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La guerre est
dans la compétition et la compétition est dans la guerre. Le civil est dans le
militaire et le militaire est dans le civil. La puissance militaire ne peut
s'écarter durablement de la compétitivité sociale. L'une doit rejoindre
l'autre. La puissance militaire rejoint la compétitivité sociale en croissance
ou en décroissance. Le cours des choses transforme violemment ou insensiblement
les relations d'asymétrie. Il peut s'ensuivre, une guerre entre puissances,
pour rétablir des relations d'asymétrie qui établies par une précédente guerre
sont transformées par la compétition. La puissance militaire refusant de
rejoindre la compétitivité sociale en décroissance autrement que par la destruction
des moyens de la compétitivité adverse.
Une guerre climatique est désormais dans la compétition mondiale. La relation d'asymétrie entre la nature et la société est en train de s'inverser. Le progrès que l'on avait conçu sans la nature, et même contre cette dernière, doit désormais être repensé comme un moment d'un monde en guerre climatique[1]. Dans cette guerre climatique, la compétition mondiale peut aggraver le processus de concentration des ressources. Pour un nombre croissant de sociétés, le futur déjà présent, risque de rejoindre un passé que l'on croyait révolu. La guerre, la compétition et la différenciation sociale Dans les sociétés qui se sont dotées d'une classe guerrière séparée du reste de la société, qui se sont construites sur la différenciation sociale fondamentale entre guerriers et paysans, la compétition dans la guerre a abouti à produire l'ordre westphalien. De l'Empire chrétien et ses guerres de religion, on est passé aux empires coloniaux. La compétition pour la monopolisation de la violence est passée de l'échelle européenne à l'échelle mondiale. La guerre définissant les règles et les champs de la compétition. La guerre dans la compétition reste en retrait de cette dernière, elle peut s'inverser en compétition dans la guerre et se porter en avant de la compétition. Dans l'ordre westphalien, la guerre définit les relations d'asymétrie dans laquelle se déroulent la compétition, les champs et les modalités de la compétition. Le monopole de la violence fait respecter le droit établi par la force. La compétition n'en dispute pas moins la définition de ses champs et de ses règles. La compétition peut modifier les relations d'asymétrie, les compétiteurs mobilisant des ressources que la compétition découvre et dont la variation conduit à cette modification. Elle modifie alors insensiblement les relations d'asymétrie, les champs de la compétition et l'usage de ses règles, à l'image d'une transformation consentie de l'économie non marchande en économie marchande. Les compétiteurs peuvent accompagner ou résister à la modification des relations d'asymétrie. Quand les compétiteurs qui menaient la compétition perdent leur position, quand ils refusent de s'adapter à la transformation du rapport de forces, la guerre peut reprendre le devant de la compétition. Les anciens tenants de la force refusent de poursuivre la compétition dans les nouvelles conditions. Il en est ainsi dans de nombreuses régions dont l'Europe qui refuse la nouvelle compétition européenne incluant la Russie, des USA qui refusent la nouvelle compétition mondiale incluant la Chine et les pays émergents. La guerre se mêle alors à la compétition, elle détruit des marchés et des capacités. Les sociétés qui n'ont pas subi la différenciation de classes entre guerriers et paysans, qui ne disposent pas d'une classe guerrière, n'en sont pas moins des sociétés guerrières. Les champs de la compétition sont moins différenciés et le rapport de forces n'est pas absent de la compétition. Stabilisé, il règle la compétition, déstabilisé, il dérègle la compétition et oppose des sociétés plutôt que des classes. On serait alors comme dans le cadre de guerres civiles plutôt que dans celui de guerres opposant des armées. La guerre ne vise à exclure de la compétition que quand elle ne peut pas soumettre à la compétition qu'elle veut imposer, elle produit alors de la guerre civile. La compétition intérieure se dégrade en guerre civile. Les sociétés vaincues par la guerre qui ne peuvent se soumettre à la compétition qu'organise le vainqueur entrent en guerres civiles parce qu'elles n'ont pas pu séparer leur défaite militaire de leur défaite en tant que corps social. À la fin de la guerre, elles ne retrouvent pas leur cohésion, elles se dispersent et se disputent les ressources. Alors que dans la société de classes et son droit de la guerre, la différenciation du civil et du militaire qui a permis de les séparer dans la défaite, dans sa reprise, peut restaurer leur unité. Le militaire peut à nouveau éclore dans le civil et se développer s'il en a l'occasion. Dans les sociétés sans classes, la défaite militaire ne s'obtient qu'avec la défaite de la société, défaite qui se prolonge souvent après la guerre dans une guerre civile avant qu'elle ne puisse se reconstituer comme société. Il est pratiquement impossible que la société sans classes qui peut être comme civile tout entière à un moment et comme tout entière militaire à un autre puisse restaurer son unité sans refonder sa différenciation sociale. Une mention particulière pour la Chine. La différenciation sociale fondamentale en Chine n'a pas opposé guerriers et paysans comme en Occident, elle a produit une structure plus complexe. Cette