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ODEUR DE BRULE ET RELENTS DE POUDRE

par M. Abdou BENABBOU

Une très forte odeur de brûlé se dégage de la couronne de l'Etat. De cette hauteur, les senteurs propagées ont toujours le loisir de se transformer en relents de poudre susceptibles de couvrir tout le pays. La dernière sortie du général de corps d'armée Mohamed Mediene, ex-super patron des services secrets, n'est pas anodine. Plus qu'elle ne donne une clarification sur l'intrigant dossier d'un de ses très proches collaborateurs en la personne d'un autre général très particulier, sa lettre adressée à l'opinion publique atteste de la montée en puissance d'un bras de fer dangereux.

Le fait que la déclaration ne soit pas adressée directement au président de la République dans les normes que requiert l'intimité d'une forte collaboration passée est significatif d'une rupture consommée entre des forces hier encore solidement liées.

Il devient donc certain que le procès du général Hassan n'était pas seulement celui d'un officier indiscipliné et que, eu égard à ses élogieux états de service, l'incrimination dont il a été l'objet dépassait le cadre d'une insoumission personnelle.

La mise au pas voulue par celui qui n'acceptait pas d'être un quart de président ne date pas d'aujourd'hui et les prémices d'un nouvel ordre serré avaient déjà débuté quand l'ancien chef d'état-major, Mohamed Lamari, un autre rare général de corps d'armée, avait brandi sa fiche de paie au cours d'une conférence de presse improvisée. Le geste était le témoignage d'un disfonctionnement flagrant au cœur de l'Etat et la manifestation d'une guerre des humeurs entre des grands représentants d'institutions névralgiques déjà fragiles. On sait ce qui a suivi et le décompte des fournées à la trappe accompagnées de mises à l'index est loisible.

Mais aujourd'hui peu importe les griefs, les reproches, les dossiers et les lourds ou légers secrets cachés bien qu'il faille s'attendre dans un proche avenir à des révélations insoupçonnées jusqu'ici. Les bavards de service n'attendent que l'appel des clairons.

Le plus important est bien la conjoncture périlleuse que traverse l'Algérie et que personne ne présageait. Un président de la République malade et handicapé au plus haut point, une crise économique et sociale qui annonce un désastre et toutes les frontières du pays soumises à la porosité nourricière des holocaustes constituent un terreau parfait pour un remake à la syrienne.