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«Equip Auto Algérie 2026»: 40 fabricants locaux dynamisent la sous-traitance automobile

par M. Aziza

La sous-traitance locale dans l'industrie automobile algérienne connaît une dynamique remarquable, portée par l'essor de nouveaux fabricants, l'amélioration des standards de qualité et l'intérêt croissant des grands constructeurs pour les partenaires nationaux.

Cette évolution s'illustre pleinement lors de la 19e édition du Salon « Equip Auto Algérie 2026 », qui célèbre cette année ses 20 ans d'existence et met en lumière la progression notable de la participation nationale, tant sur les plans qualitatif que quantitatif, avec 40 fabricants algériens spécialisés dans la pièce de rechange et la maintenance.

Une évolution remarquable par rapport à l'édition précédente, où seuls 29 producteurs locaux, spécialisés dans la fabrication d'huiles moteur, de pneumatiques, de plaquettes de frein, de batteries, de pièces de liaison au sol et d'autres accessoires, avaient pris part à l'édition 2025.

Dans cette dynamique, les autorités ont récemment annoncé la création d'un réseau national regroupant les producteurs locaux de pièces de rechange automobiles, visant à structurer la sous-traitance industrielle, renforcer l'intégration locale et accélérer la montée en puissance de l'industrie automobile nationale, notamment à travers l'élaboration prochaine d'un référentiel national d'intégration.

Organisée du 30 mars au 2 avril au Palais des expositions des Pins Maritimes, cette édition confirme, avec un degré supplémentaire, la montée en puissance de la maintenance locale dans la filière automobile nationale, avec également une participation record de plus de 500 marques issues de 11 pays.

Le directeur du Salon, Nabil Bey Boumezrag, a souligné que cette édition est « la plus importante depuis la création de l'événement », mettant en avant l'intérêt croissant de marques internationales à la recherche de partenaires fiables pour lancer des projets de production en Algérie, ainsi qu'un afflux de visiteurs venus d'Europe, d'Inde, de Turquie et de Chine.

Vers un écosystème industriel basé sur la sous-traitance locale

Considéré comme le plus grand Salon africain dédié à la pièce de rechange, l'événement témoigne d'une « amorce réelle » de la production locale et d'un positionnement de plus en plus technique du secteur, marqué notamment par l'émergence d'acteurs intervenant en première ligne, a indiqué le même responsable.

Partenaire de l'événement, Hervé Daigueperce a évoqué une véritable transformation du secteur automobile en Algérie, portée par les transferts de technologie, la professionnalisation et le développement du savoir-faire local, soulignant également les premiers signes de relance de l'industrie nationale.

De son côté, le directeur général de Stellantis Algérie, Salim Ramdani, a souligné « une dynamique en nette progression », axée sur la création d'un écosystème industriel durable reposant sur des sous-traitants locaux. Il a indiqué que l'usine d'Oran enregistre le taux de croissance le plus élevé au sein du groupe, avec un passage au CKD prévu cette année, notamment pour le modèle Fiat Panda.

Selon lui, 26 partenaires en sous-traitance ont déjà été sélectionnés, dont 13 pour l'assemblage et 13 pour l'après-vente, couvrant des segments variés tels que les sièges, faisceaux, roues, pièces plastiques et plaquettes de frein. Le taux d'intégration locale, actuellement de 20%, devrait atteindre 30% d'ici la fin de l'année.

Il convient de rappeler, dans ce sens, que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que tout constructeur souhaitant opérer en Algérie doit atteindre un taux d'intégration locale d'au moins 40 %.

M. Ramdani a insisté sur le choix stratégique de recourir à des sous-traitants locaux, motivé par la maîtrise des coûts logistiques, la durabilité et la fiabilité, soulignant que « ce n'est pas une contrainte mais une conviction ». Il a également relevé l'amélioration notable des standards de production chez les partenaires algériens, notamment en matière de certification et de qualité.

Dans ce sillage, plusieurs initiatives d'accompagnement et de structuration de la filière ont été mises en avant, dont la plateforme développée par l'Agence nationale d'appui et de développement de l'entrepreneuriat pour faciliter la mise en relation entre industriels et sous-traitants, ainsi que les efforts visant à réduire les délais d'homologation en s'appuyant sur des organismes locaux.

Le Salon se poursuit jusqu'à jeudi sous le thème « Made in Algeria », illustrant la volonté croissante de développer une industrie automobile nationale reposant sur une sous-traitance locale.