structure est le résultat d'une histoire particulière qui a opposé une forte société sédentaire, agricole et urbaine, à des sociétés guerrières de pasteurs desquelles elle a triomphé. Dans la compétition sociale, la connivence du lettré et du paysan l'a emporté sur la connivence du guerrier et du marchand. La féodalité n'a pas mis fin à l'Empire. Les Chinois ont tenu à l'Empire et l'Empire chinois a triomphé du marchand et du guerrier : le marché chinois étant comme trop grand pour eux. Alors que l'Europe avec ses guerres de religion mettait fin à l'Empire chrétien et portait son désir d'impérialité dans le monde par ses classes guerrière et marchande, la Chine a protégé l'Empire, en protégeant la compétition sociale de la compétition marchande et guerrière. On connait la suite, l'Europe s'engagea dans la voie de la révolution industrielle et des empires coloniaux et la Chine en fut une de ses victimes. Le marchand et le guerrier triomphèrent du lettré et du paysan et de leurs habitudes. Mais les victimes apprirent vite de l'agresseur ce qui faisait sa force et les Empires coloniaux connurent la même fin que le Saint Empire, ils se défirent par la guerre. La Chine actualisa sa formule structurelle et fit une plus grande place au marchand et au militaire. L'Empire chinois qui n'avait eu pour constant souci que de se protéger des seigneurs de la guerre pour assurer sa pérennité et sa prospérité a fait de sa faiblesse une force. Le travail a fait du commerce, de son marché dans le marché mondial, sa force. Guerre et compétition : identité et différence ... Avec les guerres mondiales et coloniales, la guerre précède la compétition, elle a fixé les champs et les règles de la compétition économique mondiale que les vainqueurs font respecter. Ainsi dans l'ordre westphalien, la monopolisation de la violence ordonne les compétitions. Les vaincus déposent les armes, ils ne disputent plus le monde que de la manière dont ils sont autorisés. La loi procède de la force, la loi fait respecter la force. La guerre dans la compétition européenne étant écartée de l'Europe, elle se mène hors d'Europe (empires coloniaux). Mais la guerre peut succéder à la compétition, la guerre dans la compétition hors d'Europe reconduira à une compétition dans la guerre en Europe (guerres mondiales), la force cessant d'être monopolisée, la monopolisation de la force étant remise en jeu. La dissociation de la guerre et de la compétition, sont à l'image de la dissociation de la guerre et de la paix, de la vie et de la mort ; leur différenciation et dissociation peut faire oublier leur identité ou indifférenciation fondamentale à laquelle elles ne peuvent s'empêcher de retourner. La capacité à se différencier et à s'indifférencier, à s'adapter à la compétition et à la guerre, mesure la cohésion et la compétitivité/combattivité d'une société. La crise de l'hégémonie occidentale met fin à la dissociation des deux temps, la guerre reprend le devant de la compétition dans l'ordre westphalien pour établir ses nouvelles conditions, ses champs et ses règles. ... production et consommation En théorie économique, l'objectif du marché est de réguler la production et la consommation, leurs échanges. Et par la production et la consommation peut se faire la guerre dans la compétition, car par la séparation de la production et de la consommation se fait la guerre, se défait une société. L'identité de la production et de la consommation fait la société. Le consommateur ne peut pas être séparé du producteur. Séparé du producteur local, il ne l'est pas d'un producteur mondial. Séparé d'un producteur mondial, sa consommation doit retrouver une identité avec une production. La défense du consommateur local ne peut être durablement assurée que par la production du producteur local. Le consommateur local d'un producteur mondial ne peut faire de lui-même société. Nous voulons des usines et des emplois, mais nous achetons 80 % de nos besoins au monde. Nous voulons acheter beaucoup avec peu, vendre peu et acheter beaucoup. La possession d'une marchandise précieuse le permet. L'énergie est plus précieuse que le travail ordinaire, mais parce que plus précieuse pour une consommation productive que pour le producteur. Elle est aujourd'hui pour ces producteurs consommateurs qui ne peuvent plus la disputer avec leurs marchandises, au centre de la guerre. La surproduction industrielle occidentale dans le passé, celle qui est reprochée à l'Asie aujourd'hui, est une guerre contre les autres productions mondiales, puisqu'elle conduit à une destruction de ces autres productions. Mais la surproduction occidentale à la différence de la surproduction asiatique s'est ouvert les marchés mondiaux par une diplomatie de la canonnière. Il résulte de ces surproductions qu'ici l'on produit plus que l'on consomme : on accumule, là on consomme plus que l'on produit : on dissipe ; ici une production (locale) s'associe une consommation (mondiale et locale), là une production (mondiale) sépare une consommation (locale) d'une production (locale). La guerre est dans la compétition économique, la compétition est guerre économique, car elle distribue la production mondiale, les conditions de la production mondiale, et définit les champs et les règles de la compétition. Elle distribue les droits de vie et de mort sur la production matérielle. Les dichotomies entre guerre et paix, compétition et guerre masquent leur interpénétration, évacuent leur identité, leurs processus