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«Le secteur de la pêche et
de l'aquaculture s'apprête à entrer dans une phase décisive en Algérie », a
indiqué, hier lundi, le directeur général de la pêche et de l'aquaculture au
ministère de l'Agriculture, Miloud Tria.
S'exprimant sur les ondes de la Radio nationale, Miloud Tria a décliné la feuille de route du secteur, insistant sur « l'engagement du président de la République en faveur des pêcheurs et du développement durable des ressources halieutiques », comme rappelé lors du dernier Conseil des ministres. « La feuille de route 2026 est le résultat d'un travail de concertation avec l'ensemble des professionnels du secteur », a expliqué Tria, soulignant que ce plan d'action couvre la période 2026-2028. Selon le même responsable, « ce travail collectif a permis d'établir un diagnostic précis des politiques menées depuis 2020, en identifiant aussi bien les résultats obtenus que les actions restées sans impact réel sur le terrain », a-t-il souligné. L'invité de la Radio a salué «la poursuite de l'engagement fort de l'Etat en faveur du secteur», mettant en avant « l'augmentation du quota national de thon rouge à plus de 2.460 tonnes pour 2026, obtenue grâce à un travail technique et diplomatique approfondi ». « Nous avons récupéré la position historique de l'Algérie », a-t-il déclaré, soulignant que cette avancée « ouvre la voie à une meilleure valorisation locale de la ressource, notamment à travers des projets d'engraissement à forte valeur ajoutée». Et d'ajouter : « l'année 2026 sera une année charnière, marquant le début d'une relance structurée, durable et concertée du secteur de la pêche et de l'aquaculture en Algérie», a-t-il estimé. « Notre flotte est composée à 65% de petits métiers », a encore indiqué le même responsable, précisant que ces embarcations ne disposent pas des capacités nécessaires pour opérer au large ou dans les zones internationales. « À cela s'ajoute la présence de plus de 1.600 navires inactifs, en raison de pannes techniques, de blocages administratifs ou de litiges judiciaires liés à leur financement », a-t-il expliqué. « Malgré l'augmentation du nombre de navires, la production nationale demeure stable autour de 100.000 à 110.000 tonnes par an, ce qui traduit, selon lui, « une forte pression sur la bande côtière et une sous-exploitation des ressources disponibles au large ». Face à cette situation, Miloud Tria a annoncé l'organisation prochaine d'un Conseil national des pêcheurs : « cette rencontre nationale qui interviendra avant le mois du Ramadhan permettra de présenter le plan d'action 2026 et de proposer des solutions concrètes à chaque problématique soulevée par les professionnels », a-t-il affirmé, ajoutant que cette démarche s'inscrit dans une « approche participative et ouverte à l'ensemble des acteurs du secteur ». Premier recensement général de la pêche Par ailleurs, l'hôte de la Radio a annoncé le lancement imminent du premier recensement général de la pêche en Algérie : «nous ne disposons pas aujourd'hui de données précises sur l'ensemble des intervenants, la flotte et la consommation », a-t-il reconnu. Ce recensement, accompagné d'une enquête nationale sur la consommation des produits halieutiques, «vise à combler ce déficit d'information et à fournir une base statistique fiable pour la planification future», a-t-il expliqué, précisant que «l'appui technique de la FAO est envisagé pour garantir la rigueur scientifique de l'opération». «Aujourd'hui, l'aquaculture ne représente que 7% de la production nationale», a rappelé le DG de la pêche, notant que l'Algérie « dispose pourtant d'un potentiel important, notamment en aquaculture marine». «L'objectif est de doubler la production dès 2026 grâce à l'extension des fermes existantes, à l'entrée en production de nouvelles installations et à l'intégration des filières, en particulier dans la wilaya de Chlef, érigée en zone pilote», a-t-il conclu. |
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