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Quel est ce mal qui ronge la collectivité locale ?

par Henni Merouane

Le mal qui ronge la collectivité locale, offense, pénalise le citoyen dans ses démarches administratives au risque de discréditer l'autorité centrale, se situe au niveau des ressources humaines existantes actuellement.

En effet, ce potentiel humain au sein de l'administration communale se caractérise à tous les niveaux par une sous qualification et une dévalorisation de la fonction qui le réduit à un simple scribouillard, dépourvu de qualités professionnelles; se contentant d'expédier tant bien que mal selon son humeur, les affaires courantes sans se soucier de leur portée à l'égard de l'administré.

Ceci est dû au recrutement de ce personnel sans aucune formation et qui ne trouve aucun encadrement lui permettant de prendre conscience de la mission qui lui a été confié en s'inspirant des règles qui régissent l'administration.

Livré à lui même, il a une conception peu orthodoxe du rôle du fonctionnaire.

Or l'administration a ses règles, ses principes et ses traditions dont doit s'inspirer toute nouvelle recrue afin d'acquérir de réelles qualités professionnelles.

Jusqu'à une certaine époque, la formation du candidat à la fonction publique au niveau des collectivités locales était assurée par les centres de formation administrative (attachés, secrétaires d'administration, agents d'administration).

Les cours étaient dispensés non par des enseignants professionnels mais par des cadres de l'administration en activité ou en retraite sous forme de vacations.

Cette formation était telle qu'elle permettait au postulant en fin de stage d'être opérationnel dés son installation et trouvait en même temps un encadrement qui lui prodiguait les règles, les principes et les traditions de l'administration.

Actuellement, les centres de formation administrative sont mis en veilleuse et l'encadrement inexistant par suite du départ à la retraite des cadres.

Aussi, l'administration communale pour suppléer à ce déficit a été emmenée à recruter, en détournant les règles de la fonction publique : des contractuels, des saisonniers et des vacataires, tout en leur confiant des postes à responsabilité alors qu'ils n'ont jamais été préparés.

Certes, parmi ces nouvelles recrues, il existe quelques diplômés, mais qu'est-ce un diplôme ? si ce n'est un pare chemin qui permet à son titulaire d'accéder à la fonction à charge par lui de prendre conscience de la mission qui lui a été confiée tout en s'inspirant de l'encadrement fait par ses aînés.

La fonction publique est une mission noble quelque soit l'institution à laquelle on appartient ; N'est pas fonctionnaire qui veut ; C'est une vocation qui se mérite et dont son titulaire doit honorer.

Aussi il appartient à l'autorité de tutelle de réhabiliter l'institution locale en prenant les mesures suivantes :

1. Lui restituer ses prérogatives tout en prenant en charge le recyclage sous forme de séminaires de tout ce potentiel humains en réactivant les centres de formation administrative.

2. Permaniser tous les agents municipaux sans exception « contractuels, saisonniers, vacataires » selon leur niveau d'instruction et leurs ancienneté afin d'éviter toute tension sociale.

3. Eviter cette sélection par test interne qui n'a aucune base juridique tant en la forme qu'au fond vis-à-vis de la

Fonction publique et qui est une source de favoritisme et de mécontentement au sein de la corporation au risque de porter la contestation sur la place publique.

4. Bloquer tout recrutement après les départs en retraite afin de ramener la masse salariale à un niveau acceptable (la masse salariale de la majorité des communes avoisine les 80% du budget).

De telles mesures renforceront la crédibilité de l'administration locale et augmenteront la confiance qui lui est due.

Heureusement qu'il existe au sein de la commune d'ORAN, dont j'ai eu le privilège de présider à sa destinée pendant la décennie noire en tant que DEC, puis comme simple élu , une dizaine de cadres issus des centres de formation administrative et de l'E.N.A qui font preuve de réelles qualités professionnelle et donnent,par voie de conséquence une image positive de l'administration locale. Je citerai entre autre, cet énarque issu de la promotion 1988 ; qui assure depuis une dizaine d'années la fonction de secrétaire général par intérim après avoir dirigé plusieurs services tels que : «la Direction de la Réglementions Générale, le personnel, les finances, l'état civil, EAC?.». Sa compétence, sa disponibilité mise à rude épreuve font de lui un commis de l'Etat qui n'a rien à envier à un DAL de Wilaya ou à un chef de Daïra.

Je me plaise à le souligner pour avoir apprécié sa collaboration en tant qu'administrateur, consultant et conseiller.

Puisse l'autorité de tutelle le mettre à l'abri des pressions locales et des interventions intempestives qui ne font que perturber le bon fonctionnement de l'administration, en le confirmant à ce poste.

Il est vrai que l'administration a la réputation d'être ingrate à l'égard de ses loyaux serviteurs.

- Ancien D E C et Elu.

- Ancien membre du conseil National Economique et Social de 1994 à 2005.