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On n'a pas fini avec l'un que l'autre se pointe dans le déshonneur de son
auteur. L'intimité personnelle ou familiale est presque coranique. Où va-t-on
avec ses dévoilements ?
Du premier tout le monde en parle. Du second peu. Tant mieux. Chacun à partir d'une tranchée ou sur les bouts des lèvres. L'attaque est devenue un débat et le débat un positionnement. Aucune controverse n'est ainsi possible sans le prisme imposé du pour ou contre. Les leaders ont tous dit quelques brindilles de choses. Du ralliement à l'un en fustigeant l'autre, de l'avis sans avis en rejetant ou adoptant les deux ; les antennes positionnelles ne sont pas davantage rééquilibrées. La cession du pouvoir n'est pas chose facile. Tout pouvoir excessif meurt par son excès même dit-on. Le pouvoir a en permanence et à travers les âges provoqué des dénis et des dénégations. C'est rare où il s'obtient avec aisance et sans obstacles. Les grands conglomérats de la société, partis, personnalités ou entités se sont toujours trouvés à l'orée de chaque transmission de rênes dans une situation fortement délicate. Obligés, ces acteurs jouent le rôle d'un coté ou d'un autre et parfois la mise est mise en échec. Le dernier clash dans l'harmonie déjà précaire des cieux d'Alger démontre bien l'enjeu en question. Le coup est parti très fort cette fois-ci. Il a fait voler en éclats le cafouillage et le brouillard qui juchaient au sommet ou semble l'avoir fait. Certains parlent de séisme d'autres de reconfiguration. L'essentiel, le pouvoir depuis la nuit des temps a été un facteur de division. Chose qui faisait dire à un célèbre écrivain Maurice Druon que " Le fractionnement du pouvoir est la plus sûre manière d'en empêcher l'abus". On avait tendance à nous faire croire que des batailles sont menées au firmament. La preuve y est maintenant dans l'apparence des déclarations. De l'impensable à l'excès, sans honte elle traverse les pylônes les plus gaillards de la maison. Personne n'est sans comprendre l'essence de ces batailles. Malheurs aux vaincus lorgnent les sans-avis, honneur aux vainqueurs tancent les mêmes avis. Et l'impact des obus, des éclats, leurs vrombissements, les chairs déchiquetées, l'apocalypse seront encaissés et subis par qui croyez-vous ? Dans certaines guerres du genre, il ne peut y avoir que des triomphateurs et les battus sont toujours les mêmes. Les mandatés et ceux qui sont loin de la scène du choc. C'est comme, dirait l'autre quand deux éléphants (l'un par procuration) se cognent ce sont les fourmis qui s'écrasent. Le pouvoir a été à longueur de temps l'ingrédient le plus combustible pour attiser les feux de la rampe et séduire l'audimat. Il tente parfois vainement mais toujours finalisant à enraciner la foi de sa vérité dans le crâne des masses déboussolées. Ce pouvoir qui enivre, charme et suscite l'envie à satiété n'en finira jamais de faire de l'euphonie souhaitée un champ de guerre où le bon ou le mauvais périront sans balles, mais juste par des fâcheries de familiarité et de consanguinité. Comme des volatiles qui s'ergotent dans un ciel serein, alors que les rémiges déplumés et les toupillons arrachés s'abattent telle une colère sur une terre pourtant généreuse mais où niche une foule pantoise. Un " j'accuse " est un toujours présomptif d'innocence. Le droit individualise les peines autant qu'il en fait avec les coupables et les plaignants. Porter le faix de toutes les carences à un être est possible, le faire supporter par un bloc, un organe institutionnel, ou l'imputer à des centaines parmi elles des centaines de défunts, croit-on est une évaporation d'esprit ou un tourbillon de panique. Voire un déni de justice. Ce faux plaignant, s'il n'avait pas été contrarié dans ses desseins par l'homme attaqué, aurait-il eu le même cran pour dénoncer, crier au loup et rompre son omerta ? L'échec reproché et les manquements arborés ne datent pas d'hier, selon le long réquisitoire d'un procureur érigé en la circonstance et en manque d'altruisme. Ils seraient enracinés dans la profondeur du système dans lequel ce même argumentateur a vu le jour. L'homme n'est pas une