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Nouveau cycle de tension: Le chargé d'affaires de l'ambassade de France à Alger convoqué
par A. Z. Après une légère éclaircie, de sombres
nuages planent à nouveau sur les relations algéro-françaises.
Il suffit d'un grain de sel dans la machine diplomatique, qui a déployé ces
dernières semaines tant d'efforts afin de renouer le dialogue entre les deux
pays, pour que les compteurs soient remis à zéro. Le renouvellement de la
détention provisoire d'un agent consulaire algérien, pour une durée
supplémentaire d'une année, a ouvert la voie à un nouveau cycle de tension
entre Alger et Paris. Dans ce sillage, le chargé d'affaires de l'ambassade de
France à Alger a été convoqué, jeudi, au siège du ministère des Affaires
étrangères (MAE) pour protester, dans les termes les plus fermes, contre cette
décision.
«Le chargé d'affaires de l'ambassade de France à Alger a été convoqué le 26 mars courant au siège du ministère des Affaires étrangères. Cette convocation a eu pour objet d'élever, dans les termes les plus fermes, une protestation contre le renouvellement, hier, pour une durée supplémentaire d'une année, de la détention provisoire d'un agent consulaire algérien», précise un communiqué du ministère. «L'attention du diplomate français a été fermement appelée sur le fait que l'agent consulaire algérien faisait déjà l'objet d'une détention provisoire d'une année et ce, depuis le mois d'avril 2025, en dépit de son statut protégé au titre de la Convention de Vienne sur les relations consulaires de 1963.» Dans ce même contexte, «il lui a été fait part d'une très vive réprobation quant au traitement inqualifiable que subit l'agent consulaire algérien depuis son incarcération et qu'a permis de révéler la première visite consulaire autorisée dont il a bénéficié le 17 mars courant», note le communiqué. «Enfin, il a été notifié au chargé d'affaires français le fait que cette décision difficilement justifiable ou recevable aura inévitablement des conséquences sur le cours normal des relations algéro-françaises», conclut la même source. Rappelons qu'il y a une année, la mise en examen de l'agent consulaire par les autorités judiciaires en France avait fait l'effet de l'huile sur le feu, donnant lieu à l'expulsion réciproque d'une douzaine de diplomates et agents consulaires et au rappel à Paris de l'ambassadeur de France sur demande du président Macron. Rappelons également que cette même affaire avait éclaté seulement quelques jours après une visite à Alger du ministre français des Affaires étrangères (6 avril 2025), compromettant les efforts diplomatiques initiés dans le cadre de la reconstruction des ponts de la coopération bilatérale, démolis depuis 2024. Simple coïncidence ou synchronisation contextuelle, le froid qui se réinstalle aujourd'hui dans les relations bilatérales intervient alors qu'on s'attendait au renforcement du dialogue entre les deux pays, qui commençait à donner des résultats appréciables. Selon les échos diplomatiques, la situation se décrispait peu à peu, notamment sur le plan de la coopération sécuritaire, depuis la visite du ministre français de l'Intérieur à Alger, en février, ainsi que l'entretien téléphonique entre les chefs des diplomaties des deux pays, Ahmed Attaf et Jean-Noël Barrot, le 15 mars dernier. |
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