de différenciation et de transformation de l'une dans l'autre. La pratique et la pensée des sociétés de l'Asie orientale ne sont pas victimes de telles dichotomies, elles savent l'identité des contraires, leur différenciation et leur transformation réciproque constante. Pour elles, il ne suffit pas d'être compétitif militairement, il faut l'être du point de vue de l'accumulation culturelle, le civil doit être dans le militaire toujours en mesure de l'entraîner. Pour se protéger d'une guerre que l'on n'a pas désirée, il ne faut pas seulement se protéger de ses effets destructeurs, il faut l'avoir gagné avant qu'elle ne se soit déclenchée. Gagner une bataille n'est pas gagner une guerre. Gagner une guerre (locale) n'est pas gagné une compétition plus large. Car ce qui compte c'est l'accumulation culturelle sur laquelle repose et évolue la différenciation sociale selon les circonstances et dont résulte une compétitivité sociale et économique. La destruction du militaire n'est pas destruction du civil d'où peut renaître le militaire[2]. En ignorant la transformation de la guerre dans la compétition en compétition dans la guerre, et inversement, l'initiateur de la guerre ne sait pas que s'il a gagné une bataille, il a perdu la compétition avant d'engager la guerre. Pour les sociétés de l'Asie orientale, il n'y a pas donc discontinuité entre guerre et paix, il n'y a pas discontinuité historique entre la période coloniale et celle postcoloniale, la guerre se poursuit tantôt par des moyens militaires tantôt par des moyens non militaires. De la compétition dans la guerre (guerres d'indépendance politique), elle se transforme en guerre dans la compétition pour contester les champs et les règles de la compétition établis par les guerres coloniales (luttes contre l'hégémonie occidentale). Guerre dans la compétition d'où sortira la guerre, mais du côté vaincue par la compétition pour redéfinir ses conditions. C'est que la puissance en général n'est plus au cœur de la puissance militaire, que celle-ci pressentant le décentrement de la puissance veut l'en empêcher. Guerres des prix, des coûts et de l'innovation L'économie avec l'importance prise par la production mondiale est un grand champ de bataille. On admet que les marchés sont les lieux de guerres des prix et de l'innovation. Ces guerres ne sont pas indépendantes l'une de l'autre en général. Elles visent à triompher de la compétition quand ce n'est pas de la tuer, autrement dit d'exclure de la compétition. Ces guerres opposent entreprises et sociétés. Une grande entreprise soucieuse de son pouvoir de marché peut renoncer à des profits temporaires pour mettre en faillite une ou des entreprises concurrentes fragiles ou innovantes quand elle ne peut ou ne veut pas l'acheter. Pour s'accaparer un pouvoir de marché mondial, elle peut être autorisée à tuer la concurrence qu'elle ne peut administrer sur le marché qu'elle domine. Une entreprise ne peut administrer la compétition d'autres entreprises si elle ne bénéficie pas de la complicité ou de la faiblesse de l'État. Si elle peut bénéficier de la complicité de l'État pour administrer la compétition d'une multitude d'entreprises à son service, nul besoin de détruire la concurrence, mais juste celui d'administrer la «destruction créatrice ». Mais ce n'est plus alors vraiment une entreprise qui administre la compétition, mais un État qui incite à la formation d'un écosystème dans la perspective de ses objectifs stratégiques. Ce n'est pas une entreprise en position de monopole qui fait sous-traiter ses objectifs par le marché. C'est l'État. Les entreprises globales américaines engagées dans des guerres mondiales de l'innovation peuvent être autorisées à « tuer » la concurrence interne qui les affaiblirait pour faire face à la concurrence externe. En « administrant » ainsi la compétition, elles devraient faire attention à ne pas tuer l'innovation en « tuant » la concurrence. Pour ce faire, elles devraient probablement engager des gros investissements pour financer sa politique d'innovation. Nous serions alors dans une situation de guerre économique pilotée par le haut. Il faut probablement distinguer entre les guerres économiques pilotées par le haut de celles pilotées simultanément par le bas et par le haut. Se dessinent alors des rapports différents entre État et marchés, entreprises et marchés, compétitions et coopérations. La compétition et la coopération peuvent se compléter et s'entraver. L'entreprise pouvant être caractérisée comme un espace de coopération ou un espace de compétition soumis à la coopération. Par le haut, la coopération pourrait étouffer la compétition, ralentir le processus de destruction créatrice. Par le bas, et par le haut si elles se donnent des objectifs stratégiques clairs, la compétition et la coopération dans la réalisation de ces objectifs communs pourraient accélérer la destruction créatrice. Compétition et coopération se complétant alors. Dans une guerre des prix mondiale, une société peut engager une guerre des coûts internes qu'elle peut faire supporter au présent ou à l'avenir. Elle peut accepter des coûts présents élevés pour des profits futurs élevés. La guerre des coûts entraînant de nombreuses faillites, mais favorisant la diffusion d'innovations performantes. Ce qui suppose une capacité d'adaptation et de transformation importante du milieu et des agents économiques. La compétition économique mondiale peut mettre en œuvre simultanément une guerre des coûts, des