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Note de synthèse : L'école, un défi algérien (1ère partie)

par Brahim Chahed

«On ne doit pas seulement éduquer des enfants d'après l'état présent de l'espèce humaine, mais d'après son état futur, possible et meilleur, c'est-à-dire conforme à l'idée de l'humanité et à sa destination totale.» Emmanuel Kant (1724-1804)

Quand on aime on ne compte pas. Les Algériens ont toujours aimé leur école. Ils n'ont jamais compté. Des dépenses colossales, des progrès certes et des réalisations. Les statistiques officielles sont là. Les chiffres sont éloquents : un saut (quantitatif) indiscutable. Le nombre des enfants scolarisés âgés de 6 ans est passé de 43,4% en 1966-1967 à 98,2% en 2011. Le taux de scolarisation est passé à 94% en 2000 et à 96% en 2004.

Le taux d'admission en première année moyenne a grimpé de 63,1%, au lendemain de l'indépendance, à 95,3% en 2011 où le taux de réussite au BEM a atteint 79,1% contre 57% en 1963 et, le taux de réussite au baccalauréat a augmenté (45% en 1963 et 62,5% en 2011) à l'instar de celui des reçus avec mention (14,72% contre 43,47% en 2011). Le nombre des enseignants diplômés des universités a enregistré une augmentation, notable, dans les établissements d'enseignement moyen et primaire, le taux des enseignants licenciés ayant atteint 48,9% pour le premier cycle (primaire) et 44,3% pour le deuxième cycle (moyen) contre 13% en 2005. On prévoit quelque 214.000 enseignants licenciés en 2015.

Pour faire aboutir les projets visant à améliorer l'enseignement, l'Etat a consacré des budgets très importants au secteur de l'éducation. Le taux du budget de l'Etat réservé à ce secteur est passé de 11,1 en 1963 à 17,5% en 2011. Près de 80% des dépenses ont été consacrées à la couverture des salaires des fonctionnaires du secteur.

Selon les chiffres du ministère de l'Education nationale, le coût de la scolarisation d'un élève dans les premier et second cycles a enregistré une augmentation à trois reprises entre 2000 et 2010. Pour le deuxième cycle, par exemple, ce coût est passé de 30990 DA en 2000 à 76103 DA en 2010.

La présente note de synthèse se veut une tentative de lecture de l'existant au-delà des statistiques, souvent trompeuses, pour que chacun de nous prenne conscience non seulement des dangers qui guettent l'école mais aussi et surtout des défis, toujours grandissants, qu'elle devra relever.

Liminaire : Les grands défis de la prochaine décade :    

Une décennie noire, une décennie d'austérité et de sacrifice suivie d'une décennie de faste n'auront pas suffi aux pouvoirs publics pour tirer les conséquences de l'histoire. Une crise économique mondiale et un avenir hypothéqué par des recettes, certes colossales mais incertaines, n'auront pas non plus été à l'origine d'une prise de conscience que le seul investissement capable de construire une grande nation était celui du capital humain : l'éducation.

Qu'il me soit permis, avant de faire un tour sur la question de l'éducation, de dresser un tableau des plus grands défis de l'Algérie pour la prochaine décade :

1- Le monde qui nous entoure et les contrées lointaines : les implications des révolutions arabes, le développement des mouvements séparatistes en Afrique et au Moyen-Orient, les conflits régionaux devront impacter nos relations futures. Les incertitudes sur nos frontières ne pourront que s'accentuer : Maroc, Tunisie, Libye, mais aussi le Mali et nos propres territoires.

Les intérêts pétroliers des Etats-Unis et des grandes compagnies, les pseudo-droits de la France sur ses colonies mais aussi la Chine qui s'installe par la force des choses. Au moment où les autres pays vivent une crise sans précédent mais regorgent de ressources humaines, l'Algérie regorge de ressources financières que devront s'arracher l'Europe : France, Espagne et Italie particulièrement, les Etats-Unis et l'Asie (Chine et Russie), ainsi que quelques pays du Moyen-Orient. De plus et subitement tout le monde apprécie l'Algérie, leader, qui devra aider tout le monde : Syrie, Egypte, Tunisie, Palestine, nombre de pays d'Afrique et prêter des milliards de dollars au Fonds monétaire international.

