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Intégration des enseignants: La formation réduite à trois mois

par M. Aziza

Le ministre de l'Éducation nationale a entamé le dialogue avec les syndicats agréés, axé principalement sur le statut particulier des fonctionnaires du secteur. La question de la formation obligatoire avant post-intégration a occupé une place centrale dans les discussions.

À ce sujet, la Direction générale des ressources humaines et de la formation (DGRHF) du ministère de l'Éducation nationale a annoncé, jeudi, la réduction exceptionnelle de la durée de la formation pré et post-intégration, qui passe de six (6) à trois (3) mois. Cette décision intervient sur la base de la correspondance n°936 de la Direction générale de la fonction publique et de la réforme administrative, datée du 28 janvier 2026, autorisant cette réduction, à condition de veiller au respect et à la redistribution du volume horaire global de la formation.

Dans un communiqué, la Direction générale de la fonction publique et de la réforme administrative (DGFPRA) a précisé que la formation théorique se déroulera du 7 février au 7 mars 2026, tandis que la formation pratique aura lieu au sein même des établissements où exercent les enseignants concernés.

En attendant l'élaboration de la nouvelle version du programme de formation, la Direction de la formation a également informé les fonctionnaires concernés qu'aucune séance n'est programmée le samedi 31 janvier.

Le ministre de l'Éducation nationale, Mohammed Seghir Sadaoui, avait expliqué auprès des syndicat, à l'issue de la rencontre de dialogue tenue mercredi dernier que cette demande allait être prise en compte dans le projet d'amendement du statut particulier des fonctionnaires relevant des corps spécifiques de l'Education nationale. Il a également assuré que le souhait de ceux qui optent pour une formation programmée en dehors des week-ends, notamment le samedi, sera respecté.

Cette rencontre avec les partenaires sociaux agréés s'est tenue à l'issue de la deuxième session des réunions de travail avec la commission ministérielle chargée de proposer des amendements au décret exécutif n°25-54 relatif au statut particulier des fonctionnaires des corps spécifiques de l'Éducation nationale. Elle a été consacrée à la collecte des observations et propositions des organisations syndicales, notamment concernant l'intégration du dossier des fonctionnaires des services économiques, le traitement des insuffisances constatées après la promulgation du texte, ainsi que la régularisation de la situation juridique des syndicats agréés conformément à la loi n°23-02.

Tout en soulignant que le dialogue reste ouvert, il a insisté sur la nécessité de recourir à des experts financiers, administratifs et en droit du travail pour assurer la pertinence des propositions. Concernant le statut des membres syndicaux, il a précisé que les mesures envisagées dépendent de la finalisation des procédures relevant du ministère du Travail. De leur côté, les organisations syndicales ont exprimé leurs préoccupations quant à l'application de la loi n°23-02, appelant à une clarification de la représentation syndicale et à un encadrement juridique facilitant l'exercice de l'activité syndicale.

La réunion a également permis de présenter des propositions sur la méthodologie des prochaines rencontres dédiées à l'amendement du décret n°25-54.

Le SATEF déplore une charge accrue pour les enseignants

Contacté par nos soins, Boualem Amoura, président du Syndicat autonome des travailleurs de l'éducation et de la formation (SATEF), a indiqué que la majorité des syndicats réclament purement et simplement la suppression de cette formation. Il a précisé que le ministre de l'Éducation nationale les a rassurés lors d'une rencontre tenue au lycée des mathématiques Mohamed Mokhbi à Kouba, affirmant que le dossier sera soumis aux hautes autorités.

Selon M. Amoura, le ministre a également souligné que le statut particulier est toujours en cours de révision et de discussion, ajoutant : « si cette formation devait être supprimée, elle sera intégrée dans le statut. »

Le SATEF maintient sa revendication de suppression totale de la formation, rappelant que l'alliance syndicale de l'éducation avait déjà appelé à son boycott.

Le responsable syndical s'est dit surpris par l'annonce récente de la DGRHF réduisant la durée de la formation de six à trois mois, estimant qu'il aurait été plus judicieux de la supprimer plutôt que de procéder à des réductions successives.

Il a rappelé qu'à l'issue de négociations antérieures, la durée de la formation avait déjà été ramenée d'une année à six mois, et que la nouvelle réduction à trois mois se fait tout en maintenant le même volume horaire, combiné aux heures d'enseignement, ce qui alourdit la charge des enseignants.

M. Amoura a toutefois précisé que le syndicat n'est pas opposé au principe de la formation continue, indispensable pour permettre aux enseignants de suivre les évolutions pédagogiques, mais s'interroge sur la pertinence d'imposer une formation à des diplômés de l'École nationale supérieure, formés spécifiquement pour exercer le métier d'enseignant.