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La centrale iranienne de Buchehr de nouveau bombardée: «Risque croissant d'accident nucléaire»
par Mohamed Mehdi Samedi, au 35e jour de
l'agression contre l'Iran, la coalition américano-israélienne continue de
cibler des installations civiles en guise de pression sur Téhéran pour accepter
les «conditions» de Trump pour un cessez-le-feu. Le
bilan des victimes, depuis le 28 février, est passé à plus de 1900 martyrs,
dont des centaines de femmes et d'enfants, et au moins 20.000 blessés, selon Jagan Chapagain, le Secrétaire
général de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du
Croissant-Rouge (FICR).
Dans un communiqué publié mercredi, le Croissant-Rouge iranien (IRCS) a déclaré, de son côté, que les frappes aériennes américano-israéliennes avaient endommagé ou détruit plus de 115.000 infrastructures civiles à travers le pays au cours des cinq dernières semaines. Par ailleurs, le ciblage des installations nucléaires iraniennes se fait de plus en plus insistant, en particulier la centrale nucléaire civile de Buchehr qui a été bombardée quatre fois depuis le début de l'agression. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a déclaré samedi qu'Israël et les États-Unis ont ciblé la centrale nucléaire de Buchehr à quatre reprises, ajoutant que les attaques contre les installations pétrochimiques iraniennes « révèlent les véritables objectifs de la guerre », rapporte Al Jazeera. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a confirmé, samedi, avoir été informée par les autorités iraniennes «de la chute d'un projectile près de la centrale nucléaire de Buchehr, faisant état de dégâts sur un bâtiment et de la mort d'un membre du personnel de sécurité», précise la même source. Sur le même sujet, le PDG de Rosatom, la société d'État russe de l'énergie nucléaire, a annoncé, hier, l'évacuation de 198 personnes de la centrale nucléaire iranienne de Buchehr, précisant que le bombardement s'était produit dans une zone protégée, avant d'avertir d'un «risque croissant d'accident nucléaire». Rappelons que lors de l'agression américano-israélienne de juin 2025, qui a duré 12 jours, l'AIEA avait expliqué qu'une frappe directe sur la centrale de Buchehr, ou bien la perte de ses deux lignes d'alimentation électrique externes, pourrait entraîner un accident radiologique majeur, n'excluant pas la nécessité de mesures de protection pouvant aller d'évacuations locales à des restrictions sur les denrées alimentaires dans un rayon de plusieurs centaines de kilomètres. Intenses ripostes de l'Iran et du Hezbollah Sur le terrain, le niveau et l'ampleur de la riposte iranienne, et le maintien de la fermeture du détroit d'Ormuz devant les agresseurs, n'indique aucun signe d'affaiblissement de Téhéran. Les Gardiens de la révolution iraniens (CGRI) ont annoncé plusieurs attaques hier, dont celles «ciblant des sites à Bnei Brak, Petah Tikva, Tel Aviv et Kiryat Shmona avec des missiles Qadr équipés d'ogives à fragmentation», ainsi qu'un «navire commercial lié à l'entité sioniste, battant pavillon étranger, dans le port Khalifa, à Bahreïn où il a pris feu». Les CGRI affirment avoir ciblé aussi des «sites et équipements américains» sur l'île de Bubiyan, au Koweït, et des systèmes Patriot à Bahreïn, ainsi que la société américaine de technologies d'intelligence artificielle «Oracle», basées aux Émirats arabes unis». Des sirènes retentissent dans la région Al-Djalil, à Haïfa et sur le plateau du Golan après la détection de missiles tirés depuis l'Iran, rapporte Al Jazeera, ajoutant que la radio de l'armée israélienne a déclaré que «trois missiles tirés depuis l'Iran depuis minuit la nuit dernière, dont deux à sous-munitions, n'ont pas été interceptés». De son côté, le Hezbollah a annoncé avoir bombardé des rassemblements de soldats israéliens sur la place de la ville d'Al Qantara et sur la colline de Friez, dans la ville d'Ainata, au sud du Liban», et ajoutant que ses combattants «ont abattu un soldat israélien près du centre de détention de Khiam». OMS : Plus de 20 attaques contre des établissements de santé iraniens L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde, vendredi, contre les raids américano-israéliens contre des établissements de santé iraniens, suite aux frappes contre l'Institut Pasteur, un des plus anciens centres de recherche et de santé de Téhéran. Dans une publication sur la plateforme X, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a confirmé que «depuis le 1er mars, l'OMS a vérifié plus de 20 attaques contre (des établissements) de soins de santé en Iran, entraînant au moins 9 décès, dont celui d'un travailleur de santé spécialisé dans les maladies infectieuses et d'un membre de la Société iranienne du Croissant-Rouge». «De multiples attaques contre la santé ont été signalées ces derniers jours dans la capitale iranienne, Téhéran. L'Institut Pasteur en Iran a subi des dommages importants et a été rendu incapable de poursuivre la prestation de services de santé», écrit le DG de l'OMS, rappelant que «l'Institut a été fondé en 1920 et fonctionne depuis plus d'un siècle dans de multiples domaines de la recherche médicale» et «joue un rôle important dans la protection et la promotion de la santé de la population, y compris en cas d'urgence». M. Ghebreyesus a fait état également de «dommages importants» subis par «l'hôpital psychiatrique Delaram Sina» suite à une frappe le 29 mars, et «l'usine pharmaceutique Tofigh Daru, qui produisait des médicaments pour le traitement du cancer et de la sclérose en plaques, a été endommagée lors d'une autre attaque le 31 mars». «Des attaques contre la santé ont également été enregistrées en dehors de Téhéran, notamment le 21 mars, lorsqu'une explosion près de l'hôpital Imam Ali à Andimeshk, dans la province du Khouzistan, a conduit à l'évacuation de l'établissement et à l'arrêt des services», affirme encore le patron de l'OMS. |
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