2- La participation citoyenne dans la vie publique : les violations répétées de la Constitution et des lois de la République, les atteintes à la presse indépendante, l'instrumentalisation de la société civile, le mouvement associatif et l'administration publique et les atteintes contre le pluralisme politique et l'ordre républicain, empreignent de fragilité la préservation du processus démocratique et la consécration d'un Etat de droit. Ces manœuvres, devenues légion, découragent l'implication du citoyen dans la gestion des affaires de la cité et anéantissent tout espoir à l'égalité des chances.

Une autorité publique est l'émanation de citoyens libres et égaux, au service des citoyens, et contrôlée par eux. Elle ne doit, en aucun cas, constituer une menace potentielle pour les libertés individuelles et publiques. Le citoyen est membre de la communauté politique nationale, organisée en un Etat et est par conséquent titulaire de droits et obligations en toute conscience.

3- La bonne gouvernance et la bonne administration : en parlant d'un Etat dirigé par un gouverneur juste et éthique, Aristote évoquait déjà la bonne gouvernance. De nos jours, le concept, développé par la Banque mondiale, englobe la bonne administration.

Elle est composée d'une multitude d'éléments que sont : la responsabilité, la transparence, la capacité à répondre aux besoins des citoyens, l'efficience, l'effectivité, l'ouverture, la participation, la prévisibilité, l'Etat de droit, la cohérence, l'équité, le comportement éthique, la lutte contre la corruption, la conclusion des procédures dans des délais raisonnables, la protection des droits de l'homme et la simplification des procédures.

La faiblesse des institutions de gouvernance est un obstacle manifeste au développement dans de nombreux pays particulièrement en Afrique. La gouvernance, affirme D.Kauffman dans ses travaux pour la Banque mondiale, intitulés : « La gouvernance dans le monde : constats et implications pratiques », présenté au colloque d'Alger en 2007, possède un très grand retour sur investissement pour le développement : « une amélioration d'une déviation standard dans la gouvernance d'un pays, hausse son revenu par habitant de quelque 300°/° à long terme ».

4- L'économie rentière : l'économie algérienne est qualifiée par tous d'économie rentière, qui tire toutes ses richesses d'une seule ressource naturelle : les hydrocarbures. Il s'agit, dans les dix années à venir, de changer la structure économique du pays au point où, non seulement, il diversifie ses productions de biens et services pour couvrir le manque à gagner que causerait une chute de la production ou des prix des hydrocarbures, mais également où les exportations hors hydrocarbures donnent le même montant en devises que celui provenant actuellement de cette ressource du sous-sol. Le taux de couverture des importations par les exportations hors hydrocarbures est à peine de 3,9%.

Il est question de trouver les activités de production de biens ou services suffisamment créatrice de richesse pour remplacer les hydrocarbures dans les années à venir. Toute discussion sur l'exploitation des gaz de schiste est alors suicidaire au-delà des arguments tant économiques qu'écologiques qu'elle peut susciter.

