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Agression américano-sioniste: Les Américains ont-ils voulu voler l'uranium enrichi iranien ?

par Mohamed Mehdi

Lundi, 37e jour de l'agression américano-sioniste contre l'Iran. Le détroit d'Ormuz reste fermé pour les Etats-Unis, Israël et leurs alliés dans cette guerre contre l'Iran et le Liban. L'Iran ne rouvrira pas le détroit d'Ormuz en échange d'un « cessez-le-feu temporaire», a déclaré un haut responsable iranien à l'agence Reuters, ajoutant que Téhéran considère que Washington n'est pas prêt à un cessez-le-feu permanent, rapporte Al Jazeera English (AJE). Cette déclaration intervient au lendemain du communiqué de la marine des Gardiens de la révolution affirmant que le détroit « ne retrouvera jamais son état antérieur, en particulier pour les États-Unis et Israël», ajoutant que les « préparatifs opérationnels (sont) en phase de finalisation» pour instaurer un « nouvel ordre» dans le Golfe. Toujours à propos du détroit d'Ormuz, l'ambassade d'Iran en Malaisie a annoncé que « le premier navire iranien a traversé cette voie maritime stratégique du Golfe depuis le début du conflit». En outre, l'agence de presse iranienne ISNA a rapporté qu'un deuxième navire turc a franchi le détroit d'Ormuz, en coordination avec les autorités iraniennes.

Les attaques de la coalition et la riposte iranienne

L'agence de presse Tasnim a rapporté, lundi, plusieurs attaques de la coalition américano-sioniste ciblant des installations électriques. « Les sociétés Mobin et Damavand ont été la cible de bombardements, provoquant des coupures de courant dans le complexe pétrochimique de Pars à Assaluyeh, dans le sud de l'Iran», indique Tasnim, précisant que ces entreprises « fournissent l'électricité, l'eau et l'oxygène aux installations pétrochimiques d'Asaluyeh». En outre, l'attaque menée hier matin par les Américains et les Israéliens sur la ville de Qom a fait au moins « 9 martyrs, 19 blessés, et a endommagé une centaine de maisons», a déclaré le gouverneur de la deuxième ville sainte d'Iran, après Machhad, située à 150 km au sud de la capitale Téhéran.

Par ailleurs, un responsable de la province iranienne de Fars, cité par Al Jazeera, a déclaré, hier, que « des frappes aériennes américano-israéliennes ont visé un pylône électrique et un institut de recherche à Shiraz, dans le sud de l'Iran».

Lundi, dans le cadre de la 98e vague de l'opération « Authentique Promesse 4», la riposte iranienne a ciblé « des infrastructures de commandement, d'opérations, logistiques et industrielles militaires américaines et israéliennes», a indiqué un communiqué du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI). « La Marine du CGRI a ciblé avec précision le porte-conteneurs israélien « SDN7» à l'aide d'un missile de croisière, provoquant un incendie», ajoute la même source.

Des agences de presse iraniennes ont rapporté que le CGRI a mené des attaques de drones et de missiles contre « des hélicoptères et des logements de troupes sur la base américaine d'Al-Udairi au Koweït», « le centre de production de drones conjoint émirati-sioniste», ainsi que « plusieurs aéronefs basés sur la base aérienne Ali Al Salem». Dans le centre de la Palestine occupée, un missile iranien a fortement endommagé un bâtiment à Ramat Gan. Des médias sionistes ont fait état de « plusieurs personnes piégées sous les décombres»

Al Jazeera rapporte également, citant Yedioth Ahronoth, que l'entité sioniste « transforme des stations de métro de Tel-Aviv en abris pour les habitants».

Téhéran annoncera sa réponse diplomatique au moment opportun

Au lendemain de la mission des troupes spéciales américaines de sauvetage du second membre de l'équipage du F-¬35 abattu par l'Iran, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismail Baghai, a laissé entendre que « l'opération d'Ispahan était une tentative de vol du stock d'uranium (enrichi)».

« L'hypothèse selon laquelle l'opération d'Ispahan était une manœuvre de diversion visant à voler de l'uranium, mais qui a échoué, ne peut être écartée», a déclaré Baghai. A propos des « pourparlers» menés par le Pakistan, pour mettre fin à cette agression, Ismail Baghai affirme que « Téhéran a rédigé sa réponse diplomatique aux États-Unis et l'annoncera au moment opportun», rapporte Al Jazeera. « Nous avons défini nos conditions sur la base de nos intérêts, de notre position, et nos lignes rouges sont claires», a-t-il ajouté, considérant que les «15 points» du plan américain, transmis via le Pakistan, «étaient excessivement exagérés, inhabituels et déraisonnables».

L'AIEA appelle à cesser les attaques contre les centrales nucléaires

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a mis en garde contre un risque d'incident radiologique à la centrale nucléaire de Bushehr.

«Sur la base de son analyse indépendante de nouvelles images satellites et de sa connaissance approfondie du site, l'AIEA confirme les impacts récents de frappes militaires à proximité de la centrale nucléaire de Bushehr (BNPP) en Iran, dont une à seulement 75 mètres du périmètre du site», affirme l'agence dans un communiqué publié lundi sur la plateforme X.

L'agence confirme que « l'analyse des images du 5 avril par l'AIEA montre que la BNPP elle-même n'a pas été endommagée», mais considère que la poursuite des bombardements « pourrait provoquer un grave accident radiologique aux conséquences désastreuses pour la population et l'environnement, en Iran et au-delà».

Pour le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, quelle que soit la nature des cibles visées, « de telles attaques constituent un danger très réel pour la sûreté nucléaire et doivent cesser».