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Moutons importés pour l'Aïd: Densifier les points de vente pour plus d'équité
par M. Aziza Les pouvoirs publics ont
décidé d'importer un million de têtes de moutons en prévision de l'Aïd El-Adha. L'opération d'importation est déjà en cours et
devrait s'accélérer dans les prochains jours. La question de l'équité dans la
distribution des moutons importés s'impose comme l'un des principaux enjeux de
cette opération.
Après les dysfonctionnements observés lors de la campagne précédente, les autorités entendent cette fois mieux encadrer la répartition à travers le territoire national, notamment à travers la densification des points de vente dans les différentes wilayas. L'objectif est d'éviter les déséquilibres régionaux, de prévenir toute forme de spéculation et de garantir un accès plus équitable aux citoyens. À ce titre, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a fixé le prix de vente du mouton importé pour l'Aïd El-Adha 2026 à un maximum de 50.000 DA. Dans ce contexte, l'expert en agriculture et ancien cadre au ministère de l'Agriculture, Mustapha Benaoui, a souligné la nécessité d'éviter les dysfonctionnements constatés lors de la précédente campagne. Il a plaidé pour une densification des points de vente à travers les wilayas, ainsi que pour « une implication directe des grands éleveurs », disposant, selon lui, des infrastructures et des capacités logistiques nécessaires pour assurer une distribution efficace et équilibrée. Lors de son passage, hier, à l'émission « L'invité du jour » de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, M. Benaoui a rappelé que le volume prévu reste limité face aux besoins réels. « Le million de têtes est insuffisant vis-à-vis de la demande », a-t-il affirmé, estimant que les besoins nationaux se situent entre 3,5 et 4 millions de têtes. Il a également indiqué que le cheptel national est estimé à environ 18 millions de têtes, dont seule une partie est apte à l'abattage. M. Benaoui a, par ailleurs, indiqué que l'opération d'importation a débuté avec l'arrivée de la première cargaison au port d'Alger. Cette initiative, pilotée par le ministère de l'Agriculture, vise à approvisionner le marché et à réduire la pression sur le cheptel local. Les importations proviennent de plusieurs pays, notamment l'Espagne, la Roumanie, le Brésil et l'Uruguay, avec un objectif de distribution d'un million de têtes sur une période de 60 jours. Les cargaisons seront réceptionnées dans cinq ports du pays - Oran, Mostaganem, Ténès, Alger et Annaba - avant une quarantaine sanitaire de 20 à 30 jours, préalable à leur mise en vente. Pour l'invité de la Chaîne 3, la prise en charge du cheptel constitue également un défi majeur, nécessitant d'importants moyens en alimentation, en eau et en suivi sanitaire. Selon lui, chaque mouton nécessite entre 600 et 700 grammes d'aliments par jour, pour un besoin global estimé à près de 30.000 tonnes, ainsi qu'une consommation d'eau comprise entre 3 et 5 litres par tête quotidiennement. Une stratégie à long terme ? L'expert estime que l'importation du cheptel constitue une solution nécessaire, mais aussi une stratégie à long terme, notamment face à la baisse du cheptel national et à la dégradation des parcours naturels. Il a affirmé que cette opération ne doit pas être perçue comme une mesure ponctuelle liée uniquement à l'Aïd El-Adha, mais plutôt comme une démarche stratégique visant à préserver les ressources locales et à soutenir la reconstitution progressive du cheptel national. M.Benaoui a ainsi plaidé pour la poursuite de cette stratégie sur le moyen terme. « C'est une opération stratégique qui va durer dans le temps, entre 5 et 8 ans, afin de permettre la reconstitution du cheptel national », a-t-il expliqué, soulignant que ce délai est nécessaire pour restaurer progressivement les capacités de production locales. Dans cette perspective, l'expert recommande également de privilégier une importation étalée tout au long de l'année, plutôt que concentrée uniquement à l'approche de l'Aïd El-Adha. Une telle démarche permettrait, selon lui, de mieux réguler le marché, de limiter la spéculation et de garantir une disponibilité plus régulière du cheptel. Il a appelé, en outre, à l'adoption d'une stratégie durable et mieux planifiée pour soutenir la filière de l'élevage en Algérie. |
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