institution quel que soit son rang. C'est celle-ci par contre qui lui donne toute sa dimension de grandeur. Si autrefois les institutions et les radiers étaient créés par des hommes tels le glorieux FLN et la vaillante ALN, ce sont les institutions qui feraient l'aura et la grandeur des hommes maintenant. N'a-t-on pas vu de simples noms rejaillir des ténèbres de l'anonymat pour se répandre à la clarté de la notoriété qu'une fois mis sur orbite institutionnel ? T'as vu un ludique compétiteur de zone excentrée, nouvellement débarqué dans un fauteuil taillé à point affronter un ancien joueur de renommée chronologique et lui tenir si haut la balle? La collision est inégale et déséquilibrée. Des galons aussi parés et ceints d'exploits n'ont pas à être sur un même ring en face d'une futilité. Le combat est barbouillé, presque contre nature. Un sigle national pris à son tour en otage n'a pas à s'affronter à une icône de même valeur. L'histoire ne tient pas à nier l'une de ses parties. Mais un homme dépêché, car empêché par ailleurs de pêcher une légitimité centrale, devra s'abstenir de pécher dans les cathédrales du système. Sinon le blasphème est là, commis de jour et suivi d'un anathème foudroyant. L'engagement dans un élan d'avenir ne doit pas mettre face à face, même en une de journaux un visage ourlé et un autre discret. La juxtaposition est inadéquate. Même la nature est apte à faire nicher dans l'un des fraisages gondolants et roides et dans l'autre du silence olympique. Mais cette nature ne s'arrête pas à un relief ni à une géographie circonférentielle. Elle s'élance, pédagogique qu'elle est dans la semence génétique qu'exprime un faciès ou une figure. Si l'un parle de l'échec de l'autre et ne se ravise pas qu'il en était quelque part une matière inerte revigorée et mise dans le perchoir hémicyclique par l'aide de l'autre, c'est l'outrecuidance sans bornes. Se suffire à souffler un vent terrible avec jouissance croyant démolir un rempart historique, c'est aussi de la mineure gageure. Ce patibulaire personnage sorti des décombres d'un parti hélas encrassé n'avait pas à juger une justice ou un renseignement sans qui, il ne sera jamais à leurs alentours. Sa place originelle, telle que préfigurée par son cursus est dans un assortiment percussionniste et non dans une concordance politique de niveau lui ayant permis de surcroit de s'adresser à un homme-régime plus consistant malgré tares et déconvenues. Un écolier, mauvais en toute matière, cancre à l'émeri est loin d'égaler pour vilipender un symbole de sécurité ou croire apporter son concours à un homme de présidence ayant eu toutes les armoiries d'honneurs et de stabilité. On peut attaquer un locataire mais ne pas détruire la maison au motif de mauvais comportement citadin. Et si le cas en était, la critique à propos, destinée à l'institution devrait reposer éventuellement en l'étayant sur l'illégalité probable des procédures, les inégalités dans le traitement, les dépassements de prérogatives et pour ses représentants leur excès de zèle, leur abus d'autorité, leur violations de la loi. Car la loi n'a pas besoin surtout d'une violation pour qu'une autre loi soit appliquée. C'est vrai l'omnipotence du silence dans ce secteur professionnel est sa raison d'être. Les services sont par définition secrets. Il ne faut pas s'attendre à un droit de réponse, n'est-ce pas là une capacité managériale d'acquiescer les coups en silence ? L'on n'exige pas, en somme d'une correspondance cachetée " secret " au nom de la loi d'être une lettre ouverte. On n'aspire pas d'un service secret d'un Etat d'organiser des portes ouvertes et permettre au grand public d'avoir accès à ses méthodes, ses investigations, ses hommes, ses dossiers. Mais contrôle populaire aidant, transparence à l'appui, Etat de droit en prime ; il est possible toutefois d'avoir des comptes sur l'état de la sécurité du pays. Un pouvoir est faible s'il ne tolère pas qu'on l'avertisse de ses erreurs dit la sagesse. Les démesures commises par les uns ou les autres sont légion. Que d'âmes candides et intègres eurent à souffrir des affres de l'information diligentée à un point injuste et partial. La faute