5- La dépense publique : la culture du tout social continue contre vents et marées et pour preuve l'adoption de l'avant-projet de la loi de finances pour 2015 (désormais Projet) qui renferme un nouveau plan quinquennal d'un montant global de 21 000 milliards de dinars, soit l'équivalent de 262,5 milliards de dollars et de fortes dépenses d'équipement et de fonctionnement pour 2015, avec des hausses, respectivement de 43% et de 5,4% par rapport à l'exercice précédent. Pour mémoire (entre 2005 et 2009), les pouvoirs publics ont dépensé pas loin de 60 milliards de dollars dans la modernisation des infrastructures et presque le double (40% des 286 milliard annoncés ici et là) entre 2010 et 2014 ce qui nous donne pas loin 170 milliards de dollars engagés juste dans l'amélioration des infrastructures de base. Le gouvernement a décidé de maintenir sa logique dépensière, quitte à s'autoriser encore des déficits budgétaires abyssaux et ce en dépit des baisses drastiques des recettes pétrolières et de l'échec manifeste des moult tentatives de relance de l'activité économique créatrice de richesses par la dépense. En 2013, les subventions principalement des produits de première nécessité ainsi que de l'énergie ont atteint 25 milliards de dollars et les transferts sociaux le double.

6- La justice : l'installation de la commission chargée de la réforme de la justice en octobre 1999 avait suscité des attentes légitimes en interne comme chez la communauté internationale. Le processus avait commencé immédiatement avec des programmes et la modification de centaines de lois qui restaient, pour la communauté internationale, « en deçà » de ce qu'elle espérait. Des constructions certes et des encouragements sociaux et pécuniaires ont été consentis pour les hisser au niveau de cadres supérieurs de l'Etat, mais la formation des juges n'a pas été en reste. L'indépendance et la bonne administration de la justice et la question de la qualité des décisions rendues restent une préoccupation certaine chez les spécialistes internationaux. La justice algérienne n'arrive pas à comprendre qu'elle est un pouvoir à part entière comme, du reste, le pouvoir exécutif et le pourvoir législatif. De l'extérieur, dit-on, la justice en Algérie est perçue comme un appareil administratif.

Les méga-problèmes du système judiciaire restent donc entiers : l'organisation judiciaire, l'accès à la justice, l'accueil du justiciable, la qualité des prestations judiciaires, la durée des procédures, le coût de la justice, les aspects spécifiques de la justice commerciale tels que les tribunaux spécialisés et les méthodes alternatives de résolution des différends commerciaux.

7- La santé : la santé revêt une importance particulière aussi bien pour l'individu que pour la société, il y va de la sécurité nationale. Le secteur de la santé participe à plusieurs niveaux au développement économique, soit par l'allongement de la durée de vie active des individus qui améliore la productivité du travail, soit par le développement de nombreux emplois directement ou indirectement liés à la santé. En Algérie, les pouvoirs publics, afin d'améliorer rapidement la situation sanitaire des populations défavorisées, ont décidé d'instaurer la médecine gratuite en 1974. Cependant, le système de soins choisi montre qu'il s'agit d'un système orienté vers les soins curatifs.

L'objectif premier d'une politique de santé est d'améliorer la santé des citoyens qui dépend de tout un ensemble de facteurs, dont le système de soins. Les objectifs secondaires de la politique de santé sont d'assurer un accès équitable aux soins médicaux, de gérer efficacement les établissements médicaux et de financer les programmes de santé publique de manière efficace et équitable.

Malgré les investissements consentis, le système national de santé semble aujourd'hui faire l'unanimité contre lui aussi bien de la part des usagers que de la part des professionnels de soins. Ces critiques fondées tant sur des appréciations liées à l'accueil, à la prise en charge du malade et aux dysfonctionnements des unités de soins qu'à leurs résultats objectifs.

8- L'éducation : c'est un préalable, c'est LE préalable.

Premièrement :

Les incontournables :

Nous assistons, dans presque tous les pays du monde (l'Algérie y compris), à la prolifération de réformes visant à moderniser l'enseignement public et à le rendre plus en adéquation avec les exigences du troisième millénaire.

* L'éducation au cœur de tout progrès : Danton1 affirmait que l'éducation était le premier besoin de l'homme après son pain. Maslow2 place également l'éducation dans les besoins primaires de l'humain. Et chaque année, le premier budget des plus grandes nations est consacré au secteur de l'éducation3.

