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Escalade sioniste: Nouveau massacre à Ghaza

par Mohamed Mehdi

Samedi, 111e jour du cessez-le-feu, Israël continue ses violations de l'accord de Charm Al-Cheikh, faisant des centaines martyrs et davantage de blessés depuis la signature du «plan de paix», dans ce qui semble être une démarche menée en total accord avec l'administration Trump.

L'armée d'occupation sioniste a commis un nouveau massacre hier ciblant des civils dans la ville de Ghaza.

Le bilan provisoire des victimes des bombardements de samedi, publié par le ministère de la Santé à la mi-journée, était d'au moins «29 martyrs et plus de 30 blessés, dont des cas critiques», essentiellement des enfants et des femmes. Le bilan des victimes des massacres israéliens, depuis l'accord de cessez-le-feu du 11 octobre 2025, passe 509 martyrs et 1.405 blessés, alors que le nombre de corps de martyrs exhumés des décombres reste de 715. Quant au nombre cumulé des victimes du génocide israélien à Ghaza, depuis le 7 octobre 2023, il passe à 71.769 martyrs et 171.483 blessés. Par ailleurs, une carte interactive diffusée, hier, par Al Jazeera montre l'étendue des bombardements israéliens dans la bande de Ghaza, avec des attaques simultanées au nord et au sud, «ce qui témoigne d'une escalade continue visant des zones peuplées, des centres civils et des lieux censés être sûrs pour les personnes déplacées», précise la même source. Les «données géographiques mises en évidence par la carte», montrent également que les attaques israéliennes «se concentrent à l'intérieur de la «ligne jaune», c'est-à-dire les zones hors du contrôle de l'armée israélienne» qui «abritent désormais la plus grande concentration de population de la bande de Ghaza», suite aux déplacements forcés répétées depuis les régions vidées occupées maintenant par l'armée génocidaire d'Israël.

De son côté, le directeur du complexe médical Al-Shifa, le Dr Mohammad Abu Salmiya, a déclaré à Al Jazeera que «plus de 30% des victimes de la guerre israélienne à Ghaza sont des enfants». «Les urgences sont saturées de blessés et de morts. Si nous avions disposé du matériel médical nécessaire, nous aurions pu sauver bien plus de vies. Nous traversons une phase très dangereuse, et les bombardements israéliens quotidiens provoquent des déplacements de population continus», a-t-il ajouté.

Le porte-parole de la Protection civile à Ghaza, Mahmoud Bassal, a quant à lui déclaré à Al Jazeera que l'armée israélienne utilise «des missiles à haut pouvoir explosif, provoquant des destructions massives et d'importants incendies», et a précisé que «la plupart des martyrs étaient des enfants».

Depuis le début du «cessez-le-feu» : plus de 92% des victimes sont des civils

Dans un bilan publié samedi, le Bureau des médias du gouvernement de Ghaza indiqué que les victimes civiles des attaques israéliennes depuis l'entrée en vigueur du «cessez-le-feu», du 11 octobre 2025 au 31 janvier 2026, soit durant 111 jours, représentent plus 92% des martyrs et des blessés. Le bilan a recensé 1450 violations de l'accord de «cessez-le-feu» par l'armée d'occupation, dont 679 bombardements, 487 opérations de tirs d'armes automatiques et autres, 71 incursions de véhicules militaires dans des quartiers et zones résidentielles, 211 destructions de maisons et de bâtiments divers. Le bilan de ces violations est de 524 martyrs (y compris ceux d'hier), dont 260 enfants, femmes et personnes âgées, soit un «pourcentage de martyrs civils de 92%», indique la même source. Sur les 1360 blessés (dont ceux des attaques d'hier), le nombre d'enfants, de femmes et de personnes âgées atteint 780, soit un «pourcentage de blessés civils atteint 99,2%». Le document fait état également de «50 détenus, tous arrêtés loin de la «ligne jaune», c'est-à-dire dans des quartiers résidentiels».

Des aides humanitaires largement en deçà du volume convenu dans l'accord

Concernant le volume des aides humanitaires entrées dans Ghaza depuis le 11 octobre, le Bureau des médias du gouvernement de Ghaza indique que «sur un total de 66.600 camions prévus, 28.927 camions (aide humanitaire, commerciaux et camions-citernes) ont été effectivement acheminés, soit un taux de conformité de 43%».

Sur ces 28.927 camions, 16.848 représentent l'aide humanitaire (58%), 11.297 sont camions commerciaux (39%), et 782 camions-citernes sur les 5.500 prévus (2,7%). Par ailleurs, le document souligne que «conformément au protocole humanitaire», l'occupant n'a pas respecté le «nombre requis de camions de différents types» et «les lignes de retrait (…), empiétant davantage de territoire à travers la bande de Ghaza». En outre, l'occupation n'a pas autorisé l'entrée du matériel nécessaire à l'entretien des infrastructures, des engins lourds destinés à la protection civile pour le déblaiement des décombres et la récupération des corps des martyrs, des équipements et fournitures médicales et sanitaires, y compris les médicaments. A ces manquements, il faut ajouter le point de passage de Rafah qui reste toujours fermé, ainsi que l'interdiction toujours en vigueur de l'entrée de tentes, de maisons mobiles et de matériaux d'abri, ainsi que la mise en exploitation de la centrale électrique.