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Transports: De nouvelles mesures pour décongestionner la circulation

par M. Aziza

Face à l'aggravation de l'encombrement routier dans plusieurs grandes villes du pays, notamment à Alger, Constantine et Oran, le ministère des Transports a annoncé une série de mesures visant à améliorer la mobilité urbaine et à réduire l'insécurité routière.

Ces embouteillages récurrents provoquent désormais une paralysie quasi quotidienne de la circulation, d'où l'urgence d'apporter des solutions concrètes et durables.

S'exprimant lors de la première journée dédiée à la mobilité en Algérie, Mme Hassiba Gouasmia, sous-directrice du trafic routier au ministère des Transports, a fait état de la mise en œuvre de plusieurs études et plans de décongestion pour résoudre le problème des points noirs à travers dix wilayas.

Cette rencontre, organisée par Info Trafic et parrainée par les ministères de l'Intérieur et des Transports, s'est tenue à l'Institut supérieur des sciences à Alger. Ce « Trik Talk » a permis aux intervenants d'échanger et de formuler des propositions concrètes pour améliorer la circulation et renforcer la sécurité routière.

Lors de cette journée, l'accent a également été mis sur la hausse inquiétante des accidents de la route. Les chiffres présentés montrent que 26 976 accidents corporels ont été enregistrés en 2025, causant 37 020 blessés et 3 838 décès. Comparativement à 2024, tous les indicateurs sont orientés vers la hausse, avec une augmentation de 2,68% du nombre d'accidents, de 2,62% des décès et de 4,9% des blessés.

Cette tendance préoccupante confirme la nécessité d'adopter des mesures urgentes pour endiguer l'hécatombe routière.

Dans ce contexte, une étude approfondie sur la congestion de la circulation à Alger a été lancée afin d'identifier les principales causes des embouteillages et proposer des solutions adaptées. Cette étude qui comprend cinq étapes, se trouve actuellement dans sa quatrième phase. Parmi les pistes étudiées figure notamment la restructuration du réseau de transport par bus sur les axes routiers les plus saturés. Parallèlement, plusieurs projets structurants ont été annoncés, dont la construction d'une nouvelle gare multimodale à Bir Mourad Raïs.

Ce projet s'inscrit dans le cadre du plan d'aménagement d'Alger à l'horizon 2035 et vise à améliorer la mobilité des voyageurs tout en réorganisant les flux de transport reliant la capitale aux wilayas de l'ouest, du centre et du sud-ouest du pays. Cette infrastructure moderne comprendra différents niveaux dédiés aux transports publics, aux parkings pour véhicules privés.

Dans le même sillage, le programme national de modernisation du parc de transport public est entré dans sa phase opérationnelle. Cette initiative s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, portant importation de 10 000 bus neufs afin de rajeunir une flotte fortement affectée par la vétusté. Plusieurs wilayas ont déjà bénéficié de ce programme, notamment Alger, Oran, Constantine et Annaba, où de nouveaux bus ont été réceptionnés pour renforcer les lignes existantes et en créer de nouvelles, afin de répondre à l'extension urbaine et à la demande croissante en transport public.

La représentante du ministère des Transports a également évoqué le nouveau code de la route. Ce texte met l'accent sur la modernisation des services de contrôle, notamment à travers l'utilisation accrue des technologies numériques, ainsi que sur le renforcement de la formation continue des conducteurs professionnels et l'obligation du Certificat d'aptitude professionnelle, en particulier pour les conducteurs transportant des substances dangereuses.

Les accidents impliquant les deux-roues représentent près de 30% des sinistres routiers, selon Samir Khemici, fondateur de l'initiative Stop Agressivité Routière.

Il affirme que 80% des motards algériens adoptent une conduite dangereuse, pointant particulièrement l'usage du téléphone portable. L'intervenant a également dénoncé la mauvaise qualité du marquage routier, dont la peinture se détériore dès les premières pluies, augmentant ainsi les risques d'accidents.

La technologie peut sauver des vies

Lors de cette rencontre, Hakim Soufi, représentant du secteur des assurances, a plaidé pour le développement de routes intelligentes et plus sûres en s'appuyant sur les nouvelles technologies. Selon lui, l'Algérie dispose des compétences nécessaires pour réussir cette transition vers une mobilité intelligente, notamment grâce aux jeunes talents spécialisés dans le domaine technologique. Il a insisté sur l'importance d'adopter des solutions innovantes telles que les feux de signalisation intelligents, l'éclairage intelligent, la boîte noire automobile ou encore le système eCall permettant d'alerter automatiquement les secours en cas d'accident.

L'intervenant a également évoqué l'introduction de radars intelligents et de systèmes de reconnaissance automatique des plaques d'immatriculation, des technologies qui ont déjà prouvé leur efficacité dans plusieurs pays en réduisant les infractions routières et en améliorant la sécurité. Il a souligné qu'un code de la route plus rigoureux demeure nécessaire, mais qu'il doit être accompagné par l'intégration des technologies modernes afin de passer d'une culture de réaction à une culture de prévention.