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De retour à Paris: Ségolène Royal presse le ministre de l'Intérieur français à se rendre en Algérie
par A. Z. Un vif intérêt médiatique a
été accordé à la présidente de l'Association France Algérie (AFA), Mme Ségolène
Royal, dès son retour à Paris après une visite de cinq jours en Algérie, où
elle a été reçue par le président Tebboune, auquel
elle a exprimé sa reconnaissance, ainsi que d'autres membres du gouvernement. Une
visite effectuée à « titre personnel », comme l'ont souligné les autorités
françaises, mais sa portée reste à plus d'un titre cruciale pour le
développement des relations diplomatiques et économiques, ainsi que de la
coopération sécuritaire et migratoire, au plus bas sur fond de tensions
profondes entre les deux pays. Dans ce sens, dès son retour d'Alger, l'ancienne
ministre et ex-candidate à la présidence, Mme Ségolène Royal, a pressé lundi le
ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez de se rendre en Algérie où il est
«attendu». «Il faut que le ministre de l'Intérieur aille sur place, il est
attendu», a assuré Mme Royal sur TF1. «Il faut y aller», a-t-elle insisté.
Notons qu'une visite de Laurent Nuñez en Algérie, suite à une invitation de son
homologue algérien, ne s'est pas encore concrétisée. Dans ce contexte, M.
Laurent Nuñez a affirmé vendredi dernier attendre d'Alger «des bougés très
forts sur deux sujets»: «la reprise des reconduites
des Algériens en situation irrégulière», ainsi que «la situation de Christophe
Gleizes». «Il faut y aller, mais c'est évident que quand on pose des
conditions, c'est qu'on ne veut pas y aller», a estimé Mme Royal, qui a indiqué
avoir «parlé des OQTF (obligation de quitter le territoire français)» lors de
son entretien avec le président Tebboune.
Alors que la crise diplomatique entre la France et l'Algérie perdure et que les canaux officiels semblent à bout de souffle, la récente visite de Mme Ségolène Royal en Algérie, à l'invitation de la Chambre de commerce et d'industrie algérienne, offre l'occasion d'une reprise du dialogue entre les deux pays dans un cadre serein. Lors d'un entretien accordé à la chaîne de télévision Canal Algérie, Mme Royal avait dénoncé les «postures politiciennes» et les «discours haineux» de certains courants français qui «refusent de reconnaître la souveraineté de l'Algérie et freinent ainsi le développement des relations bilatérales», tout en souhaitant la reprise du dialogue et «que l'on vienne avec respect et considération», avait-elle souligné. Elle a également réitéré sa position à propos d'une France qui a le devoir de «s'excuser et de réparer», exigeant à ce titre «la restitution sans conditions des biens culturels, notamment ceux de l'Emir Abdelkader, de l'intégralité des archives historiques, ainsi que des restes mortuaires des résistants algériens encore détenus en France». «C'est tellement simple qu'on se demande comment cela n'est pas encore fait. On rend ce qui a été pris, c'est tout», a-t-elle indiqué, appelant le président français, Emmanuel Macron, à agir. Rappelons que Mme Royal a obtenu l'autorisation de rendre visite en prison au journaliste français Christophe Gleizes, condamné à 7 ans de prison pour «apologie du terrorisme» et jusqu'à présent incarcéré à Tizi Ouzou, dont elle dit avoir «obtenu» le transfert dans un établissement pénitentiaire près d'Alger. «Beaucoup de Français et beaucoup de responsables français, parce qu'ils exploitent politiquement cette fracture, ne veulent pas comprendre», a soutenu Mme Royal lors de son retour à Paris. «L'Algérie a beaucoup évolué. C'est un pays aujourd'hui qui investit, qui exporte et tous les pays sont là pour investir dans ce pays, sauf la France», a-t-elle ajouté, citant notamment les bonnes relations entre l'Algérie et l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne ou encore les États-Unis. |
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