prix et de l'innovation. En privilégiant l'investissement à la consommation, une économie peut encourager une guerre des coûts pour favoriser l'innovation. L'expérimentation ne pouvant se soumettre à une logique de rentabilité immédiate, elle doit accepter des coûts dont les bénéfices ne peuvent être immédiats ou automatiques. Nous sommes alors en présence d'une destruction créatrice accélérée. Elle détruit beaucoup pour créer beaucoup. Cela va de pair avec un marché en constant élargissement, l'accélération de la destruction créatrice conduisant à un accroissement de la production. La guerre des prix qui en résulte ou qui l'accompagne n'est pas monopoliste sur les marchés intérieurs, elle vise à développer les marchés extérieurs. Elle vise à constituer un empire économique mondial, un empire administrant les marchés mondiaux. Dans cette guerre, cette administration de la compétition, l'Etat ne peut être absent, il en sera le gendarme partial ou impartial. Le modèle de la concurrence pure et parfaite Pour la science économique standard, le moteur du marché c'est la compétition. La compétition doit permettre au marché d'allouer efficacement des ressources rares, de manière décentralisée par définition. Cet objectif d'efficacité n'est atteint que lorsque les conditions de la compétition sont celles de la concurrence pure et parfaite : atomicité des agents, homogénéité des produits, transparence de l'information, libre entrée et sortie du marché. L'allocation efficace des ressources serait la fonction principale attribuée au marché. Face au problème fondamental de la rareté (les besoins sont illimités, mais les ressources ne le sont pas), le marché, via le système des prix, agit comme un mécanisme de signalisation et de rationnement. Un prix élevé signale une rareté relative ou une forte demande, incitant les producteurs à produire davantage et les consommateurs à réduire leur consommation. Le prix détermine qui peut acheter le bien et en quelle quantité. L'objectif théorique est d'augmenter les ressources pour satisfaire davantage de besoins dans une dynamique constante d'équilibrage de l'offre et de la demande, évitant ainsi le gaspillage (suroffre) ou les pénuries. La science économique est une science de la croissance économique. Elle ne saurait pas penser la décroissance. Le marché ajuste les besoins et les moyens de les satisfaire en augmentant ou diminuant la production et la consommation. L'hypothèse des besoins illimités, d'un marché libre, soustrait à la responsabilité collective la définition des besoins et les moyens de les satisfaire. Elle substitue une définition économique à une définition sociale des besoins et des moyens de les satisfaire. Elle introduit de la différenciation sociale selon le critère du pouvoir d'achat. Elle soumet le marché aux riches, au pouvoir d'acheter, pour accroitre la production et enrichir la société, but final de l'efficacité. Si la dynamique du marché n'est pas à l'élargissement, les besoins que peut satisfaire le marché ne sont que ceux de la partie la plus riche de la société qui peut aller en se réduisant avec la croissance démographique. On suppose autrement une tendance à l'enrichissement de la société, la croissance de l'économie et l'idéologie du progrès soutenant une telle hypothèse. Il n'en reste pas moins que la disposition des riches à associer ou dissocier leur consommation de celle du reste de la société n'est pas sans effet. Nous avons renoncé à une tradition qui consistait à contenir la liberté individuelle de consommer, les collectifs en mesure de la faire respecter ayant disparu avec elle. Deuxième fonction du marché, une coordination de l'activité économique décentralisée qui de par sa complexité, et non simplement de par sa simple atomicité, ne peut être centralisée. L'hypothèse de l'atomicité des agents postule une coordination décentralisée radicale des agents. Elle réduit les acteurs décentralisés à des atomes et exclut une coordination collective décentralisée. Le marché coordonne les décisions de millions d'agents indépendants (consommateurs et producteurs) qui ne se connaissent pas et/ou n'ont pas besoin de se connaître : ils se considèrent indépendants, plus qu'ils ne le sont réellement en vérité. Dans une telle économie de marché, il n'y aurait ni planificateur central ni planificateurs décentralisés qui décident que produire et que consommer et en quelles quantités. C'est là encore une fiction. Le marché et les entreprises coordonneraient des plans séparés qui ne peuvent constituer un plan général, ni un plan particulier ne serait autorisé à s'imposer en plan d'ensemble. Il faut seulement s'attacher à donner à la dynamique une dynamique de croissance. La complexité du champ économique est à la fois postulée et réelle, postulée dans son atomicité, mais réelle dans la différenciation de l'activité marchande et de son organisation. Pour celle postulée, il n'y a pas de producteurs et de consommateurs collectifs qui coordonnent le marché, mais coordination par le simple jeu des interactions privées. Entre l'individu et le marché pas d'intercesseur comme l'expliquait Adam Smith avec la métaphore de la «main invisible», la poursuite par chacun de son intérêt personnel (le profit pour l'entreprise, la satisfaction pour le consommateur) conduit, via le marché, à un résultat collectif cohérent. Mais avec la complexité réelle, le pouvoir de marché de l'État ou de certains planificateurs décentralisés (entreprises) administre