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Loi régissant la profession de pharmacien: Le SNAPO appelle à l'ouverture d'un dialogue direct avec le ministère
par M.Aziza Le projet de décret exécutif fixant les
conditions d'exercice et les modalités d'organisation de la profession de
pharmacien et de pharmacien assistant d'officine prévoit le passage d'un ratio
d'une pharmacie pour 5.000 habitants à une pharmacie pour 3.000 habitants.
Cette mesure est perçue comme «une menace directe pour l'équilibre économique
et l'avenir de la pharmacie privée».
Dans ce contexte, le Syndicat national des pharmaciens d'officine (SNAPO) a exprimé sa profonde indignation et sa ferme dénonciation du contenu de l'avant-projet de décret exécutif relatif aux conditions d'exercice de la profession de pharmacien et de pharmacien assistant. Cette réaction intervient après la remise officielle de la mouture du texte, à l'issue d'une rencontre ayant regroupé une délégation du SNAPO et la directrice générale de la pharmacie et des équipements de santé au ministère de la Santé. Selon Dr Merwan Benhadjamer, vice-président du SNAPO et membre du Conseil national du syndicat, un délai jugé trop court a été accordé aux organisations syndicales pour formuler leurs réserves et remarques sur le document remis, ce qui a fortement limité la possibilité d'un débat approfondi. Face à cette situation, le SNAPO appelle le ministère de la Santé à ouvrir, dans les plus brefs délais, un dialogue sérieux, direct et transparent avec le partenaire social, afin de parvenir à une formule consensuelle. Dans une déclaration au Quotidien d'Oran, le porte-parole du SNAPO, Dr Karim Merghemi, a estimé que le contenu de l'avant-projet de décret « n'est pas à la hauteur des attentes de la profession ». Il a souligné que le syndicat s'oppose fermement tant au contenu du texte qu'à la méthodologie adoptée pour son élaboration, dénonçant une démarche unilatérale, sans implication réelle et sérieuse du partenaire social représentatif des pharmaciens. Pourtant, rappelle-t-il, « ce décret était très attendu, car il devait incarner l'avenir de la profession », ajoutant que les pharmaciens l'attendent « depuis près de 30 ans ». Il affirme avoir été surpris par un texte qui néglige plusieurs aspects essentiels, notamment l'organisation de la garde, les nouvelles missions du pharmacien d'officine, ainsi que les droits et devoirs du pharmacien assistant. Selon lui, l'avant-projet s'est essentiellement focalisé sur des aspects administratifs, sans apporter de réelle valeur ajoutée à la profession, avec des articles manquant de précision et de clarté. Le point le plus marquant demeure, selon le SNAPO, la révision à la baisse du numerus clausus, sans clarification sur son mode d'application, notamment s'il s'agit d'un pharmacien pour 3.000 habitants au niveau communal. Dr Merghemi avertit qu'une application de cette mesure telle qu'elle est formulée pourrait conduire à la création de près de 26.000 officines, contre environ 13.000 actuellement, en plus de l'ouverture d'officines dans les zones enclavées. Il craint que cette multiplication non étudiée ne transforme une profession de santé publique en une activité purement concurrentielle, allant jusqu'à qualifier ce projet de décret «d'acte de décès de la profession». Le porte-parole du SNAPO rappelle toutefois que les officines privées sont déjà présentes dans toutes les communes, y compris dans les zones enclavées, et que leur implantation se fait selon les besoins réels. Il souligne également que les officines privées ont recruté près de 5.000 pharmaciens assistants, contre environ 4.000 dans les hôpitaux, alors que d'autres secteurs, tels que l'industrie pharmaceutique, les laboratoires d'analyses et les entreprises de distribution, emploient un nombre très limité de pharmaciens assistants malgré des chiffres d'affaires élevés. Il regrette enfin l'absence d'une vision moderne de la pharmacie, axée sur les services de santé, avec de nouvelles missions telles que la réalisation de tests rapides, la vaccination en officine ou certaines analyses de base, rappelant que ces pratiques existent depuis 1976. Analyses médicales : le SALAM s'oppose à toute pratique hors laboratoires agréés Sur la question des analyses médicales, le Syndicat algérien des laboratoires d'analyses médicales (SALAM) a, de son côté, réaffirmé dans un communiqué rendu public que la réalisation des examens de biologie médicale est strictement réservée aux laboratoires légalement agréés, conformément à l'article 251 de la loi n°18-11 relative à la santé. Le syndicat précise que toute pratique en dehors de ces structures, notamment dans les officines pharmaceutiques, les salles de soins ou toute autre structure non agréée, est formellement interdite par la loi. Il rappelle également que les laboratoires de biologie médicale assurent une couverture sanitaire nationale effective, y compris dans les régions les plus reculées du pays. Le SALAM considère toute infraction à ces dispositions comme une menace grave pour la santé publique et la sécurité des patients, et réaffirme sa détermination à recourir à tous les moyens syndicaux et judiciaires pour lutter contre l'exercice illégal de la biologie médicale et préserver la qualité des soins. |
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