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Respect du cessez-le-feu: Les médiateurs appelés à faire pression sur Israël

par Mohamed Mehdi

  Vendredi, 99e jour du cessez-le-feu, Israël continue de transgresser unilatéralement l'accord de Charm Al-Cheikh, en commettant, depuis le 11 octobre 2025, plus de 960 violations du cessez-le-feu, et de ne pas respecter le volet des aides humanitaires préconisé par le «plan de paix», dans ce qui semble être une démarche menée en total accord avec l'administration Trump. Dans son dernier rapport statistique, publié hier, le ministère de la Santé a fait état de 30 nouvelles victimes des bombardements israéliens, dont 12 martyrs et 18 blessés, lors des précédentes 24h (jeudi), ainsi que 2 corps de martyrs retrouvés sous les décombres.

Le bilan des massacres israéliens depuis l'accord de cessez-le-feu du 11 octobre 2025 passe à 463 martyrs, 1.269 blessés et 712 corps de martyrs exhumés des décombres des bâtiments bombardés depuis le début du génocide.

Quant au bilan cumulatif des victimes du génocide israélien à Ghaza, depuis le 7 octobre 2023, il passe à 71.455 martyrs et 171.347 blessés.

L'attaque israélienne qui a fait 12 martyrs et 18 blessés a eu lieu jeudi soir à Deir al-Balah, dans le centre de l'enclave de Ghaza. Une nouvelle agression qui intervient au lendemain de l'arrivée d'une délégation du Hamas dans la capitale égyptienne pour entamer des pourparlers relatifs à la deuxième phase de l'accord du 10 octobre 2025.

«Un nouveau crime a été commis ce soir par les forces d'occupation sionistes criminelles avec le bombardement de la maison de la famille Al-Hawli à Deir al-Balah, entraînant la mort de plusieurs Palestiniens», a dénoncé le Mouvement Hamas dans un communiqué rendu public jeudi.

Le Hamas a réitéré son appel aux médiateurs sur «la nécessité de contraindre l'ennemi criminel à respecter l'accord de cessez-le-feu et à appliquer toutes ses dispositions, y compris le passage à la deuxième phase de l'accord», leur demandant de «condamner ce crime et tous les autres».

Par ailleurs, le Bureau de presse sur les prisonniers à Ghaza a annoncé, jeudi dans un communiqué sur Telegram, le décès de Mohammed Ahmed Al-Sayed Al-Basyouni (Abou Suhaib), originaire de Beit Hanoun, des suites de blessures.

«Al-Basyouni avait été libéré à deux reprises des prisons israéliennes, la dernière fois dans le cadre d'un échange de prisonniers», ajoute la déclaration précisant que son décès est survenu quelques jours après «l'effondrement du toit du bâtiment municipal de Deir al-Balah sur sa tente, dans le centre de la bande de Ghaza, sous l'effet de vents violents». «Grièvement blessé, il avait été transféré à l'hôpital des Martyrs d'Al-Aqsa et admis en soins intensifs jusqu'à l'annonce de son décès», ajoute le Bureau de presse des prisonniers à Ghaza.

Hier également, Al Jazeera a rapporté le martyre d'une femme de 62 ans suite à des tirs israéliens à l'ouest de Khan Younes, dans le sud de Ghaza. Le complexe médical Nasser a de son côté signalé que d'autres personnes avaient été blessées dans la même attaque ciblant des civils hors des zones de déploiement des forces israéliennes à l'ouest de Khan Younes. Parallèlement, des véhicules militaires israéliens ont fait une incursion à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Ghaza, constituant une nouvelle violation de l'accord de cessez-le-feu après l'annonce du début de sa deuxième phase.

Des «efforts persistants» d'organisations allemandes qui nient le génocide à Ghaza

L'Institut Lemkin pour la prévention du génocide (LIPG) a condamné, dans un communiqué rendu public le 13 janvier, les «efforts persistants» de plusieurs organisations de la société civile allemande de «premier plan» visant à «nier le génocide en cours à Ghaza» et à «diffuser de la désinformation et des discours négationnistes auprès des décideurs politiques allemands».

«Ces efforts doivent être replacés dans le contexte plus large de la relation privilégiée qu'entretient l'Allemagne avec Israël, relation ancrée dans la responsabilité historique de l'Allemagne face à la Shoah», ajoute l'Institut qui porte le nom de Raphaël Lemkin qui est à l'origine de la formulation de la notion de «génocide».

La déclaration rappelle que «depuis que l'occupation militaire israélienne a dégénéré en génocide, le paysage médiatique allemand a été soigneusement façonné pour convaincre l'opinion publique et les dirigeants politiques du respect par Israël du droit international», considérant que «les principaux médias allemands» sont devenus «le porte-parole le plus fidèle du gouvernement israélien».

Le LIPG note également que «les discours négationnistes et ouvertement anti-palestiniens ont structuré le discours politique allemand», rappelant que «ce phénomène est apparu au grand jour lorsque le chancelier Merz a publiquement remercié Israël d'avoir «fait le sale boulot» dans sa campagne contre l'Iran».

Un «négationnisme du génocide (...) activement produit et institutionnalisé par un réseau de groupes de réflexion pro-israéliens, d'acteurs de la société civile et de points d'accès parlementaires qui, ensemble, transforment le négationnisme en une «expertise» légitime, respectable et pertinente sur le plan politique», ajoute le communiqué qui cite plusieurs exemples en appui à ce constat.