L'éducation est la condition du progrès, la clé de la croissance durable et de la réduction de la pauvreté, disait le Directeur général de la Banque mondiale, Monsieur James D. Wolfensohn, puis de surenchérir que l'éducation, droit humain fondamental, va de pair avec le bien-être de l'homme.

* Fondements théoriques de l'école algérienne4 : l'école algérienne se fonde sur sa vocation en tant que vecteur de l'affirmation de la personnalité algérienne et de la consolidation de l'unité de la nation. Elle est non seulement le lieu de connaissance mais aussi le creuset où se forge le respect du patrimoine national et de l'ensemble des symboles qui l'expriment.

Elle forme à la citoyenneté et est lieu privilégié de l'épanouissement de chacun. L'école doit permettre à l'enfant scolarisé de vivre des expériences, pleines et entières, de valeurs de progrès et de liberté, mais aussi de prise de conscience des difficultés propres aux actions humaines qui supposent toujours la prise en compte d'autrui. Au-delà de sa fonction d'instruction et de qualification elle est un lieu de socialisation.

Mais l'école doit également s'ouvrir et s'intégrer au mouvement universel de progrès et doter les élèves d'une véritable culture scientifique et technologique, par la formation de l'esprit autant que d'acquisition de savoir, de savoir-faire et de savoir être.

* L'école vue par les Algériens : la consultation des avis des uns et des autres, livrés à travers divers media, nous renseigne sur ce que les Algériens pensent de leur école. Après analyse et réflexion nous avons décidé de vous livrer notre lecture des résultats d'un sondage d'opinions, réalisé durant la période allant du 23 au 29 septembre 2009, auprès d'un échantillon de 1243 personnes de 18 ans et plus, représentatif de la population algérienne adulte5.

Les questions posées traitent d'une part des rôles de l'école et le degré suivant lequel sont assumés ces rôles, le niveau d'enseignement et les raisons perçues pour expliquer ce niveau, la méthode d'enseignement, la place donnée aux différentes matières, l'avis sur une proposition d'enseignement des matières scientifiques en français, les mesures envisageables pour réformer l'école, les mesures récentes sur le week-end et l'année scolaire, l'enseignement de tamazight et enfin quelques questions s'adressant seulement aux parents d'enfants scolarisés : le secteur juridique d'enseignement, les cours particuliers, les cours à l'école coranique.

L'écrasante majorité des sondés pense que le rôle de l'école est d'abord de compléter l'éducation des parents. L'instruction vient très loin derrière comme si c'était un rôle très secondaire puisqu'il est devancé par la formation du bon citoyen en deuxième position, l'éducation religieuse en troisième position, et la professionnalisation en quatrième position.

La majorité des sondés trouve que la manière dont l'école remplit ces différents rôles est moyennement satisfaisante.

Pour ce qui est du niveau de l'école algérienne, la moitié trouve qu'il est moyen. Moins d'un sondé sur cinq juge qu'il est bon et plus d'un sur quatre qu'il est bas. Pour la majorité des sondés, la méthode d'enseignement privilégie la mémorisation et la restitution mécanique en lieu et place de l'esprit critique et la démarche scientifique. Les sondés suggèrent à près des deux tiers, une meilleure formation des enseignants, une diminution des matières enseignées et un changement de méthode d'enseignement pourraient contribuer à la confection d'une meilleure école.

Deuxièmement : Les piliers :

Le constat est dur, le réquisitoire sévère et l'échec cuisant : l'école algérienne ne fait plus rêver. Les réformes entamées, à coup de milliards, depuis 2002 ne donnent absolument rien (nada). Idir Achour, secrétaire général du Conseil des lycées d'Alger (CLA), estimait le 09 septembre 2012, à la veille de la rentrée scolaire, que l'Ecole algérienne était sur le mauvais rail, que les élèves étaient ennuyés, que les parents étaient dépassés et que les enseignants dégradés. Ainsi l'écart entre les discours et la réalité, entre les théories et les pratiques prennent des proportions insoutenables. Pêle-mêle des termes à la mode, desquels il va falloir se méfier, sont brandis à tout moment : changement de paradigme, approche par compétence, école ouverte, didactique, pédagogie, l'élève au centre de l'éducation, etc.