la compétition. Avec la guerre, l'entreprise collective décide du marché. Les USA ne sont pas pacifistes, ils ne veulent pas d'une guerre dont le seul résultat serait de porter atteinte à leur liberté. Avec la compétition, le marché décide de l'entreprise collective. Mais comment on passe de la compétition à la guerre et inversement, du marché à l'entreprise collective et inversement ? Les dichotomies entre organisation, marché et entreprise qui opposent statique et dynamique ne peuvent en rendre compte. Dans la doctrine libérale est effacé le contexte historique occidental, à la fois théologique, économique et politique. À partir de cet effacement, l'universalité de la science économique pourra tenir dans la décontextualisation apparente d'une pratique scientifique. À la naissance de l'économie politique, la main invisible est la volonté divine que l'on veut retirer et qui se retire du pouvoir du monarque de droit divin. La substitution de la main invisible du marché à la main du monarque de droit divin en matière de régulation économique finit par s'imposer par son efficacité. On assiste comme à une conjonction du politique et de l'économique. De plus, la Réforme a comme préparé le terrain : la réussite dans le monde préfigure la réussite dans l'autre-monde[3]. Dieu qui s'est retiré du monde n'exprime plus sa volonté au travers du monarque, mais au travers des lois par lesquelles il a soumis le marché et par lesquelles les humains gouverneront les interactions marchandes. Est aussi oublié le contexte de forte croissance de la vie matérielle, le contexte de la révolution industrielle et de l'économie fossile, où la compétition est un jeu à somme non nulle et non négative qui rend possible un décentrement du pouvoir. Tout le monde est entraîné dans le même mouvement, peut aspirer à devenir riche, la richesse ruisselle du riche au pauvre, celui qui perd aujourd'hui peut gagner demain. La théorie économique de la doctrine libérale soutient que l'objectif d'efficacité ne peut être atteint que sous les conditions très strictes de la concurrence pure et parfaite. En réalité, ces conditions sont théoriques, elles devraient être réunies en pratique autant que possible, le marché étant une fiction qui veut devenir réalité. De son application ou concrétisation, il résultera des défaillances dont il faudra tenir compte en théorie, avec un certain succès pour certaines défaillances et beaucoup moins pour d'autres. Du fait des dichotomies entre théorie et pratique, nature et société, économie et politique, production et consommation, le marché ne prendra pas en compte tous les coûts (pollution) ou les bénéfices (éducation) sociaux, ce que les économistes appellent externalités négatives et positives. Il ne produira pas spontanément des biens nécessaires, mais non rivaux et non excluables (ex.: éclairage public, défense nationale), et que les économistes appellent des biens publics. Il connaitra des asymétries d'information qui pourraient le faire s'effondrer : si le vendeur en sait plus que l'acheteur sur la qualité de la marchandise (marché des «voitures d'occasion» d'Akerlof), les mauvaises marchandises chasseront les bonnes. Enfin, la concurrence est impossible ou inefficace dans certains secteurs (réseaux ferroviaires, par exemple) : c'est la question des monopoles naturels. L'objectif théorique ultime du marché est de parvenir à un optimum de Pareto (une situation où l'on ne peut pas améliorer le bien-être d'un individu sans détériorer celui d'un autre) par la seule interaction des intérêts privés. C'est un mécanisme puissant de régulation et d'incitation, qui pour faire avec la complexité du monde réel doit faire appel à une régulation sociale non marchande, elle a été étatique. L'individu et le marché ne peuvent se passer de l'État : le fonctionnement optimal du marché réglé par les interactions privées suppose une régulation non marchande. Ceci pour les économies développées comme le soulignent les approches institutionnalistes de l'économie. Mais concernant les économies en développement où les dichotomies produisent plus de désordres que d'ordres parce que les croyances collectives de ces économies ne se les étant pas appropriées, et où par conséquent la structuration marchande de la vie matérielle et de l'activité de subsistance est chahutée, il ne s'agit pas seulement de défaillances du marché, mais de marchés défaillants, d'incapacité institutionnelle à faire avec les postulats de l'économie standard et à produire une unité différenciée de l'économie et de la société, de l'économie et du politique. C'est que la théorie n'ayant pas sa doctrine n'aura pas sa pratique. La prépondérance d'un marché informel en sera le résultat. Le marché comme machine sociale abstraite ... Le but de la science économique, plus précisément du savoir économique, est de construire une économie performante, autrement dit une machine économique, un automate performant. C'est là le projet auquel participe tout modèle économique dont celui de la concurrence pure et parfaite. Ses hypothèses n'apparaissent irréalistes que quand le savoir économique prétend à l'universalité. On considère alors que ce savoir est valable pour toute société alors qu'en réalité il ne peut être dissocié d'une expérience, alors qu'il emprunte à la société des hypothèses. Pour la société occidentale la pierre d'achoppement de la construction sociale étant l'individu, le moteur de l'économie la compétition, le savoir économique fera donc