Envoyer à un ami | Version à imprimer | Version en PDF

BLIDA : Le roman algérien en débat

par Tahar Mansour

Le département de langue arabe de la Faculté de Lettres et Langues de l'Université Blida 2 (El Affroun) vient d'organiser un colloque international sur ?le roman algérien contemporain' auquel ont assisté 43 intervenants ainsi que 12 romanciers algériens qui écrivent dans les deux langues : arabe et français. Mme June Dahy de l'Université de Copenhague (Danemark) qui a traduit des romans algériens en danois était aussi parmi les invités et elle a affirmé, au cours de son intervention, que les histoires contées par les romanciers algériens avaient reçu un accueil, sans pareil, de la part de ses concitoyens. Les romanciers Lamine Zaoui, Ahlam Mostaghanemi, Rabéa Djalti ou encore Mohamed Sari, se trouvaient, là aussi, et étaient fort sollicités, aussi bien par les journalistes que par les étudiants qui ne tarissaient pas de questions. Des universitaires algériens, aux côtés d'autres saoudiens et français, ont beaucoup parlé du roman algérien et ont mis en exergue tout ce que ce dernier avait apporté aux lecteurs, qu'ils soient algériens ou étrangers. C'est d'ailleurs l'un des buts essentiels attendus de ce colloque qui vise le rapprochement entre des romanciers et des chercheurs universitaires qui se sont penché sur le sujet, surtout qu'ils peuvent comparer leur expériences, dans des ateliers auxquels assisteront des enseignants universitaires et des étudiants.

Les principaux sujets abordés par les romanciers contemporains comme le colonialisme français, le terrorisme et les différentes crises auxquelles l'Algérie a été confrontée sont, aussi, au menu de ce colloque. En outre, et comme a tenu à le préciser le Dr M'Hamed Lamari, président de ce colloque, un autre but est visé par cette rencontre : c'est de tenter de porter le plus de romans possibles au cinéma car, actuellement, les gens ont plus tendance à voir un film qu'à lire un roman. C'est un constat amer qui a été fait par tous les spécialistes et, surtout, par les écrivains eux-mêmes qui se demandent pourquoi les cinéastes boudent leurs romans et ne portent à l'écran qu'un nombre insignifiant. Pourtant, et comme signalé, à plusieurs reprises, par les intervenants, le contenu de ces romans est riche en enseignements divers qui apporteraient un plus certain à l'éducation des masses. Par ailleurs, M. Lamari se demande pourquoi de très nombreux romans ont été portés à l'écran par les Egyptiens, par exemple, lesquels sont devenus des films ou des séries très prisés par les Algériens, influant même sur leur comportement et leur parler qui s'est empreint, surtout chez les femmes, par plusieurs expressions argotiques égyptiennes. Le renouveau dans le domaine du roman algérien qui a vu l'émergence d'un nombre assez important d'écrivains, certains devenant de véritables best-sellers, dans différents genres, a aussi poussé les organisateurs du colloque à parler de ce problème, en espérant trouver enfin, une oreille attentive à leur désir de consommer une littérature cinématographique, purement algérienne. Enfin, et au terme de ce colloque, les participants ont exhorté les romanciers à présenter leurs œuvres dans des rencontres pareilles et en organisant des expositions de romans, en marge de ces journées. Ils ont aussi recommandé de rassembler et d'imprimer toutes les œuvres susceptibles d'être portées à l'écran, afin de faciliter leur étude par les spécialistes concernés.