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Importation des moutons de l'Aïd: Cadence accélérée jusqu'au 20 mai

par M. Aziza

À l'approche de l'Aïd El-Adha, les Autorités publiques intensifient les préparatifs afin d'assurer la disponibilité du bétail et de garantir le déroulement de cette fête religieuse dans de bonnes conditions.

Dans ce cadre, le gouvernement a mis en place un dispositif logistique et sanitaire renforcé, visant à sécuriser l'importation et la distribution des moutons à travers l'ensemble du territoire national. Ainsi, l'opération d'importation des moutons de l'Aïd El-Adha connaîtra une cadence accélérée à partir de la semaine prochaine et se poursuivra jusqu'au 20 mai, afin de finaliser l'acquisition de la quantité totale contractée auprès de l'Espagne, de la Roumanie, du Brésil et de l'Uruguay. C'est ce qui a été précisé dans un communiqué du ministère de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche. Une première cargaison de moutons importés a été réceptionnée jeudi au port d'Alger, dans le cadre de la mise en œuvre de la décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, portant sur l'importation d'un million de têtes de moutons en prévision de l'Aïd El-Adha. Le ministère a, par ailleurs, mobilisé les moyens logistiques nécessaires au niveau des ports pour assurer la réception des moutons dans les meilleures conditions. Les Services vétérinaires compétents ont également été déployés sur place pour effectuer un second contrôle sanitaire, après celui réalisé dans les pays d'origine, avant leur transfert dans des camions spécialisés vers des zones de quarantaine aménagées à cet effet. Ces espaces sont dotés de toutes les conditions requises, notamment le fourrage, l'eau et le suivi sanitaire continu.

Dans un souci de transparence et d'efficacité, une plateforme numérique dédiée au suivi de l'opération d'importation a également été mise en place. Celle-ci permet de fournir, en temps réel, des informations détaillées sur les opérations d'expédition, les noms des navires, leur cargaison, leur position, les ports algériens de réception, ainsi que le suivi des opérations de distribution et de commercialisation ultérieures. Ces mesures s'inscrivent dans la volonté des Autorités de garantir un approvisionnement suffisant du marché national.

Contacté par nos soins, Brahim Amrani, vice-président de la Fédération des éleveurs, a qualifié la décision d'importation de moutons de « sage », estimant qu'elle est intervenue au moment opportun. Il a souligné que ce type d'opérations nécessite une anticipation afin d'éviter d'être à la merci des fluctuations des marchés internationaux.

Notre interlocuteur a exprimé son souhait de voir les producteurs nationaux répondre eux-mêmes à la demande locale, plutôt que de recourir à l'importation. « Nous aurions préféré que ce soit nous, les éleveurs locaux, qui satisfassions les besoins du marché. Malheureusement, faute de programmation adéquate, nous nous retrouvons, encore une fois, contraints d'importer », a-t-il regretté. Il se montre toutefois optimiste, quant à une amélioration de la situation dans les années à venir. Abordant la question des prix, M. Amrani a indiqué que la hausse reste préoccupante. « Auparavant, les moutons se vendaient entre 40.000 et 50.000 DA. Aujourd'hui, les prix ont doublé, voire triplé, oscillant entre 100.000 et 120. 000 DA », a-t-il expliqué, attribuant cette flambée à la baisse de la production et à la forte demande persistante.

Concernant l'alimentation du bétail, Dr Amrani a relevé des signaux encourageants cette année, grâce à une bonne pluviométrie ayant favorisé la disponibilité des pâturages. « Il y a de l'herbe et de quoi faire paître le cheptel. On peut dire que la situation s'améliore progressivement », a-t-il affirmé, tout en exprimant l'espoir que l'État poursuive ses efforts d'approvisionnement en aliments pour bétail. Il a également appelé les éleveurs à mieux s'organiser, notamment en constituant leurs propres stocks d'aliments, afin de faire face aux fluctuations futures et renforcer la résilience du secteur.