de l'atomicité de la société une de ses hypothèses pour construire sa machine économique. Ce à quoi il est parvenu dans la période où la nature est restée passive. La crise économique est une crise civilisationnelle dans la mesure où les croyances à la base du savoir économique sont en crise, des faits que le futur cesse de ressembler au passé, que la nature qui cesse d'être passive se retourne contre la société. Si comme l'a soutenu Karl Polanyi le marché détruit la nature et la société, c'est parce que le capitalisme en a fait une machine de guerre contre la société et contre la nature. De par son attitude extractive, le capitalisme a dressé le marché contre la société et contre la nature : vieillissement de la population qui s'apparente à un suicide et crise climatique. Ce n'est donc pas l'autonomie du marché automate qui est un problème, c'est son fonctionnement en tant que machine sociale. C'est la société qui fait corps dans des institutions au travers d'individualités concrètes qui ne s'abstraient que partiellement. La machine de guerre capitaliste est une machine mécanique extractive, transformant le travail vivant en travail mort non pas machine vivante multipliant la vie. Car le marché a beau être un automate, il est socialement et institutionnellement construit, ses agents et les institutions qui le complètent ne sont pas de pures abstractions, ce sont des acteurs vivants, les acteurs vivants d'une société particulière. Il est automate pour être performant, économiser l'énergie dont il est gourmand. De ses automatismes dépend sa performance, la machine économique est machine sociale et biologique, ses automatismes sont d'abord ceux d'une société particulière avant d'être objectivés. L'énergie fossile plus riche que l'énergie humaine accroissant la puissance de ses automatismes objectivés. Le marché n'est pas en fait un robot programmé par des lois objectives, une machine sociale mécanique, c'est une machine apprenante, une machine vivante qui peut multiplier la vie, mais que le capitalisme transforme en machine de guerre contre la société et la nature. Conçu sur le modèle de la mécanique classique, le marché capitaliste n'ayant en vue que la croissance n'a plus prise sur la complexité biophysique de la vie matérielle[4]. Le marché sous le capitalisme est voulu extracteur, il multiplie la vie matérielle d'un côté et la détruit de l'autre. Le capitalisme impulse une dynamique qui défait le travail en séparant le savoir du travail, défait la société en substituant constamment du travail mort au travail vivant. Le savoir économique n'est pas indépendant d'une expérimentation. Il met en œuvre des modèles. Ces modèles ne sont pas indépendants de la connaissance du fonctionnement de la vie matérielle marchande et non marchande qu'ils veulent opérationnaliser. La société a besoin de connaître son fonctionnement, d'anticiper ses fonctionnements possibles, pour optimiser un de ses fonctionnements. Elle ne pose pas la dichotomie économie et société, l'économie ayant ses lois indépendantes et la société les siennes. La société comme association d'humains et de non-humains compose ses relations. Elle les automatise, les sérialise, les mémorise et les finalise. La société fait l'économie et l'économie fait la société. Elle détermine ce qui est et ce qui peut être, pour obtenir de ce qui peut être ce qui doit être. Elle vise à connaître la vie sociale et matérielle pour la performer, l'accorder à son idéal. L'idéal occidental fut de libérer la vie sociale et matérielle du monopole d'une autorité particulière (le monarque de droit divin) pour la rendre à la libre volonté divine. Liberté de la volonté divine qui s'exerce au travers des libres interactions et transactions individuelles, qu'elle transcende au départ et qu'elle abandonne ensuite à leur fonctionnement autonome. Elle s'exerce au travers de l'égale liberté des agents économiques animés par une volonté indépendante dans laquelle elle s'incarne ensuite. Il faudrait à partir de Polanyi aller plus avant. De Polanyi, il faut retenir le projet capitaliste de séparer l'économie de la société, le projet d'imposer la fiction d'un marché obéissant à ses propres lois. De laisser la société sans prise sur le marché pour le retourner contre elle. Le succès d'un tel projet aboutit à une destruction de la société et de la nature, parce qu'une telle séparation devient contre-productive. Après avoir exploité leurs ressources, il les surexploite. La crise écologique n'est pas pure crise écologique, elle est aussi crise civilisationnelle, parce que crise des croyances. Elle ne touche pas la nature seulement, la crise ne respectant pas la dichotomie nature société, elle ne préserve pas l'extériorité de la société par rapport à la nature ni la passivité de la nature par rapport à société. Elle ébranle le rapport de la nature et de la société, de la culture et de la nature. La société et la nature se révoltent contre les lois dans lesquelles on les fait entrer, avec lesquelles on veut les soumettre. La crise écologique remet en cause le naturalisme et sa logique dichotomique qui a formé le terreau du capitalisme[5], elle remet en cause la métaphysique qui vide la nature de Dieu et la peuple de lois objectives, la métaphysique qui sépare la société de la nature et donne à la société la connaissance des lois de la nature. Elle remet en cause la métaphysique qui met l'homme à la place de Dieu[6]. Les scientifiques sont les prêtres des temps modernes, ils