L'école algérienne, en dépit de toutes ces tentatives, toutes ces années, toutes ces énergies et toutes les dépenses engagées, demeure en deçà des espérances et se caractérise malheureusement par : des savoirs à la fois morts et inachevés6 et un analphabétisme fonctionnel7.

Nous allons tenter, dans ce qui suit, de déblayer le terrain pour mieux comprendre les problèmes de l'école algérienne.

* La Pédagogie : le terme pédagogie vient du grec et signifie : «Conduire, mener, accompagner, élever» / «Enfant»». Il s'agit en effet d'un ensemble de méthodes permettant de guider un élève ou une personne dans ses apprentissages.

La pédagogie se distingue de la didactique dans la mesure où elle s'intéresse tout particulièrement à l'apprenant et à la manière dont il va apprendre, alors que la didactique est étroitement liée au domaine et à la discipline concernée. La pédagogie est donc largement transdisciplinaire.

Dans la pratique sociale qu'est l'éducation, la pédagogie, à la fois action et réflexion, serait donc positionnée entre l'acte d'éduquer et les recherches objectives qui s'y développent.

La pédagogie comme la souligne le dictionnaire de psychologie « science ayant pour objet l'étude des doctrines et des techniques sur lesquelles sont fondées les actions des éducateurs », il ajoute aussi que « chaque société a un projet pédagogique précis concernant l'éducation intellectuelle, morale et physique de ses membres, qui reflète son idiologie… ». La pédagogie varie ainsi dans le temps et dans l'espace, les méthodes pédagogiques ne sont quant à elles ni stables ni uniformes.

Au-delà des débats dans la littérature sur les qualificatifs qui correspondent à des caractéristiques ayant été associées à la notion de pédagogie, selon l'angle par lequel elle est appréhendée, il existe deux grandes écoles : la traditionnelle et la nouvelle.

La première se base sur : la référence au modèle, le guidage, le morcellement de l'activité, la transmission des connaissances à sens unique avec pouvoir total de l'enseignant et la mémorisation. La seconde sur : l'intérêt et le besoin de l'élève, l'enfant comme un être spécifique, la liberté, l'initiative, l'activité et le travail en groupe et la globalisation.

L'école algérienne depuis les réformes a vu la refonte de la pédagogie et des programmes visant à améliorer la pertinence et la qualité des apprentissages. Elle s'est voulue porteuse d'une nouvelle vision de l'éducation en rupture pédagogique totale avec le passé. Cette nouvelle vision se définit par une approche par les compétences (APC) plaçant l'apprenant au centre de l'apprentissage et donnant une plus grande autonomie à l'enseignant. L'école algérienne, globalement, dans sa quête du devenir (pédagogie nouvelle) s'est coupée du régime (pédagogie traditionnelle) sans réussir le passage8.

* Les Rythmes scolaires : l'expression «rythmes scolaires» désigne les rythmes propres à l'enfant et à l'adolescent en situation scolaire, c'est-à-dire, toutes les variations physiologiques et psychologiques, les rythmes biologiques et comportementaux ainsi que la progression dans les apprentissages. Ils désignent aussi les rythmes de l'environnement scolaire représentés par l'emploi du temps journalier, hebdomadaire, annuel, les vacances, etc.

L'étude des rythmes scolaires aspire à concilier les rythmes propres à l'enfant et les rythmes de l'environnement afin de proposer des emplois du temps journaliers, hebdomadaires, annuels qui soient en harmonie avec les rythmes de la vie de l'élève (Testu, 2000)9.

