Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

Agression américano-sioniste contre l'Iran: Une pénurie de carburant menace de nombreux pays

par Mohamed Mehdi

Mercredi, 33e jour de l'agression américano-israélienne contre l'Iran. Les bombardements de la coalition se poursuivent, alors que la riposte iranienne continue de cibler l'entité sioniste et les bases américaines dans la région du Golfe. L'agence de presse Fars a rapporté que quatre salves de missiles avaient été lancées depuis l'Iran vers les territoires occupés en l'espace de deux heures. Des médias israéliens ont affirmé que 25 personnes ont été blessées mercredi dans 20 localités différentes lors de frappes de missiles iraniens. « Parmi elles, une personne est dans un état critique et plusieurs autres sont grièvement blessées », rapporte Al Jazeera. Toujours selon Fars, « l'armée israélienne a reconnu la mort de 10 de ses soldats et déplore 309 blessés, dont 23 dans un état critique, depuis le début du conflit contre l'Iran et le Liban ». Au Liban, le bilan des attaques israéliennes contre la population civile atteint 1.318 martyrs depuis le 2 mars, affirme le ministère de la Santé qui fait état également de 3935 blessées.

La «plus importante attaque iranienne»

Mercredi, vers 15h30 (GMT+1), Al Jazeera a rapporté, citant des médias sionistes, que « Israël subit la plus importante attaque iranienne depuis le début de la guerre », et que des « ogives explosives sont tombées dans plusieurs villes du centre d'Israël » provoquant de « fortes explosions ». «Des débris d'intercepteurs sont tombés à plusieurs endroits dans le centre d'Israël et au nord de Tel-Aviv. Des débris de missiles sont tombés à plusieurs endroits dans le centre d'Israël, notamment à Ramat Gan, à l'est de Tel-Aviv », ajoutent les médias sionistes. Fait « exceptionnel», «la plupart des missiles sont des munitions à fragmentation et tombent partout ». Il s'agit, selon la radio de l'armée israélienne, « pour la première fois depuis le début de la guerre, dix missiles balistiques, dont certains à fragmentation ». La chaîne 12 israélienne a rapporté que « des missiles avaient été lancés simultanément depuis l'Iran et le Liban vers le plateau du Golan ».

Trump accumule les revers

A propos des « négociations », le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré à Al Jazeera que les affirmations de Trump selon lesquelles Téhéran aurait demandé un cessez-le-feu étaient fausses. Les Etats-Unis enregistrent de nouveaux revers de la part de deux autres de ses alliés. L'Italie qui a « refusé à des avions US en route vers le Moyen-Orient de se poser sur sa base », selon The Times of Israël, et « la France a refusé que des avions chargés de matériel militaire à destination d'Israël survolent son territoire », selon Donald Trump dans une publication sur Truth Social, son propre réseau social. A noter, comme l'explique le journal Le Monde, citant des sources anonymes, que « la France n'a pas interdit tous les survols d'avions militaires à destination d'Israël et du Moyen-Orient ». « Les aéronefs américains sont autorisés à survoler le territoire français dans le respect des règles internationales de survol des aéronefs d'Etat », a ainsi précisé une source diplomatique au quotidien français.

Marché pétrolier: Un manque de 12 millions de barils par jour

Selon le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Barol, durant le mois de mars écoulé, le marché pétrolier a enregistré une baisse de l'offre de l'ordre de 12 millions de barils par jour.

« À ce jour, la guerre a entraîné une perte d'environ 12 millions de barils de pétrole par jour et a endommagé une quarantaine d'infrastructures énergétiques régionales clés, a indiqué M. Birol lors d'un podcast avec Nicolai Tangen, directeur du fonds souverain norvégien », rapporté l'agence iranienne Fars. Selon lui, « le principal problème est la pénurie de kérosène et de gasoil ». « Nous le constatons déjà en Asie, mais je pense que d'ici avril ou mai, cela touchera également l'Europe », a-t-il précisé.

Et ces perturbations de l'approvisionnement en pétrole ne s'arrêteront pas là. Elles « seront deux fois plus importantes en avril qu'en mars », affirme encore le patron de l'AIE qui avertit que « l'Europe en ressentira bientôt les effets ».

UE et Australie: Des mesures pour réduire la consommation de carburants

Les conséquences économiques de l'agression américano-israélienne s'étendent bien au-delà de la région du Golfe. Plusieurs pays, dont ceux de l'Union européenne et de l'Australie, ont pris des mesures pour tenter de réduire l'impact sur les prix des carburants, en raison de la hausse des cours du pétrole brut, mais surtout à cause de la baisse drastique de l'offre sur le marché international.

Deux jours après avoir annoncé la réduction de moitié les taxes sur les carburants à partir du 1er avril et jusqu'au 30 juin, l'Australie appelle les citoyens à utiliser davantage les transports pour économiser la consommation d'essence et de diesel.

Le Premier ministre, Anthony Albanese, a incité les Australiens à « privilégier les transports en commun », avertissant que « les mois à venir risquent d'être difficiles », rapporte Associated Press (AP). « Continuez vos activités et votre vie comme d'habitude. Profitez bien de Pâques. Et dans les semaines à venir, si vous le pouvez, prenez le train, le bus ou le tramway pour aller travailler », a-t-il déclaré. Par ailleurs, la Commission européenne, via le commissaire à l'énergie Dan Jørgensen « a demandé aux États membres d'envisager de réduire leur consommation de pétrole et de gaz, particulièrement dans le secteur des transports », rapporte le magazine américain Politico. Craignant que le « problème de prix » ne se transforme en « une crise énergétique majeure avec de graves conséquences économiques mondiales », la Commission « exhorte les citoyens à privilégier le télétravail, à limiter leurs déplacements en voiture et en avion, et appelle les pays de l'UE à déployer rapidement les énergies renouvelables », ajoute la même source.