est toujours personnelle et non institutionnelle. Que de complots aussi ourdis contre la stabilité du pays furent déjoués avec habileté. Que de sacrifices n'eurent pas trépassé leurs auteurs pour sauvegarder un brin territorial et sa moindre poche de souveraineté. Le brio est ainsi personnel et institutionnel. La nation est fière de ses services. En jetant son pavé incendiaire ou avantageux selon les lectures, l'homme que suppose incarner le secrétaire général du parti-pouvoir, aurait eu le sens de la responsabilité d'une telle diatribe et la mesurer à juste titre, loin d'une échéance mais dans la projection d'un long terme. A-t-il eu par ailleurs l'attitude d'avoir pu ouvrir un débat jamais ouvert car clos depuis 1962 ? Le débat opportun certes aurait pu se faire dans un contexte apaisé pour un système politique plus ouvert, moins hermétique. Le parti se plaint des blessures qu'il lui cause autant que le temps et l'anatomie en font par leurs sillons dans un front blafard. Le Parti qu'avait fondé Benboulaid et les valeureux martyrs est frappé de plein fouet par la malédiction des saints et des chouhadas. Avec ou sans cette bourde, Il est possédé par des âmes diaboliques et son corps nécessite tout un comité central d'excellents exorcistes pour pouvoir chasser le mauvais esprit et désexciter ses délires. Que la loyauté dans les armes élues pour un ultime combat soit de mise et la bravoure pour le mener ait un minimum de précaution afin de sauver l'immeuble ! Le patriotisme n'est pas une inclination à un moment ni une tentative d'exhibition temporaire à échéance voulue. Les élections arriveront, les voix mûriront, les hommes mourront et seules les institutions demeureront. Alors ces accusations attentant à la pudeur ? Alors ce brulot inutile ? Inédit dans le cinquantenaire il restera nonobstant la carence des mémoires; un édit impérissable. Qu'aurait-il à apporter de plus à un Bouteflika, sans nul besoin d'un tel faux remue-ménage ? L'homme, sommité qu'il est; est la quintessence de l'histoire contemporaine du pays. Il n'avait pas besoin d'un tel " goual " étourdi pour lui hisser son auréole. Elle est, celle-là comme une preuve tangible indéniable. L'homme a connu les grands de ce monde et ceux qui ont eu à fabriquer le nouveau dans lequel nous continuons à vivre. Le plus jeune ministre de son époque avait côtoyé Nehru, Mao, Tito à Nasser, passant par Castro, Che, De gaule et tant d'acteurs que son présupposé défenseur ne s'imagine pas de les voir même en rêve ou dans un livre dédié aux géants de la politiques qu'il ne peut lire . Lui qui à ce jour n'a touché la main que celle sachant froisser les liasses. Son discours dangereux impensé, au seuil de son nez et à limite d'une campagne, à peine de sa mise au placard force au délitement de l'Etat. Le président en exercice en vertu de la constitution a droit à postuler pour autant de mandats. Seule sa conscience et son égérie puissent lui dicter la voie à suivre. En clair, on ne force pas un moudjahid à casser ses luttes ou mettre en péril sa demeure tant défendue, par sa jeunesse, sa vitalité et son discernement. On doit être là pour construire et aider à le faire cet avenir radieux tant loué par tous. On est toujours ensemble pour aider au changement. Il ne suffit pas pour cela de tirer à vue sur des enceintes ou tenter de ruiner des tourelles vigilantes ou abattre les derniers moudjahidines encore en service. Encore moins d'apposer exclusivement une signature sur un imprimé ou imposer aux autres de le faire, les actions sont multiples, les procédés sont divers chacun dans sa position. L'essentiel sera de s'éloigner de toucher au mérite ou à la dignité des autres que d'ailleurs nul motif politique ou tactique ne doit justifier. L'Algérie n'est le monopole de personne car elle est sans conteste un patrimoine exclusif de tous ses enfants. D'hier, d'aujourd'hui et de demain. Vente-dédicace El yazid Dib signera son nouveau livre " LE QUAI DES INCERTITUDES " nouvelles Au stand des Editions Dar El Hikma Le vendredi 14 février à partir de 15 heures au Palais des expositions «Medina Jdida» Oran. |
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