La durée officielle de l'année scolaire est de 36 semaines10. A partir de la rentrée scolaire 2011-12, l'horaire hebdomadaire dans le cycle primaire varie entre 21 heures (première et deuxième années), 22h30 en troisième année et 24 heures pour les classes de quatrième et cinquième années. Le volume horaire est de 28 séances de 45 minutes obligatoires, réparties du dimanche au jeudi de 8h à 11h15 et de 13h à14h30. Les séances à partir de 14h30 ainsi que celles du mardi après-midi sont réservées à des activités périscolaires non obligatoires.

Des weekends de deux jours (vendredi et samedi), des vacances d'automne d'une semaine, d'hiver de deux semaines, de printemps de deux semaines et surtout des vacances d'été de plus de douze semaines. Les weekends de pause et l'après-midi du mardi de libre, altèrent la capacité de l'enfant à reprendre les cours avec la concentration nécessaire à l'activité scolaire. Les grandes vacances d'été quant à elles sont trop longues et nuisent considérablement aux acquis de l'enfant et à ses dispositions à l'accumulation des connaissances et aggravent les problèmes liés à la finalisation des enseignements. Vu sous cet angle, des journées plus légères, une semaine de cinq jours et demi et l'étalement de l'année scolaire par le rétrécissement des grandes vacances de deux semaines seraient bénéfiques11.

* La Formation des maîtres : ce sont les enseignants, à travers le travail patient et en perpétuel recommencement –tradition enseignante oblige-qui inculquent aux élèves les qualités nécessaires qui leur permettront de vivre pleinement leur citoyenneté dans la société de demain. Le personnel enseignant s'assure, d'une part, de transmettre les connaissances qui seront utiles aux élèves dans leur vie de travailleurs adultes et, d'autre part, de former les élèves à certaines valeurs précises qui aideront au développement d'habiletés sociales données. A suivre

Notes :

1- Georges Jacques Danton (1759 1794) est un avocat au Conseil du Roi et un homme politique français.Lorsque Danton prononça ces mots, la France était en pleine révolution française. Robespierreavait instauré la guillotine et la terreur. Le peuple gagna peu et eut l'impression d'avoir été trompé. Les personnes ne sachant ni lire ni écrire, ne se rendaient pas compte de ce qui se passaitautour d'eux. Les éduqués auraient permis à ceux-ci de sortir de l'ignorance, d'améliorer le quotidien.

2- Abraham Harold Maslow (1908 - 1970) est un célèbre psychologue américain, considéré comme le père de l'approche humaniste, surtout connu pour son explication de la motivation par la hiérarchie des besoins. Sa théorie (1943) est représentée sous la forme d'une pyramide, dont sa base désigne le besoin primaire qui est le besoin physiologique. Après nous avons de bas en haut, le besoin de sécurité, besoin d'appartenance, besoin d'estime et besoin de réalisation. Cette dernière estdécrite comme le besoin de poursuivre certains apprentissages, de connaître de nouvelles techniques et d'avoir des activités purement désintéressées.

3- En Algérie, pour 2014, sur un budget global de 4714.4 Milliard de Dinars dont 470 de charges communes, avec un budget de 697 représentant 16.4% de l'enveloppe globale,l'éducation nationale est en deuxième position, le Ministère de la Défense étant en pole position.

4- Pourquoi théorique ? Tout simplement parce qu'à l'examen du texte de la loi N° 08- 04 du 15 moharrem 1429 correspondantau 23 Janvier 2008, portant loi d'orientation surl'éducation nationale, le lecteur prendra connaissance des finalités, missions que s'est fixée l'école algérienne. Il en déduira également les aspirations de l'école algérienne.

5- Le sondage intitulé «Les Algériens et l'école : entre opinion qualifiée et opinion de citoyen», est réalisé sous la conduite du Directeur d'ECOtechnics M. Said IGHILAHREZ. Né en 1956, il est statisticien économiste (ENSAE -Paris) et est titulaire d'un DEA en économie publique (Paris I) (1980). Il a créé ECOtechnics en 1989.

