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Avenir radieux pour le gaz ?

par Abdelkrim Zerzouri

Le pétrole se porte bien et le gaz naturel encore mieux. Grâce à une entente entre les pays Opep+ pour réduire leur production et équilibrer l'offre et la demande, le baril de pétrole oscille autour des 70 dollars, un prix qui semble arranger tout le monde, et qui s'inscrit apparemment dans la durée. Et il y a le gaz naturel, qui commence à prendre une importance accrue autant dans les foyers que dans le secteur industriel, et voir ainsi son prix bondir ces deniers temps, plus que ce qui a été déjà ressenti au début de l'année 2021. Est-ce les prémices d'une reprise de croissance économique mondiale, parallèlement à une décrue des cas de contaminations et à une vaccination massive dans les pays développés, qui ont créé une certaine pression sur le gaz naturel ? C'est l'un des facteurs qui ont effectivement fouetté les prix du gaz. Mais il existe d'autres considérations à retenir, qui pourraient provoquer un véritable chamboulement sur le marché énergétique mondial, avec la tendance à l'adoption par les pays développés de nouvelles politiques des énergies propres et renouvelables, en matière de production d'électricité notamment. Pour combler le déficit en gaz, l'Angleterre a décidé récemment de recourir à l'énergie fossile (qu'on compte pourtant abandonner dans le cadre des accords sur le climat) pour produire de l'électricité. Et il y a également l'hiver rigoureux en Europe qui fait monter la pression sur le gaz. De toutes les façons, donc, le gaz fera parler de lui dans l'avenir. Une aubaine pour l'Algérie ? Evidemment, puisque l'Algérie, un pays gazier plus que pétrolier, fait partie des cinq principaux producteurs mondiaux de gaz (Russie, Iran, Qatar, Venezuela et Algérie), qui contrôlent 73% des réserves mondiales et 42% de la production. Seul point noir qui reste à éclaircir, la désorganisation du marché qui donne naissance à une concurrence, parfois sauvage, pas toujours en faveur des pays exportateurs. Il existe bien un Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), une organisation intergouvernementale informelle créée lors de la 8ème session du Forum informel de ces pays, tenue à Moscou en décembre 2008, mais le chacun pour soi prime sur le groupe. Composé de 11 pays membres et de 9 pays observateurs, qui détiennent, ensemble, trois quarts des réserves gazières de la planète et contribuent à plus de deux tiers des échanges de gaz (gazoduc et GNL), le GECF n'a pas la même rigueur et l'influence nécessaire sur ses membres que l'Opep+, pour prétendre agir avec efficacité sur le marché. L'Algérie, qui a joué un important rôle pour arriver à un accord entre les pays membres de l'Opep+, visant le plafonnement de la production mondiale de pétrole, devrait déployer ses efforts dans le sens d'une meilleure organisation du marché gazier en tant qu'un des premiers pays producteurs de gaz conventionnel en Afrique. Et qui détient les troisièmes réserves mondiales de gaz de schiste, techniquement récupérables. Rappelons dans ce contexte que les tentatives de renforcer le rôle du GEFC qui ont été initiées par le passé, sans grand succès, devraient donner à réfléchir pour surmonter les obstacles qui se dressent, ou qui sont dressés par des parties extérieures sur ce chemin.