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Visite du Premier ministre à Annaba: Le Complexe d'El Hadjar changera de nom et de gestionnaires

par Notre Envoyée Spéciale A Annaba Ghania Oukazi

Le Complexe sidérurgique d'El Hadjar, «Arcelor Mittal», présentera son contrat de cession, à la fin mars, devant le CPE, pour changer, officiellement et définitivement, de gestionnaires, mais aussi de nom.

« Nous avons mis tout ce que nous pouvons comme argent, plus de 900 millions de dollars pour reprendre, réhabiliter et moderniser El Hadjar, nous ne pourrons plus mettre d'argent dans ce complexe, travaillez bien et désignez un responsable pour trois ans, si vous voyez qu'il perd le cap, demandez-lui des comptes ! », avait lancé hier, le Premier ministre aux syndicalistes du complexe, réunis dans une des ailes de cet immense chantier industriel. Le complexe devra, en principe, reprendre vie dans peu de temps, après l'adoption, en 2014, par les pouvoirs publics, d'un plan de sa réhabilitation et sa modernisation. Fleuron de l'industrialisation algérienne, le Complexe d'El-Hadjar a été pratiquement, laissé à l'abandon, par les responsables qui se sont succédé sur de longues années, pensant peut-être qu'une fois réalisé, il fonctionnera, sans nécessité de maintenance de ses équipements. « Le haut fourneau ne fonctionne pas parce qu'il n'a pas bénéficié de révision et de maintenance, depuis 2010, il accumule ainsi, un retard de plus de 5 ans,», a déclaré un de ses cadres. Ce n'est pas, seulement, le fameux haut fourneau qui tombait, très souvent, en panne, par négligence, par incompétence ou peut-être, à cause de coups fourrés, mais « toutes les installations du complexe avaient besoin d'être réhabilitées parce qu'elles sont très anciennes,» expliquait le cadre. Ce sont, selon lui, plus de 500 projets qui ont été lancés depuis que le plan a été accepté et mis en œuvre. Le haut fourneau a eu besoin de 10 mois, pour être remis en service.

El Hadjar «fortement dégradé»

A ce jour, il est précisé que toutes les actions de réparation des équipements ont atteint les 80%. « Un effort important en terme de réhabilitation a été nécessaire, à cause de la forte dégradation de l'ensemble des installations, la complexité et l'ampleur des opérations,» a noté le cadre, à l'adresse de Sellal. «Les travaux de sa réhabilitation seront achevés au mois de mai prochain, mais d'autres installations seront prêtes d'ici à août prochain,» dit-il encore. Il qualifie le travail effectué de «grosse opération de modernisation, il est question de produire et d'élargir la gamme des produits plats, d'introduire celle des produits longs (…), » a-t-il expliqué. La contrainte majeure rencontrée par les gestionnaires de ce complexe, est, en évidence, d'ordre financier y compris pour l'augmentation de la production du rond à béton. « On a eu 50 milliards de dinars soit 600 millions de dollars, mais avec les pertes de change enregistrées, depuis 2013, on se retrouve avec 480 millions de dollars, la différence est importante pour nos besoins, » a affirmé l'interlocuteur du Premier ministre.

«Il faut que l'exportation du fer démarre d'El Hadjar»

Le responsable pense que «mieux vaut que la 2ème phase de la relance de la production soit révisée, et peut-être opter pour un mix produit qui aura plus de valeur ajoutée.» L'élargissement de la gamme des produits plats devra, selon lui, alimenter les secteurs de la Mécanique, Sonatrach et Sonelgaz.» Le secteur des Mines n'a pas été, non plus, bien pris en charge. «Les mines ont manqué d'investissements pendant plus de 15 ans, nous enregistrons une faiblesse des capacités d'extraction des minerais,» disait un spécialiste, à Sellal. Le complexe, dans son ensemble, compte 6.000 travailleurs avec «en face, un réseau de sous-traitance de 2.000 emplois». Un plan de recrutement de «jeunes ingénieurs» a été lancé depuis 2015. Il est question d'en recruter près de 1.500 «à raison de 300 emplois par an.» L'on dit, par ailleurs, que les AMM (Ateliers maghrébins de maintenance) ont besoin de partenariat, pour se moderniser. «En 2018, le complexe pourra voler de ses propres ailes et deviendra rentable », avait déclaré son DG. Le ministre de l'Industrie et des Mines nous a précisé, en marge de la visite du complexe, que «le contrat de cession du partenaire étranger sera présenté, à la fin du mois de mars devant le Conseil des participations de l'Etat (CPE).» Abdesselem Bouchouareb nous a indiqué que « dans les faits, la cession totale des actifs, au profit de l'Algérie, a été faite, mais on est en train de faire des audits, à tous les niveaux, pour mettre tout à plat et dévoiler ce qui pourrait être caché, c'est bon pour nous et pour l'ancien actionnaire, d'ailleurs, nous menons ces audits d'un commun accord.» En attendant, le complexe s'appelle toujours Arcelor Mittal. «J'ai demandé à ce qu'on l'appelle Imital,» nous a dit le ministre. Le complexe est, selon ses responsables, « l'unique producteur local de produits plats.» Le Premier ministre a rappelé, cependant, que «le fer est produit aussi, à Bethioua et Bellara, mais nous voulons que son exportation démarre d'El Hadjar, je compte sur vous ! »