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Le risque routier, un problème de santé publique majeur

par Y. Khatir *

« Sans cesse le progrès, roue au double engrenage, fait marcher quelque chose en écrasant quelqu'un » V. Hugo

- Le risque routier, un principe tout accident n'est pas le fruit du hasard (fig.1)

C'est la conjonction d'une exposition et du danger de la circulation automobile. L'automobile est la source de danger potentiel en raison de l'énergie qui l'anime. Le chauffeur constitue une autre source de danger potentiel en tant que pilote d'un véhicule sous énergie. Le système est complexe, il y a l'homme, le véhicule et l'environnement. Cela nécessite une approche systémique qui tient compte de cet ensemble d'éléments en interaction dynamique, organisés en fonction d'un but. Comment endiguer l'hécatombe ? Elaborer une stratégie fondée sur deux systèmes de sécurité.

- la sécurité réglée

La circulation automobile est une situation dangereuse diffuse en présence de véhicules sous énergie, de piétons, d'animaux, d'un environnement et d'une infrastructure routière. Par sécurité réglée on entend la mise en place de toutes les techniques de sécurité de l'automobile : routes carrossables(chaussées pourvues d'échappatoires), la signalisation routière, l'obligation des contrôles techniques des véhicules, standardisation des équipements de sécurité (ceinture, freins ABS…), organisation des contrôles inopinés, éducation à la sécurité routière, sensibilisation aux accidents de la route (campagnes périodiques, projection de film…), sanctions des contrevenants(amendes, permis à point). Contrôler régulièrement les chauffeurs professionnels (transports en commun, routier, taxi, livreur…) à savoir le respect des heures de repos, rotation, contrôle médical périodique…Toutes ces mesures techniques relèvent des obligations des pouvoirs publics qui ont cette lourde charge d'assurer la sécurité des personnes et des biens.

- La sécurité gérée

Les statistiques démontrent que le facteur humain est à hauteur de 80% des causes d'accidents de la route. Ceci concerne le comportement des individus (chauffeurs, piétons). Rappelons ces expressions « conduire c'est bien se conduire », « on ne prend pas la route, on la partage ». La détention d'un PC, pour tout exercice de pilotage de véhicule sous énergie, est une priorité absolue. Conduire c'est d'abord maîtriser son véhicule, respecter le code de la route (pas d'excès de vitesse, pas de dépassement dangereux, stopper devant un feu rouge, pas d'alcool au volant ni de médicaments psychotropes, prudence…), connaître un minimum sur la mécanique de l'automobile. C'est à travers le comportement de l'individu (chauffeur, piéton) que se réalise la sécurité gérée. Il peut être fondé sur quatre aspects : psychologique (esprit sain, serein, vigilant), physiologique (stress, fatigue, gestion du temps de conduite…), sociologique (civisme, respect de l'autre, soucis familiaux…), et économique (répondre aux besoins de survie). Ainsi, la sécurité doit reposer sur deux systèmes en adéquation: la sécurité réglée et la sécurité gérée cette dernière doit être au cœur de la gestion de la sécurité routière.

*Professeur, université d'Oran, chercheur lab. «RITE»