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Oran :
Étude finalisée de la 2e section de la rocade d'Oran: Priorité pour une liaison autoroutière à triple fonction
par Houari Saaïdia Pourquoi la wilaya d'Oran
gagnera bien plus qu'en termes d'infrastructure routière en parvenant à lever
le gel sur la 2e section du 5e périphérique, boucle la plus excentrique qui
ceinture le Grand Oran ? Parce que la mise en place de cette rocade Est-Ouest
va bien au-delà du simple besoin de transport-mobilité entre ces deux régions
du territoire de la métropole et présente un enjeu supérieur et stratégique :
l'équilibre territorial.
A vrai dire, la 2e tranche du projet du 5e boulevard périphérique qui devra parachever l'édifice de cette boucle autoroutière, à partir d'El-Kerma (banlieue Sud d' Oran) et jusqu'à Misserghine (banlieue Ouest d'Oran), répond au besoin -dans une large mesure- par rapport à l'idée qui a germé dans la tête de ce responsable bien antérieurement à son accès à la chefferie de la wilaya d'Oran. TROIS EN UN Car, à y regarder de plus près, ce tronçon complétant et ficelant la 2e rocade sur une distance de 14 km entre le Sud (précisément à l'intersection RN4/Autoroute Est-Ouest à hauteur du marché de gros de fruits et légumes) et l'Ouest (précisément à la sortie de Misserghine par la RN2 menant vers Oran via El-Hassi) n'est-il pas une solution à la double équation : voie express Sud-Ouest et moyen d'équilibrage territorial Nord-Sud pour le Grand Oran ? C'en est une visiblement, et même à tout point de vue. Là, il n'est pas question d'aborder le sujet de ce maillon infrastructurel manquant sous l'angle -assez subjectif au demeurant- d'une idée personnelle d'un haut responsable, l'ex-wali d'Oran en l'occurrence, mais juste de mettre le curseur devant le nouveau débat de fond qui accompagne désormais ce thème et qui est même susceptible d'en créer un contexte plus favorable en ce sens que le dossier gagnerait en pertinence et en évolution dès lors qu'il est pris en main par un gouverneur de la ville qui en fera un challenge personnel. UN GEL QUI DURE DEPUIS 15 ANS Inachevée et non bouclée en raison du gel de sa deuxième partie, la 2e rocade-Sud ou ce qui est plus connu sous le nom du 5e boulevard périphérique, a été l'un des dossiers plaidés avec vigueur par la wilaya devant le ministre des TP et des Infrastructures de base lors de sa visite à Oran en août 2024, à l'occasion de la rituelle cérémonie du couper du ruban de la pénétrante portuaire. Ayant déjà eu l'accord de principe du Premier ministère pour le dégel de la 2e tranche de cette 5e couronne, la wilaya sous l'ex-wali Saïd Sayoud avait saisi la balle au rebond en sollicitant l'appui et le soutien du ministre du secteur d'alors afin de faire aboutir la démarche. Réceptif à l'appel, Lakhdar Rakhroukh a promis de faire de son mieux à cet effet, non sans insinuer que la question ne dépendait pas de lui seul. Confiée à l'Organisme national de contrôle technique des travaux publics (CTTP), l'étude de la 2e tranche s'appuie sur la conception d'un tracé autoroutier de 14 km entre El-Kerma et Misserghine, et ce pour boucler la boucle et relier ainsi les deux extrémités du Grand Oran. Par ailleurs, l'un des éléments qui sera fixé par l'étude de la 2e tranche du 5e périph, le coût estimatif du projet. ÉTUDE FINALISEÉ L'étude, qui vient d'être finalisée, n'aura pas été pas une chose aisée, dans la mesure où il est question d'un passage obligé du tracé de 14 km de très près de la Grande Sebkha d'Oran et du périmètre de sécurité de l'Aéroport international Ahmed Ben Bella. Aux dernières nouvelles, une réunion a été tenue il y a quelques semaines entre les responsables du projet et les représentants de l'entreprise gestionnaire de l'Aéroport international Ahmed Ben Bella, au terme de laquelle « un accord sous réserves » a été donné pour faire passer le tracé de l'autoroute à proximité du périmètre de sécurité de l'aéroport. La nécessité de mettre en place cette rocade Sud-Ouest va bien au-delà du simple besoin de transport-mobilité entre les deux sous-régions et présente un enjeu plus global : l'équilibre territorial. L'analyse des disparités de développement territorial de la wilaya d'Oran met en évidence, en effet, notamment un déséquilibre criard entre les deux régions Nord-Est et Sud-Ouest, en défaveur de cette dernière. Cela ressort d'un diagnostic des inégalités territoriales sociales et économiques des communes Nord-Est et Sud-Ouest. Couvrant une superficie de 2.121 km² et bordée au nord par la mer Méditerranée, qui lui a imposé une certaine monopolisation (ou centralité) territoriale, la wilaya d'Oran occupe certes une position stratégique et se discrimine nettement des autres wilayas de la région, au plan paysager, potentialités et ressources, mais souffre clairement d'un certain déséquilibre territorial, d'ordre socioéconomique au premier chef. Ce déséquilibre s'accentue et s'intensifie à l'échelle réduite du Groupement d'Oran (Oran-Bir El Djir-Es-Sénia). |
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