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Ghaza: Hamas prêt à transférer l'administration au Comité national

par Mohamed Mehdi

Lundi, 113e jour du cessez-le-feu, Israël continue ses violations de l'accord de Charm Al-Cheikh, faisant des centaines martyrs et davantage de blessés depuis la signature du « plan de paix », dans ce qui semble être une démarche menée en total accord avec l'administration Trump.

Au lendemain des tests de mouvements de et vers le point de passage de Rafah, l'ouverture annoncée dimanche, et saluée en grandes pompes par plusieurs puissances occidentales, ressemble, jusqu'à maintenant, à une farce monumentale. Lundi, l'occupation a annoncé que seuls 50 Palestiniens pourront passer, dans chaque sens, de et vers Ghaza. Chiffre confirmé par l'agence Associated Press (AP) qui a rapporté les propos d'un responsable égyptien selon lequel « 50 Palestiniens traverseraient la frontière dans chaque sens dès le premier jour de l'opération ». Un communiqué du ministère égyptien de la Santé, publié lundi, indiquait que 150 hôpitaux du pays étaient prêts à accueillir les patients et blessés palestiniens évacués de Ghaza par le point de passage de Rafah », a rapporté de son côté Al Jazeera.

En attendant, l'entité sioniste continue de tuer à Ghaza. Hier, le bilan statistique quotidien relatif au nombre de victimes de l'agression israélienne, publié par le ministère de la Santé à Ghaza, a fait état de 3 nouveaux martyrs et 4 blessés, ainsi que l'exhumation de deux corps des décombres des bâtiments bombardés antérieurement. Ainsi, le nombre des victimes des massacres israéliens, depuis l'accord de cessez-le-feu du 11 octobre 2025, passe à 526 martyrs et 1.447 blessés, et 717 corps déterrés des décombres.

Quant au nombre cumulé des victimes du génocide israélien à Ghaza, depuis le 7 octobre 2023, il passe à 71.800 martyrs et 171.555 blessés.

Hôpital Al-Shifa: «Seuls 5 malades ont été autorisés à sortir»

Dans une interview accordée à Al Jazeera, le directeur du complexe médical Al-Shifa, Mohammed Abu Salmiya, a appelé à la mise en place de « mécanismes clairs pour l'évacuation des patients et des blessés de Ghaza vers des centres de soins à l'étranger ».

M. Abu Salmiya a précisé que sur une liste de « 450 patients en état critique nécessitant un traitement hors de la bande de Ghaza », la direction de l'hôpital a été informée que « seuls 5 patients, accompagnés de deux personnes, seraient autorisés à sortir aujourd'hui par le point de passage de Rafah ».

« Nous continuons de perdre des vies humaines chaque jour. Limiter l'évacuation de Ghaza à 50 patients par jour est inacceptable. La situation est très grave et nous allons déplorer d'autres pertes humaines », a-t-il ajouté. Pour l'intervenant, ces « évacuations massives sont nécessaires » car l'armée israélienne a « complètement détruit » le système de santé de Ghaza. « Les hôpitaux fonctionnent avec un minimum de matériel médical et de personnel. Israël continue de bloquer l'entrée de fournitures, d'ambulances et de médecins bénévoles. Nous sommes dans l'incapacité de soigner les patients ici et les empêcher de quitter équivaut à une condamnation à mort.

C'est un meurtre prémédité, orchestré par les forces d'occupation israéliennes », a dénoncé le directeur de l'hôpital Al-Shifa.

Ali Shaath annonce de nouvelles «modalités d'inscription et des priorités de passage »

Le chef du Comité national pour l'administration de la bande de Ghaza, Ali Shaath, a annoncé lundi que les modalités d'inscription des Palestiniens, les critères de priorité de passage au point de passage de Rafah avec l'Égypte et les dates de voyage, «seront annoncés prochainement», soulignant que « ces procédures seront mises en œuvre par les voies officielles afin de garantir la transparence et l'égalité des chances ». Dans une déclaration, rapportée par Al Jazeera, M. Shaath a expliqué que la réouverture de ce point de passage n'est pas une simple formalité administrative, mais le début d'un long processus visant à rétablir les liens rompus et à offrir un véritable espoir à la population de la bande de Ghaza.

Appel à faciliter le travail du Comité national

Le Mouvement de la Résistance islamique (Hamas) a annoncé, lundi, avoir finalisé les procédures nécessaires auprès des instances gouvernementales et administratives en vue de leur transfert au Comité national pour l'administration de Ghaza dès son entrée dans l'enclave. Le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, a déclaré que le mouvement avait formé « un comité composé de représentants de diverses factions, clans, de la société civile et d'organisations internationales» afin de « superviser le transfert des organes gouvernementaux et administratifs au Comité de Ghaza». M. Qassem a appelé toutes les parties à « faciliter le travail du Comité national de l'administration de Ghaza pour entamer le processus de reconstruction deux ans après la guerre». Le porte-parole du Hamas affirme également: «Nous ignorons pourquoi le comité national indépendant pour la gestion de Ghaza n'a pas encore entamé sa mission.» Ces déclarations coïncident avec l'ouverture du point de passage de Rafah, mais avec une forte limitation du nombre de personnes, suite au contrôle strict imposé par l'armée israélienne.