6- L'élève est poussé à apprendre juste pour restituer lors des examens. Ces savoirs, en grandes quantités certes, sont tout de suite désappris et oubliés.

7- L'élève peut être amené àacquérir un niveau élevé des connaissances à l'école, mais est incapable d'utiliser ces connaissances dans la vie, dans le travail, dans une situation ou pour solutionner un problème. Il connait les règles de la linguistique mais est incapable de formuler une phrase correcte. Il connait les formules mathématiques mais peine à les utiliser avec pertinence.

8- Théoriquement l'école algérienne se fonde sur la nouvelle pédagogie mais le constat malheureusement, dans la pratique de tous les jours, porte une tout autre réalité.

Nous ne disposons d'aucune lisibilité sur la ligne pédagogique consacrée. La transmission du savoir par le maître et le livre y est moins mais la liberté de l'élève dans la créativité n'y est pas, la mémorisation existe toujours, la construction et l'analyse n'est pas perçue. Des questions de fond subsistent : l'élève est-il vraiment au centre des apprentissages ? L'enseignant a-t-il plus d'autonomie ou une quelconque autonomie ?

Il est vrai qu'allier la traditionnelle à la nouvelle est porteur d'avantages indéniables mais toute la question est de savoir que prendre de l'une et de l'autre : un dosage inadéquat est malheureusement fatal. La transmission du savoir par le maître et le livre est importante (traditionnelle), la créativité l'est tout autant (nouvelle).

Voir sur le sujet "The Psychologie of the Child" (publié en France en 1956), travaux collectifs sous la conduite de Maurice DEBESSE (1903-1998), cité à la fois par Irena Wojnar, Professeure à l'Université de Warsaw Pologne ainsi que Dr. Tarek Saker et Dr. Said Mezroua, Université d'Alger -3- Biskra, Algérie.

9- Le N° 1 (Juillet- Août- Septembre 2011) de " Educ Recherche ", la revue de la recherche en éducation éditée par l'INRE Algérie.Voir dossier consacrée aux " Rythmes scolaires " notamment le résumé de la communication intitulée " Rythmes scolaires une notion ambiguë " page 27.

10- Tout le monde sait que nos enfants perdent généralement entre 5 et 6 semaines par an (sans les grèves) ce qui nous ramène à une année scolaire de 30 à 31 semaines, c'est même en-deçà de la période minimum exigée par la règlementation.

L'article 31 de la loi d'orientation de 2008 précise que l'année scolaire compte au moins 32 semaines de travail pour les élèves, réparties sur des périodes séparées par des vacances scolaires déterminées annuellement par le ministre chargé de l'éducation nationale.

Dans un entretien, paru à TSA le 02 juillet 2014, en évoquant la question du seuil au baccalauréat (attaba en arabe), le ministre de l'Education nationale Nouria BENGHEBRIT déclara : " Il faut savoir que l'élève algérien engrange au maximum - sans les grèves - un nombre de 28 semaines d'enseignement/apprentissage par an contre 36 à 40 semaines dans d'autres pays ".

Vu sur cet angle le système éducatif algérien est malheureusement un des plus compressé au monde avec moins de 140 jours de travail effectifs par année scolaire.

En effet, la durée de l'année scolaire est de 36 semaines en France, 40 en Allemagne, 34 primaire et 38 secondaire au Maroc, 35 en Espagne et enfin 38 en Finlande.

Attention, au Maroc, par exemple, où il est de 34 semaines, la semaine compte un volume horaire de 30 heures au lieu des 21 à 24 heures que compte la semaine en Algérie.

11- La question devra être tranchée en concertation avec des spécialistes des rythmes biologiques de l'enfant.

Même les pauses entre deux séances, la pause-déjeuner, la nature des cours durant le matin ainsi que ceux durant l'après-midi devront être définis en fonction des régions, des climats et surtout des études des rythmes biologiques de l'enfant.