héritent de leur position au temps des nouveaux empires. Ils sont les experts qui tiennent leur lumière non pas de l'expérimentation collective, mais de l'expérimentation de théories qui permettraient à la société de commander à la nature, à l'économie de commander à la société. Théories qui ne pensent plus leur métaphysique, qui ne pensent pas l'expérimentation des croyances collectives sur lesquelles reposerait une réelle expérimentation collective. La Science aurait fait table rase des croyances collectives. ... comme machine sociale concrète Si donc on s'accorde le droit de penser en dehors des dichotomies nature société, économie société, comment se représenter le marché ? Le marché est une place qui rassemble acheteurs et vendeurs. Pourquoi acheteurs et vendeurs devraient-ils s'ignorer, se considérer comme des étrangers et non comme les parties prenantes de la construction d'une machine sociale et économique ? L'atomicité est-elle une condition nécessaire à la compétition ? Pourquoi le marché économique ne deviendrait-il pas une place publique à l'image du marché politique où seraient accordées les quantités à produire et à consommer et selon quels prix ? Pourquoi le consommateur ne devrait-il penser qu'à maximiser son utilité, le producteur qu'à maximiser son profit individuel ? Pourquoi devrait-il se soumettre à une telle « vision tunnel » et laisser les lois du marché décider des quantités à produire et consommer ainsi que de leur prix ? L'humain doit-il faire confiance à une machine abstraite pour arbitrer ses compétitions ? Est-ce cela qui importe le plus pour ces gens que réunit la place du marché et qui ne cessent pourtant pas de discuter de ses prix ? Pour quelles fins producteurs et consommateurs devraient-ils se disputer les produits et les parts de marché ? Ne voient-ils pas que ce qu'ils consomment revient largement du marché mondial ? Ne voient-ils pas que leur propension à consommer entretient une propension à importer qui crée leur dépendance extérieure ? Ne devraient-ils pas voir que ce qu'il leur reviendra dépend désormais de leur contribution au marché mondial ? Et donc que leur marché local dépend de sa place dans le marché mondial ? Ne voient-ils pas à quoi tiendra leur revenu futur et à quoi tient leur revenu présent ? Quel rapport leur consommation présente entretient avec leur consommation future ? Il faut remettre de la société dans l'économie, de la place publique et du débat public autour de la place du marché afin d'établir un cercle vertueux entre les préférences individuelles et les préférences collectives. La dichotomie préférences individuelles et préférences collectives devait en Occident protéger de la définition autoritaire des préférences collectives. Ce n'est plus à un monarque, à un État ensuite, de définir les préférences collectives. C'est donc pour se protéger d'un monarque de droit divin que les bourgeois du monde chrétien ont protégé leurs préférences d'une définition collective. L'histoire des marchés doit être rappelée, elle n'est pas une. Des rapports sociaux ont décidé de leur institution. Et ces rapports desquels émerge un processus d'institutionnalisation sont extrêmement divers. Pour le développement économique, la définition des préférences collectives est capitale. Laisser les préférences individuelles se développer indépendamment des préférences collectives n'est pas garant du développement. Des préférences individuelles et collectives pertinentes sont nécessaires. La préférence du présent sur le futur en matière de consommation ne donne pas l'épargne et l'investissement nécessaires au développement. Il faut rappeler que les préférences collectives sont des préférences individuelles alignées. Des préférences collectives ne peuvent pas dicter un alignement aux préférences individuelles, ou se définir sans les préférences individuelles. Ce que refuse le libéralisme et à raison. Au lieu d'un alignement, on obtiendrait un ensemble flou. Ce qui ne veut pas dire, comme le soutient le libéralisme, que les préférences individuelles peuvent produire d'elles-mêmes des préférences collectives pertinentes. Le libéralisme soumet les préférences collectives au pouvoir d'achat des riches. Et cela suffit à la société de classes. Les préférences collectives sont d'abord temporelles : préférences pour le présent ou pour le futur. Une préférence pour le futur valorise l'éducation au contraire de la préférence pour le présent. Le fait qu'un État développementiste puisse pallier la faiblesse de la préférence sociale pour l'éducation en investissant dans l'éducation grâce à la disposition de ressources propres, ne conduira pas au résultat escompté : la société n'investira pas réellement dans l'éducation, mais dans l'État. L'Etat ne peut pas se substituer à la société, il est la société, de fait et pas seulement de droit. S'il investit à sa place, il lui épargne d'investir. Il s'ensuit des effets pervers. Si la société n'investit pas dans l'éducation d'où tirera-t-elle son revenu futur ? La société peut présenter un modèle de préférence collective se proposant d'agréger les préférences individuelles, mais s'il n'y a pas identification des préférences individuelles à celles collectives prédéfinies, les préférences individuelles dériveront. La place publique devrait prendre autour du marché la place que l'économie a prise dans la société, ce que la séparation de l'économie et de la politique exclut. La démocratie politique a livré le marché aux riches