|
Les jours passent dans notre Algérie et ne se ressemblent plus. Chaque
jour a sa couleur, chaque jour a son goût, chaque jour a ses propres craintes
et inquiétudes et, depuis le 03 février, date à laquelle Saïdani a fait sa
déclaration explosive, chaque jour apporte sa réaction et ses nouveautés dans
une scène politique délabrée, délétère où plus personne ne se retrouve.
Ce qu'il y a lieu d'observer surtout c'est que, dans les très nombreuses réactions aux propos de Saidani, il y quelques sorties médiatiques, d'un certain type, qui se font - elles aussi - de plus en plus nombreuses et qui sont l'œuvre de personnes dont certaines sont connues plutôt pour leur mutisme, leur discrétion ou leur long retrait de la scène politique. Ainsi, après le général Yala qui s'est élevé contre les déclarations de Saidani, il y eut l'ex ministre de la justice Mohamed Charfi, puis Abdelaziz Ziari avant que tombe l'appel des Ibrahimi, Yahia Abdennour et Benyelles qui passe à un autre niveau, celui du refus d'un quatrième mandat. Ce mardi, c'était au tour du général à la retraite Benhadid mener une nouvelle charge en élargissant un peu plus le champ de bataille. Ce qui nous a été donné, à nous algériens et au monde, de constater ces derniers jours c'est un jeu de ping-pong dans lequel la balle va et vient entre deux côtés. Certes il y a un arbitre et il s'est prononcé ce mardi soir, à travers un message de condoléance au Chef d'Etat-major d'armée. Mais il semble que les choses sont allées tellement loin que plus personne ne l'entend. D'ailleurs, au lendemain du message de Bouteflika, c'est le général à la retraite Benhadid qui monte au créneau de plusieurs crans. Il s'en prend à Saidani certes qui, dit-il, " n'a aucun pouvoir ni l'audace de parler seul car, il reçoit des ordres de certains. " avant d'attaquer de front le chef d'Etat-major auquel il reproche de ne rien pouvoir faire " Gaïd Salah ne peut absolument rien contre Toufik. Il n'en a ni les capacités ni l'envergure. " dit-il. le positionnement du général à la retraite est clair et sans ambigüité. Par ailleurs, il ne s'arrête pas là, il tente un élargissement de l'arène de dispute. Il s'en prend aussi à Saïd, le frère du président, auquel il reproche d'être " premier et principal acteur ". " C'est lui, affirme-t-il, qui gère le pays et donc son seul adversaire est le DRS. Tout le monde est à plat ventre devant Saïd, les ministres, les walis, la police, les hauts responsables ? Il gère via le téléphone de la Présidence, donc les gens obéissent". et il termine sa charge tonitruante en demandant à Bouteflika de renoncer au quatrième mandat, rejoignant ainsi l'appel du 10 février lancé par les Ibrahimi, Yahia Abdennour et Benyelles contre un quatrième mandat. l'opposition au quatrième mandat commence-t-elle à faire son chemin ? On se souvient que le premier à avoir brandi ce slogan fut Benbitour qui, depuis 2012, s'opposait clairement à l'idée de ce quatrième mandat. Aujourd'hui, des voix s'élèvent ci et là pour demander à Bouteflika de mettre fin à son règne. Il est temps de passer à autre chose croit-on entendre. les arguments avancés à cet appel sont simples et claires : un constat alarmant sur la situation du pays sur tous les plans. " Un Etat déliquescent caractérisé par une administration budgétivore et incompétente, une bureaucratie étouffante, des services publics défaillants, une économie dominée par les activités informelles, la spéculation, la fraude, l'évasion fiscale et monétaire. Un Etat hors normes, profondément gangréné par la corruption (aggravée par l'impunité), et totalement déconsidéré aux plans régional et international. Un Etat incapable de protéger sa population contre les tonnes de kif qu'un pays voisin, connu pour sa politique expansionniste et son bellicisme à l'égard de l'Algérie, déverse quotidiennement sur nous, sans que le pouvoir en place ne réagisse ". Tel est le point de départ de cette demande formulée par trois personnalités nationales à l'adresse du président de la république pour qu'il laisse le tour à d'autres pour la gestion de pays car, estiment-ils, il est temps pour Bouteflika de se retirer. C'est d'ailleurs ce que dit aussi le général à la retraite Benhadid. Il est temps de partir. |
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||