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Deux blessés et d'importants dégâts matériels à Constantine: Le tramway déraille et s'encastre dans le mur de la prison

par Abdelkrim Zerzouri

Deux personnes ont été blessées lors du déraillement spectaculaire d'une rame du tramway à Constantine, au niveau de la station principale (terminus Benabdelmalek), ce mardi aux environs de 6 heures du matin. La rame a dépassé de 10 à 15 mètres son point final, puis elle est passée par-dessus une route avant d'aller s'encastrer dans le mur de la prison du Coudiat, juste en face de l'arrêt du tramway. Le choc était tellement violent que la tête de la rame a défoncé le mur épais de la prison pour s'introduire à l'intérieur de l'enceinte pénitentiaire, laissant le tramway suspendu en l'air par-dessus la route.

D'après des témoins oculaires, un taxi service venait juste par la route en dessous, presque une seconde avant la dérive de la rame du tramway. La catastrophe a été évitée en raison de l'heure de l'incident. Peu de véhicules et de piétons se trouvaient en circulation dans les parages à cette heure. Dans la journée, l'endroit est fréquenté par une foule très dense et un flux de circulation automobile incessant. Selon la cellule de communication de la Protection civile qui a mobilisé d'énormes moyens dont deux engins d'intervention avec pompes et réservoirs d'eau, quatre ambulances, un médecin et 23 agents, « les dégâts humains se sont, donc, limités à deux blessés, dont le chauffeur de la rame, N.G. âgé de 37 ans, blessé légèrement aux genoux et est resté enfermé dans la cabine qui a traversé le mur de la prison. Même les pompiers ont eu du mal à y accéder pour le libérer. Un autre passager M.M. âgé de 63 ans, qui était d'ailleurs le seul à bord, a également été blessé au genou droit. Les deux victimes ont reçu les premiers secours sur place avant d'être évacués vers le CHUC pour de plus amples soins ». Aux dernières nouvelles, les deux blessés sont rentrés chez eux peu avant midi. Quant aux dégâts matériels, on signale le pare-brise et tout l'avant de la machine qui ont été fortement endommagés. On notera dans ce sillage la paralysie du trafic sur la ligne du tramway et de la circulation automobile sur l'axe routier menant vers le boulevard Kennedy. Et, bien sûr, raison de sécurité oblige, en plus de la police scientifique dont les éléments ont participé à l'enquête ouverte pour déterminer les causes de l'accident, d'autres services et corps de sécurité, dont des gendarmes, se sont déployés rapidement sur les lieux de l'accident. On devait prendre les précautions nécessaires pour prévenir toute évasion de prisonniers. Pour ce qui est des raisons de la dérive et déraillement de la rame du tramway, on se trouve à ce stade de l'enquête « à mijoter des suppositions, rien de plus », comme nous l'a indiqué un cadre de la Setram. « On ne peut rien affirmer. Pour le moment on s'est assuré que les deux blessés sont hors de danger, et l'on s'attelle à dégager la rame du tramway pour reprendre le service. Après, on verra ce que donneront les résultats de l'enquête», nous lancera notre interlocuteur.

Dans un communiqué de la Setram, on souligne à ce propos qu' «une commission d'enquête ferroviaire sera constituée pour déterminer les circonstances exactes de cet accident, ainsi que toutes les responsabilités». De son côté, le président de la sécurité routière, Moncef Benatallah, nous dira que les enquêteurs vont «récupérer la boite noire pour déterminer les causes de l'accident qui seront d'origine technique ou humaine». Ajoutant dans ce cadre que «tout ce qu'on peut dire, c'est qu'il y a quatre systèmes de freinage, celui dit d'urgence, celui de nature électromagnétique et celui dit sur essieux, avec un 4ème système dit système de l'homme mort qui consiste en un bouton sur lequel le chauffeur doit constamment appuyer pour faire rouler le tramway et s'il le lève le pouce, notamment en cas de malaise, il y a arrêt automatique du tramway». Si avec tout ces systèmes la rame ne s'est pas arrêtée, c'est que le problème est plus profond. Notons qu'il s'agit du second incident du genre qui intervient en l'espace de quelques jours après un autre déraillement d'un tramway, survenu en plein centre-ville d'Oran, le 1er août dernier. Pour rappel, le tramway vide avait déraillé et percuté plusieurs magasins, pas encore ouverts, sinon le bilan en dégâts humains aurait été très lourd.