et la scène politique au suffrage universel. Les riches des sociétés en développement doivent assumer leur responsabilité sociale jusqu'au bout. Ils sont riches de par la société et pour la société. La guerre a toujours d'abord été économique, mais ne l'a jamais été autant qu'aujourd'hui. En se tenant autour de la place du marché ce n'est pas en tant que simples producteurs et simples consommateurs qu'il faudrait se tenir, mais en tant que citoyens de mondes, en tant que partie prenante de la production et de la consommation mondiale. Il faut le répéter, en privilégiant la consommation présente on porte atteinte à la consommation future. Le présentisme est un privilège mal nommé que se permettent des sociétés riches. Les sociétés dont la part dans la production mondiale ne correspond pas à leur part dans la population mondiale ne peuvent pas privilégier la consommation présente, quoique celle-ci puisse lourdement peser, si elles veulent avoir une autre part dans la production mondiale. Autour du marché, le citoyen doit se porter et porter sa société et son économie dans le monde. La préférence pour le présent ne s'est pas imposée d'elle-même à la société, des incitations l'ont privilégiée. Nous sommes capables d'une autre préférence temporelle, des sociétés présentes et passées le montrent. La nature des choses ne nous a pas contraints à dissocier notre production de notre consommation, nos besoins de nos capacités, mais un certain cours. Il faut pour cela cesser de faire de la consommation notre ultime combat. En guise de conclusion La dichotomie de la guerre économique et de la compétition marchande est une idéologie de la pacification au service de la puissance hégémonique. Elle met fin à la guerre dans la compétition dont elle fait oublier les conditions initiales. Elle pacifie la compétition, elle veut maintenir le vaincu désarmé. Comme mode de représentation, elle masque les rapports de force qui préside à la compétition, le fait que la guerre a préparé la compétition et ses conditions et le fait que la compétition prépare la guerre et ses conditions. Comme idéologie, elle naturalise, ou si l'on préfère, elle vise à pérenniser l'ordre établi par la guerre. La guerre d'une société vise à redéfinir par sa force (militaire) les conditions de la compétition (industrielle) lorsque sa compétitivité (force industrielle) est menacée. La force militaire tentant comme de rattraper la force industrielle qui la déserte. Dans une conception non dichotomique, la guerre est devant et derrière la compétition, la compétition prépare la guerre, pour y aller si elle lui est imposée, mais plus sûrement pour être en mesure de la contenir, de l'éviter ou de ne pas en être la victime. La compétition contenant la guerre ne recourt pas à la force militaire, elle transforme les relations d'asymétrie, les champs et les règles de la compétition. Elle opère par transformations silencieuses. La compétition transforme alors silencieusement une faiblesse en force et une force en faiblesse. Le modèle westphalien a perdu de son évidence, la violence peut être bannie de la transformation des relations asymétriques de l'échange autrement que par sa monopolisation. Sa démonopolisation ne l'empêche pas de resurgir, elle resurgit quand la course pour sa monopolisation reprend. Une conception non dichotomique porte la conviction que l'essence de la force n'est pas de l'ordre militaire, mais de l'ordre des croyances et du savoir, du savoir-être et du savoir-faire. La force militaire peut détruire facilement des capacités matérielles, plus difficilement une accumulation culturelle et plus difficilement encore les dispositions acquises au cours de cette accumulation. Les guerres climatiques, civiles et militaires qu'annonce la compétition mondiale pour distribuer la production mondiale et ses conditions sont suscitées par la tentation westphalienne de soumettre la régulation des flux mondiaux par la monopolisation de la violence. Le marché est une machine de combat, il se construit comme la machine de combat d'une classe ou d'une société. D'une société dans la nature ou contre la nature. Notes : [1] Peut-on croire encore au progrès. Nicolas Bouzou, Cynthia Fleury, Étienne Klein, Karine Safa, Claudia Senik, Pierre-Henri Tavoillot, Jean Viard, éditions de l'Aube. 2023. [2] Aussi l'objectif stratégique d'Israël dans sa guerre contre l'Iran est-il celui de détruire le civil iranien par la guerre civile pour empêcher ce processus de transformation du civil en militaire et du militaire en civil. Objectif dans lequel finissent par se reconnaître les USA. [3] Il faut se rappeler la thèse de Max Weber dans son ouvrage l'éthique protestante et le capitalisme. [4] Pour Nicholas Georgescu-Roegen « La thermodynamique et la biologie sont les flambeaux indispensables pour éclairer le processus économique (...) la thermodynamique parce qu'elle nous démontre que les ressources naturelles s'épuisent irrévocablement, la biologie parce qu'elle nous révèle la vraie nature du processus économique » « Le processus économique n'est qu'une extension de l'évolution biologique et, par conséquent, les problèmes les plus importants de l'économie doivent être envisagés sous cet angle ». The Entropy law and the Economic Process. [5] Philippe Descola. Politiques du faire monde. Seuil. 2025 [6] Amer Meziane et Philippe Descola. Débat au Collège de France. https://www.youtube.com/watch?v=MDM7Owy2Ufw |
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