l'Algérie gagnerait à s'inspirer des systèmes de gestion adoptés dans les pays développés, basés sur des plateformes stratégiques reliant directement les producteurs aux espaces de vente, tels que les supermarchés, les marchés de proximité et les supérettes. Une telle organisation permettrait de réduire le nombre d'intermédiaires et de favoriser une meilleure transparence des prix. Enfin, il souligne que le respect de la réglementation repose avant tout sur un contrôle permanent, mais également sur le sens des responsabilités de l'ensemble des acteurs, qu'il s'agisse des grossistes, des détaillants ou des consommateurs. À titre d'exemple, il rappelle que l'obligation d'affichage des prix existe déjà, mais continue de nécessiter des rappels réguliers de la part des autorités, preuve que la régulation du marché demeure un chantier encore à consolider. |
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