
Pour la seconde année consécutive, Oran accueille le Salon du livre,
après une absence qui aura duré plusieurs années et durant lesquelles il a
toujours été organisé à Alger. L'initiative de le décentraliser a été prise par
le Syndicat national des éditeurs du livre (SNEL) qui compte le tenir, même,
dans les villes de l'intérieur. Selon le président du SNEL, Ahmed Madi, «il est
faux de dire que les Algériens ne lisent plus, mais cette idée préconçue
s'explique par le fait qu'on n'arrive pas, encore, à leur offrir une lecture
adéquate». D'ailleurs, renchérit-il, «en une seule journée, 3.500 visiteurs ont
afflué au salon. Ceci dénote, une fois de plus, la soif du lecteur à trouver
des productions de qualité». L'option des ventes-dédicaces, durant le salon,
est aussi la meilleure manière de rapprocher le lecteur et l'auteur, estime M.
Madi, qui déplore, néanmoins, l'absence injustifiée de la directrice de la
Culture de la wilaya d'Oran, à cette manifestation, alors qu'elle est censée
être plus présente. Ceci dit, le salon, qui réunit 130 exposants, a permis de
créer un climat d'animation, à travers un cycle de conférences, à raison d'une
communication par jour et durant lesquelles le public peut intervenir. A une
question sur la politique du livre, en Algérie, Ahmed Madi n'est pas allé avec
le dos de la cuillère pour affirmer que le livre demeure dévalué et pour
preuve, pour chaque titre paru, le nombre d'exemplaires ne dépasse pas les 500.
En plus le nombre de librairies est passé, en quelques années, de 700 à moins
de 200. Pour la ville d'Oran, considérée comme étant un pôle universitaire de
100.000 étudiants, le nombre de librairies, proprement dites est de 5.
Un chiffre qui renseigne sur l'absence d'une volonté politique à remettre
le livre à sa juste valeur et qui pour des raisons occultes a été placé, au
registre des sports et loisirs.