Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

Ligue des Champions d'Afrique: Des limites individuelles fatales pour la JS Kabylie

par M. Zeggai

Finalement, l'exploit n'a pas eu lieu pour la JS Kabylie qui quitte ainsi la Ligue des Champions après sa défaite face à l'ASFAR dans un match comptant pour la quatrième journée de la phase de poules (Groupe B). Pourtant, il y avait de la place pour une victoire tant que l'adversaire paraissait prenable. Les conditions semblaient réunies pour espérer un bon résultat et se relancer à la qualification, mais le manque criant de qualité technique individuelle a fini par peser lourdement dans la balance. Il est illusoire de prétendre rivaliser avec les grandes équipes du continent lorsque l'effectif affiche autant de limites. Certains joueurs sont apparus en totale inadéquation avec les exigences du haut niveau, au point de ne pas mériter de porter le maillot ‘Jaune et Vert'. Ne joue pas qui veut à la JSK. La responsabilité du but encaissé incombe, en grande partie, à Madani, auteur d'une bévue monumentale de jugement. Sur le plan offensif, Mahious a été tout simplement inexistant, donnant l'impression que son équipe évoluait à dix. Boudebouz, quant à lui, a semblé dépassé par l'intensité et le rythme du match sans pour autant oublier d'autres joueurs qui ne furent que l'ombre d'eux-mêmes. En résumé, la JSK, à l'image des autres équipes algériennes, ne possède pas encore l'étoffe nécessaire pour rivaliser avec les grosses cylindrées du continent. L'élimination apparaît ainsi comme la conséquence logique de lacunes structurelles profondes, bien au-delà d'un simple match perdu.

En somme, cette situation met en évidence l'absence de vision sportive durable. A défaut de performances africaines et d'une contribution concrète au projet national, nos clubs apparaissent davantage comme des structures de consommation de l'argent public que comme de véritables acteurs de développement du football algérien.

Logiquement, tout club qui refuse de s'inscrire dans une réelle politique de formation et de développement durable devrait être privé du soutien de l'Etat. Aussi, le problème, dans nos clubs, ne réside pas dans l'entraineur étranger, mais dans les limites du joueur local. La preuve ? A l'issue de ce quatrième round, Al Ahly SC reste seule en tête de ce groupe, avec huit points, devant les Young Africans et les FAR, ex-aequo à la deuxième place avec cinq points pour chaque club, au moment où la JSK ferme la marche, avec seulement deux unités au compteur.